Christophe Leribault nommé président du Louvre après 4 mois de crise
L'actuel président de Versailles remplace Laurence des Cars, contrainte à la démission après le vol des joyaux de la Couronne du 19 octobre 2025
Ce mercredi 25 février 2026, Emmanuel Macron a officialisé en Conseil des ministres la nomination de Christophe Leribault, 62 ans, à la présidence du musée du Louvre. L'historien d'art et conservateur général du patrimoine, qui dirigeait le château de Versailles depuis février 2024, succède à Laurence des Cars, poussée à la démission mardi après le spectaculaire cambriolage du 19 octobre 2025 qui a révélé d'importantes failles de sécurité. Une double nomination culturelle intervient simultanément avec Annick Lemoine à la tête du musée d'Orsay.
- Christophe Leribault, 62 ans, nommé président du Louvre le 25 février 2026 en Conseil des ministres par Emmanuel Macron
- Il succède à Laurence des Cars, démissionnaire après le vol des joyaux de la Couronne du 19 octobre 2025 qui a révélé des failles de sécurité majeures
- Mission triple assignée : sécuriser le musée, le moderniser et mener à bien le projet Louvre - Nouvelle Renaissance annoncé début 2025
- Annick Lemoine nommée simultanément à la tête du musée d'Orsay pour remplacer Sylvain Amic, décédé le 31 août 2025, avec prise de fonction le 19 mars 2026
- Leribault quitte Versailles après seulement deux ans pour reprendre un Louvre en crise sociale et sécuritaire, fort de son expérience à Orsay, au Petit Palais et au Louvre
La page se tourne au sommet du plus grand musée du monde. Selon Le Parisien, Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi 25 février 2026 en Conseil des ministres la nomination de Christophe Leribault à la présidence du musée du Louvre. À 62 ans, cet historien d’art quitte le château de Versailles qu’il dirigeait depuis à peine deux ans pour prendre les rênes d’une institution en pleine tourmente, quatre mois après le cambriolage des joyaux de la Couronne qui a ébranlé le monde culturel français.
La nomination intervient moins de 24 heures après la démission de Laurence des Cars, 59 ans, qui occupait le poste depuis fin 2021. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a confirmé l’information à l’issue du Conseil des ministres, précisant que cette décision s’inscrivait dans un « souci d’apaisement et d’écriture d’une nouvelle page du Louvre ». La conservatrice était sur la sellette depuis le rocambolesque braquage du 19 octobre 2025 qui avait mis au jour des défaillances criantes dans le système de sécurité du musée parisien.
Un parcours exemplaire dans les plus grandes institutions culturelles
Christophe Leribault n’est pas un inconnu du Louvre. Comme le rapporte Les Sables d’Olonne.maville.com, ce conservateur général du patrimoine y avait été nommé au département des arts graphiques dès 2006. Son parcours professionnel illustre une ascension méthodique au sein des institutions culturelles françaises les plus prestigieuses. Diplômé de l’École du Louvre, il a débuté sa carrière au musée Carnavalet au début des années 1990 avant de diriger le musée Delacroix à partir de 2007.
En novembre 2012, il prend la direction du Petit Palais, qu’il transforme en neuf ans avant d’être nommé en octobre 2021 à la tête des musées d’Orsay et de l’Orangerie. Ironie du destin, il succédait alors à Laurence des Cars, elle-même promue au Louvre. Selon Actu.fr, sa nomination à Versailles en février 2024 avait mis fin au règne de Catherine Pégard, qui dirigeait le château depuis 2011. En janvier 2023, Christophe Leribault avait également été élu à l’Académie des beaux-arts, occupant le fauteuil laissé vacant par Pierre Cardin.
Une triple mission de sécurisation, modernisation et renaissance
La feuille de route de Christophe Leribault s’annonce particulièrement exigeante. D’après La Dépêche, une source au sein de l’exécutif a précisé qu’il aurait pour mission de « sécuriser, moderniser et mener à bien Louvre , Nouvelle Renaissance ». Ce vaste projet annoncé par Emmanuel Macron début 2025 constitue l’un des chantiers culturels majeurs du quinquennat, visant à transformer l’expérience de visite et à adapter le musée aux défis du XXIe siècle.
Un communiqué de l’Élysée cité par Le Parisien souligne que « le plus grand musée du monde a besoin d’apaisement et d’une nouvelle impulsion forte pour mener à bien des grands chantiers de sécurisation, de modernisation et le projet Louvre , Nouvelle Renaissance ». La question sécuritaire s’impose comme priorité absolue après le cambriolage d’octobre qui a révélé des failles importantes dans la protection des œuvres les plus précieuses.
« Ces deux profils sauront poursuivre et consolider les politiques mises en œuvre par leurs prédécesseurs tout en portant une vision et en ramenant de la sérénité dans les institutions dont ils auront la charge », salue l’entourage du chef de l’État selon Le Parisien.
Annick Lemoine succède à Sylvain Amic à Orsay
Cette nomination s’accompagne d’un autre mouvement majeur dans le paysage muséal français. Annick Lemoine, actuelle directrice du Petit Palais depuis février 2022, a été nommée à la tête de l’Établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie. Selon le décret publié ce mercredi au Journal officiel et relayé par Europe 1, elle prendra ses fonctions le 19 mars prochain.
Cette conservatrice générale du patrimoine de la Ville de Paris succède à Sylvain Amic, brutalement décédé le 31 août 2025 à l’âge de 58 ans. Le ministère de la Culture a précisé dans un communiqué qu' »à la tête des musées d’Orsay et de l’Orangerie, Annick Lemoine poursuivra l’action et la dynamique engagées par Sylvain Amic ». Elle aura notamment la responsabilité de superviser d’importants travaux de rénovation des espaces d’accueil prévus dès l’automne 2026, tout en veillant à renforcer la politique de sûreté de l’établissement.
Le départ contraint de Laurence des Cars
La démission de Laurence des Cars marque la fin d’un mandat écourté de quatre ans et trois mois. Première femme à diriger le Louvre depuis sa création, elle avait été nommée fin 2021 par Emmanuel Macron avec la mission d’ouvrir le musée à de nouveaux publics. Mais le cambriolage du 19 octobre 2025, au cours duquel des joyaux de la Couronne française d’une valeur inestimable ont été dérobés, a précipité sa chute. Les enquêteurs ont révélé des dysfonctionnements graves dans le système de surveillance et d’alarme du musée.
S’ajoutaient à cette crise sécuritaire des mouvements sociaux répétés parmi les agents du musée, qui dénonçaient des conditions de travail dégradées et un manque de moyens. L’Élysée a salué un « acte de responsabilité » de la part de Laurence des Cars, qui a remis sa démission mardi soir au président. Maud Bregeon a déclaré sur Franceinfo que la conservatrice « a eu l’occasion de s’expliquer, de parler de ce qui s’est passé et de ce qu’elle a mené depuis plusieurs années ».
Un jeu de chaises musicales dans les institutions culturelles
Ces nominations illustrent la mobilité caractéristique des hauts responsables culturels français. Christophe Leribault avait lui-même succédé à Laurence des Cars à Orsay en 2021, avant de remplacer Catherine Pégard à Versailles en 2024. Annick Lemoine reprend désormais le Petit Palais que Leribault avait dirigé de 2012 à 2021, créant une véritable chaîne de succession dans les grandes institutions parisiennes.
Ce ballet des nominations soulève la question de la stabilité à la tête des musées nationaux. Catherine Pégard avait battu un record en restant 13 ans à Versailles, mais son maintien au-delà de la limite d’âge de 67 ans avait été critiqué par la Cour des comptes en novembre 2023 comme une « forme de détournement de pouvoir ». À l’inverse, le mandat de Laurence des Cars au Louvre aura été brutalement interrompu après seulement quatre ans.
Christophe Leribault devra rapidement restaurer la confiance des équipes du Louvre, traumatisées par le cambriolage et les tensions sociales. Son expérience à la tête de quatre institutions majeures en moins de quinze ans constitue un atout, mais la mission s’annonce périlleuse dans un contexte budgétaire contraint et face aux défis colossaux de sécurisation et de modernisation du plus visité des musées mondiaux. Le projet Louvre , Nouvelle Renaissance, dont les contours précis restent à définir, sera le test de sa capacité à incarner une nouvelle ère pour le palais des rois devenu temple de l’art universel.
Sources
- Le Parisien (25 février 2026)
- La Dépêche (25 février 2026)
- Europe 1 (25 février 2026)
- Les Sables d'Olonne.maville.com (25 février 2026)
- Actu.fr (10 février 2024)