Cigéo à Bure : la facture grimpe à 37 milliards d’euros
Un arrêté gouvernemental du 1er avril 2026 fixe le coût officiel du projet de stockage nucléaire meusois en hausse de 15 %.
Le projet Cigéo de stockage de déchets radioactifs à Bure (Meuse) est officiellement chiffré à 37,02 milliards d'euros, selon un arrêté publié au Journal officiel le 1er avril 2026. C'est 15 % de plus que l'estimation de 2016. Le calendrier d'autorisation se précise, mais les débats restent entiers.
Le chiffre est désormais officiel. Par arrêté gouvernemental publié le 1er avril 2026 au Journal officiel, le coût total du projet Cigéo est fixé à 37,02 milliards d’euros. Ce centre de stockage géologique profond, destiné aux déchets radioactifs de haute activité et moyenne activité à vie longue, est porté par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) sur le territoire de Bure, dans la Meuse.
Selon le ministère de l’Économie, cette évaluation est « en hausse d’environ 15 % par rapport à l’évaluation précédente publiée en 2016 », qui tablait alors sur 25 milliards d’euros aux conditions économiques de fin 2011. L’augmentation s’explique notamment par l’inflation et par une meilleure maturité technique du projet. Le coût couvre une période de 151 ans, de la conception à la fermeture définitive du site, en passant par la construction (9,74 milliards) et l’exploitation.
Dans la fourchette prévue par l’Andra
Cette réévaluation ne surprend pas totalement. En mai 2025, l’Andra avait elle-même remis un rapport estimant le coût entre 26,1 et 37,5 milliards d’euros aux conditions économiques de janvier 2025. Le chiffre officiel de 37,02 milliards se situe donc dans le haut de cette fourchette.
Le financement repose sur les provisions constituées par les producteurs de déchets : EDF, Orano et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Selon L’Usine Nouvelle, il n’y a pas de charge directe pour le contribuable, bien que l’augmentation affecte les provisions des opérateurs concernés.
Du côté des opposants au projet, la réaction est mesurée. Coordination Stop Cigéo a qualifié cette réévaluation de « non-évènement » dans un communiqué du 1er avril 2026.
Un dossier qui avance malgré les oppositions
Sur le plan réglementaire, le projet progresse. L’Andra a déposé sa demande d’autorisation de création (DAC) le 16 janvier 2023. L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a rendu un avis en novembre 2025, selon le ministère de l’Économie.
Le site de Bure a été retenu dès 1998 pour accueillir le laboratoire souterrain, après des recherches lancées par la loi Bataille de 1991. La construction du laboratoire a débuté en 2000, à 500 mètres de profondeur dans la couche argileuse du Callovo-Oxfordien. La loi du 28 juin 2006 a officiellement retenu le stockage réversible en profondeur comme solution de référence pour ces déchets, rappelle le site Connaissance des énergies.
Malgré des décennies d’histoire locale et nationale autour de ce dossier, les débats environnementaux et financiers restent vifs. La réévaluation à la hausse du coût relance inévitablement les questions sur la maîtrise des dépenses sur un projet s’étendant sur plus d’un siècle.
Prochaine étape : l’enquête publique
Une enquête publique sur la DAC est prévue en 2026, selon le Conseil départemental de la Meuse. Un décret d’autorisation de création pourrait être signé en 2027 ou 2028. La mise en service du centre est, elle, estimée entre 2035 et 2040.