Civaux : EDF mise sur la maintenance pour faire durer sa centrale jusqu’à 60 ans
Le programme Grand Carénage engage des travaux lourds sur le site viennois, avec 150 emplois locaux à la clé.
La centrale nucléaire EDF de Civaux poursuit ses travaux de maintenance dans le cadre du Grand Carénage. Objectif : prolonger les deux réacteurs N4 jusqu'à 60 ans. Un effort industriel qui pèse localement sur l'emploi.
Mise en service entre 1997 et 2000, la centrale de Civaux abrite les deux derniers réacteurs de type N4 construits en France, pour une puissance totale de 2 900 MW, selon Wikipedia. Depuis 2014, elle est engagée dans le programme Grand Carénage d’EDF, qui vise à prolonger la durée de vie du parc nucléaire au-delà de 40 ans, jusqu’à 60 ans. Le coût global du programme a été révisé à 49,4 milliards d’euros courants en 2020.
Des arrêts réguliers pour des opérations de grande ampleur
Les travaux sont concrets. En 2018, l’arrêt du réacteur 2 avait mobilisé 250 millions d’euros d’investissement, comme le rapportait La Nouvelle République. En 2021, la visite décennale de l’unité 1 avait impliqué 20 000 opérations de maintenance, selon EDF. Plus récemment, le réacteur 2 a été arrêté du 5 avril 2025 au 25 mars 2026 pour rechargement en combustible et maintenance, avant sa reconnexion au réseau, toujours selon EDF.
Durant cet arrêt, un phénomène de corrosion sous contrainte a été détecté sur le réacteur 2. EDF a procédé aux réparations, avec un redémarrage prévu le 30 juillet 2025, minimisant l’impact sur la production globale, selon Le Figaro. Le compte Montel News a relayé l’information sur X :
Pour le réacteur 1, EDF prévoit de réparer des tuyaux fissurés lors d’un arrêt programmé en 2027, évitant ainsi une indisponibilité imprévue, selon Bloomberg.
Un investissement jugé rentable, et 150 emplois locaux
Les coûts de maintenance du parc EDF ont progressé de 28 % entre les périodes 2006-2014 et 2014-2024, dépassant désormais 6 milliards d’euros par an, selon BFM TV citant la Cour des comptes. Mais la prolongation reste compétitive : 51 euros/MWh contre 79,90 euros/MWh pour la construction de nouveaux EPR, selon Le Monde. La Cour des comptes qualifie l’option d’« avantageuse ».
Sur le plan local, ces travaux soutiendraient 150 emplois dans le secteur. La centrale reste un acteur économique structurant pour la commune de Civaux et le bassin viennois.
Prochaine étape : la VD3 en 2029
La prochaine visite décennale (VD3) pour le palier N4 est programmée en 2029 à Chooz, centrale sœur de Civaux. Elle devra autoriser la poursuite d’exploitation entre 50 et 60 ans, selon une newsletter spécialisée relayée sur LinkedIn. Civaux suivra le même calendrier. L’enjeu : valider techniquement et réglementairement plusieurs décennies supplémentaires de production bas carbone.
Sources
- La Nouvelle République : Nucléaire : la centrale de Civaux rallonge son espérance de vie
- Le Figaro : Nucléaire : la corrosion sous contrainte de retour à la centrale de Civaux
- BFM TV : Prolonger jusqu'à 60 ans la durée de vie des centrales nucléaires, selon la Cour des comptes
- EDF : Reconnexion de l'unité de production n°2 de la centrale de Civaux