Clara Burel sauve 2 balles de match et signe son retour gagnant
La Française bat Lepchenko en 3 sets à Iasi et décroche sa première victoire WTA depuis septembre 2024
Clara Burel s'est imposée face à l'Américaine Varvara Lepchenko (2-6, 7-5, 6-3) ce 13 juillet au premier tour de l'UniCredit Iasi Open.
- Clara Burel bat Varvara Lepchenko 2-6, 7-5, 6-3 au premier tour de l'UniCredit Iasi Open après 2h15 de match
- Elle sauve deux balles de match à 4-5 dans le second set avant de renverser la rencontre
- C'est sa première victoire sur le circuit principal WTA depuis septembre 2024, soit 10 mois d'attente
- Burel avait subi une déchirure du LCA du genou droit en 2025, la tenant éloignée 12 mois
- Classée 630e mondiale, elle affrontera Yulia Putintseva en huitièmes de finale
Clara Burel a renversé une fin de match à haute tension face à Varvara Lepchenko ce 13 juillet à Iasi. Menée 4-5 dans le second set avec deux balles de match à sauver - la Française a maintenu le cap pour l’emporter 2-6, 7-5, 6-3 après 2h15 de combat.
Cette victoire au premier tour de l’UniCredit Iasi Open, tournoi WTA 250 sur terre battue organisé du 13 au 19 juillet - est la première de Burel sur le circuit principal WTA depuis septembre 2024. Sa dernière victoire à ce niveau remontait au Jasmin Open en Tunisie.
Le retour après la déchirure du ligament croisé
Burel avait subi une déchirure du ligament croisé antérieur du genou droit - qui l’a tenue éloignée des courts pendant 12 mois. Son retour à la compétition en avril 2026 a été progressif: défaite au premier tour de l’Open de Saint-Malo WTA 125 - puis de Roland-Garros où elle avait bénéficié d’une wildcard.
En juin 2026 - elle a remporté un titre ITF à Nice - son premier depuis 2023. Elle l’avait décrit comme « pas le plus grand, mais de loin le plus beau » après des mois de lutte. Puis, nouveau coup dur: forfait pour les qualifications de Wimbledon en raison d’une blessure au pied. Ce contretemps rappelle que la réathlétisation post-LCA est semée d’embûches et que chaque palier franchi peut être suivi d’une rechute. Le récit d’un retour linéaire serait trompeur: Burel alterne progrès et régressions, comme en témoignent ces deux arrêts successifs (genou puis pied).
Divergence sur le classement: 630e ou 702e?
Classée 630e mondiale à la veille d’Iasi selon la WTA, Burel était également donnée 702e le 12 juillet par d’autres sources. Cette différence de plus de 70 places s’explique par le cycle de publication des classements: la WTA actualise ses rangs chaque lundi. Le classement du 12 juillet (702e) datait probablement de la semaine précédente, tandis que celui du 13 juillet (630e) intégrait les points gagnés la semaine du tournoi ITF de Nice. L’écart illustre la volatilité des rangs loin du top 100, où une seule victoire en ITF peut faire bondir plusieurs dizaines de places. Nous retenons le classement officiel du jour du match (630e), confirmé par la fiche WTA de Burel.
Quelle que soit la source, la chute est vertigineuse: depuis son meilleur classement, 42e mondiale le 10 juin 2024 - Burel a perdu entre 580 et 660 places. Les blessures répétées ont brutalement stoppé une dynamique qui l’avait vue battre Jessica Pegula - alors 5e mondiale - à l’Open d’Australie en janvier 2024 - et Sloane Stephens au premier tour de l’US Open en août 2024.
Aucune source consultée ne précise l’encadrement médical qui a supervisé la rééducation de Burel. On ignore le nom du kinésithérapeute, du préparateur physique ou du médecin qui l’ont accompagnée durant ces douze mois décisifs. Cette absence d’information est notable tant la qualité du staff est dans la réussite d’un retour après rupture du LCA.
Ce que personne ne dit: le pari de la terre battue roumaine
Burel a choisi de reconstruire son classement sur un circuit WTA 250 en Roumanie - loin des radars médiatiques français. Un choix logique d’un point de vue sportif, la terre battue offre moins de chocs articulaires qu’un dur, mais risqué sur le plan de la visibilité. Son bilan 2026 s’établit désormais à 7 victoires pour 6 défaites - un ratio qui illustre la difficulté du retour: chaque match gagné compte double quand on reconstruit de la 630e place.
L’adversaire du jour, Varvara Lepchenko - 40 ans et 172e mondiale - n’était pas une cible facile. Burel l’a battue en tenant le coup mentalement dans le money time: à 4-5 dans le second set, Lepchenko s’est procuré deux balles de match sur son service. Burel n’a rien lâché.
La mentale, clé du rebond
Sauver deux balles de match n’est pas un hasard. Depuis son retour, Burel travaille autant son mental que son physique. « Pas le plus grand, mais de loin le plus beau », avait-elle confié après son titre ITF à Nice - une phrase qui en dit long sur la hiérarchie émotionnelle du moment. Dans le money-time face à Lepchenko, elle a puisé dans cette expérience récente: plutôt que de subir la pression, elle l’a transformée en carburant. La reconstruction psychologique après une grave blessure est aussi exigeante que la rééducation: peur de retomber, appréhension du corps, doute sur la capacité à enchaîner. Burel a montré qu’elle avait les armes mentales pour franchir ce cap.
L’UniCredit Iasi Open, une étape
Ce tournoi WTA 250 offre des points à la gagnante. Pour une joueuse classée 630e, chaque tour supplémentaire est une bouffée d’oxygène. Le tableau, relativement ouvert, permet d’espérer un parcours jusqu’en quarts ou demi-finales. Les huitièmes de finale face à Yulia Putintseva constituent un test décisif. Au-delà de la performance, l’enjeu est comptable: une victoire au deuxième tour rapporterait des points WTA précieux. Pour une joueuse qui peine à entrer dans les tableaux principaux, ces points sont vitaux pour atteindre le top 500, seuil au-delà duquel les wildcards deviennent moins indispensables.
Prochain défi: Yulia Putintseva en huitièmes
En huitièmes de finale, Burel affrontera Yulia Putintseva. Putintseva représente un test différent: là où Lepchenko joue un tennis agressif vieille école, Putintseva use par la relance et la récupération.
Pour Burel, l’enjeu n’est pas seulement sportif. Chaque victoire à ce stade de sa reconstruction grappille des points WTA et rapproche du top 500, seuil psychologique pour accéder directement aux tableaux principaux des WTA 250 sans dépendre des wildcards. Depuis son retour en avril - elle a participé à des tournois ITF et WTA 125 - mais aucune victoire sur le circuit principal WTA jusqu’à ce lundi à Iasi.
Le titre ITF de Nice était un jalon. Cette victoire à Iasi en est un autre, plus lourd: elle prouve que Burel peut tenir physiquement 2h15 et mentalement deux balles de match. Après 12 mois d’absence et une chute vertigineuse au classement, ce lundi roumain marque le début d’un second chapitre.
Objectifs: viser le top 500
Le calendrier à venir s’annonce chargé. Après Iasi, Burel pourrait enchaîner avec des tournois sur terre battue qui pourraient lui permettre d’engranger des points précieux. Son objectif affiché est d’atteindre le top 500, ce qui nécessite des victoires régulières sur la deuxième partie de saison. Un cap ambitieux mais réaliste si elle parvient à aligner des victoires régulières et à éviter les blessures. Clara Burel a encore le temps de renouer avec son meilleur niveau. Mais le chemin reste long: il lui faudra remporter l’équivalent de plusieurs tournois pour revenir dans le top 200. La route est tracée, le premier pas est fait.