Colmar : les écoles mobilisées pour la santé mentale des jeunes

Une campagne nationale prolongée en 2026 s'invite dans les établissements scolaires du Haut-Rhin pour briser le tabou.

Colmar : les écoles mobilisées pour la santé mentale des jeunes
Illustration Jean Muller / info.fr

Dans le cadre de la Grande Cause Nationale 'Parlons santé mentale !', les collèges et lycées de Colmar déploient une campagne de sensibilisation auprès des élèves et enseignants. Les chiffres locaux justifient l'urgence de l'initiative.

La campagne nationale ‘Parlons santé mentale !’, lancée le 17 mars 2025 et prolongée en 2026 par le gouvernement, entre dans les salles de classe colmariennes. Portée conjointement par le ministère de l’Éducation nationale et l’ARS Grand Est, elle vise à repérer précocement les signes de souffrance psychologique chez les jeunes, via des témoignages d’élèves et d’enseignants. Selon le gouvernement, plus de 3 000 événements avaient déjà été labellisés en régions en 2025.

Des chiffres qui alertent

Les données régionales et nationales sont préoccupantes. Dans le Grand Est, 12 % des jeunes se déclarent en mauvaise santé mentale, selon ICI Alsace. Les urbains sont davantage touchés : 64 % d’entre eux rapportent tristesse ou dépression, contre 54 % en zone rurale. À l’échelle nationale, 45 % des 11-15 ans souffrent de troubles anxieux. Les hospitalisations pour tentatives de suicide chez les filles de 10 à 14 ans ont progressé de 22 % en 2024 par rapport à 2023, selon les données compilées par l’académie de Strasbourg.

Dans le Haut-Rhin, la Maison des Adolescents de Colmar a suivi 230 jeunes en 2024, contre 219 en 2023, soit une hausse de 5 %. Selon son rapport d’activité 2024, 62 % des suivis concernaient des filles, d’un âge moyen de 14,5 ans, majoritairement pour des motifs liés à la santé mentale. En 2025, 14 % des collégiens et 15 % des lycéens du Haut-Rhin présentaient un risque de dépression, d’après le Conseil économique, social et environnemental.

Témoignages et ressources pédagogiques

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Le dispositif s’appuie sur des ressources produites par le ministère de l’Éducation nationale, diffusées dans toute l’académie de Strasbourg qui couvre Colmar. Les personnels disposent d’un flyer de détection et de prévention. La campagne prévoit au minimum trois séances annuelles par niveau scolaire, conformément à l’article L.312-16 du Code de l’éducation. L’accent est mis sur la prise de parole : élèves et enseignants sont encouragés à témoigner pour dédramatiser le recours à l’aide psychologique.

Les Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM) 2026, prévues du 5 au 18 octobre sous le thème ‘Pour notre santé mentale, réparons le lien social’, incluront des conférences en établissements scolaires, avec la participation du Centre hospitalier de Rouffach, selon le programme publié sur santementale68.fr.

Prochaine étape : la rentrée 2026

La rentrée scolaire 2026 doit marquer un cap. Le ministère de l’Éducation nationale prévoit une intégration renforcée de la santé mentale dans les politiques éducatives locales, avec la généralisation des séances obligatoires dans tous les niveaux. Une première intervention avait déjà concerné 30 étudiants colmariens en 2024, dans le cadre des efforts départementaux post-COVID.

Sources

Jean Muller

Jean Muller

Installé à Colmar, couvre la viticulture alsacienne, les tensions sur les classements, l'industrie automobile et les débats sur la langue alsacienne. Formé au CFJ, il a grandi dans le vignoble. Conviction : connaître les vignerons, les négociants, les élus, vérifier les chiffres de production avant de publier.

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