Colmar : une centaine de manifestants contre le banquet du Canon français

Le 30 mai 2026, un cortège antifasciste a traversé le centre-ville pendant que 3 500 personnes participaient au banquet au parc expo.

Colmar : une centaine de manifestants contre le banquet du Canon français
Illustration Jean Muller / info.fr

Une centaine de personnes ont défilé samedi matin à Colmar contre le banquet du Canon français, organisé le même jour au parc expo. L'événement, premier du genre en Alsace, a réuni plus de 3 500 participants malgré la polémique sur ses liens présumés avec l'extrême droite.

L’essentiel

  • Manifestation : environ une centaine de personnes ont défilé le 30 mai 2026 vers 11h depuis la place Rapp, selon les DNA et L’Alsace.
  • Banquet : plus de 3 500 participants au parc expo de Colmar de 12h à 17h, avec 4 200 personnes sur liste d’attente ; billet à 80 €.
  • Contre-rassemblement : quelque 300 personnes au pique-nique républicain du Champ-de-Mars, organisé par le Collectif Fraternité Colmar (une soixantaine d’associations et partis).
  • Incident : un militant d’extrême droite évacué par la police après avoir défié le cortège de manifestants.

Un cortège depuis la place Rapp

Samedi 30 mai 2026 vers 11h, une centaine de manifestants se sont élancés depuis la place Rapp en direction du centre-ville de Colmar. Banderoles déployées, le cortège scandait « Non au Canon français » et « Sterin t’es foutu les jeunes sont dans la rue », selon les Dernières Nouvelles d’Alsace. Un seul incident a été signalé : un militant d’extrême droite, qui avait défié le cortège, a été évacué par la police.

Le rassemblement visait directement le banquet du Canon français prévu au parc expo quelques heures plus tard. L’Alsace a également relayé la mobilisation dès la matinée.

3 500 convives au parc expo, sous surveillance

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De 12h à 17h, le hall 3 du parc des expositions de Colmar a accueilli le premier banquet alsacien du Canon français. Plus de 3 500 personnes y ont participé, selon les DNA, avec 4 200 autres sur liste d’attente. Le plat principal était une choucroute alsacienne - elle avait remplacé le jambonneau initialement annoncé. Le billet était facturé 80 €, incluant quatre verres.

L’événement s’est tenu sous haute surveillance. Le maire LR de Colmar, Éric Straumann, a visité les lieux. Il a défendu la « liberté de réunion » et la « liberté de faire la fête », comparant l’ambiance à celle d’une foire aux vins, selon France 3 Grand Est. Les participants interrogés ont majoritairement rejeté toute politisation de la soirée.

La polémique : Stérin, Caen, et les accusations d’extrême droite

Le Canon français est une société d’événementiel créée en 2021. Son cofondateur a indiqué que la structure avait « fait fois dix » en cinq ans, selon les DNA. L’association est contestée en raison de ses liens présumés avec Pierre-Édouard Stérin, milliardaire en exil fiscal réputé proche de milieux d’extrême droite.

La polémique avait pris de l’ampleur après le banquet de Caen, le 18 avril 2026. Des vidéos avaient montré des propos racistes et des gestes s’apparentant à des saluts nazis, des enquêtes étant en cours à ce stade. Ces images avaient servi de point d’appui aux opposants au banquet colmarien, dont le mouvement de contestation s’inscrit dans un contexte national de mobilisations contre des événements controversés.

Le député LFI Emmanuel Fernandes (Bas-Rhin) avait demandé l’annulation du banquet. À l’inverse, la conseillère régionale RN Nathalie Aubert avait publiquement exprimé son enthousiasme et pris ses billets, selon les DNA.

Un pique-nique républicain en parallèle

En réponse au banquet, le Collectif Fraternité Colmar - une soixantaine d’associations et de partis - avait organisé un pique-nique républicain au Champ-de-Mars, sur le thème du « vivre ensemble ». Environ 300 personnes y ont participé, selon France 3 Grand Est et les DNA.

Ce contre-rassemblement, plus familial dans son format, s’est voulu une alternative pacifique à la manifestation matinale. Les deux événements se sont déroulés sans incident notable en dehors de l’évacuation signalée dans le cortège antifasciste.

Contexte dans le Haut-Rhin

Colmar (environ 70 000 habitants) est la préfecture du Haut-Rhin et la capitale administrative de la Collectivité européenne d’Alsace. La ville, régulièrement traversée par des tensions politiques liées à son positionnement identitaire alsacien, accueillait pour la première fois un événement du Canon français.

Le choix de Colmar comme première étape alsacienne du Canon français n’est pas anodin : la ville est traditionnellement ancrée à droite, avec une mairie LR. La mobilisation antifasciste, si elle a rassemblé une centaine de personnes seulement face à 3 500 participants au banquet, traduit une fracture politique lisible sur ce territoire, comme dans d’autres départements du Grand Est où les tensions entre droite et gauche se cristallisent autour d’événements culturels ou festifs.

Aucune communication officielle de la préfecture du Haut-Rhin ou du parquet de Colmar n’a été rendue publique concernant des suites judiciaires liées à cet événement, selon les sources disponibles.

Prochaine étape

Les enquêtes ouvertes après les incidents de Caen (18 avril 2026) sont toujours en cours. Elles pourraient influer sur la tenue des prochains banquets du Canon français en France.

Sources

Jean Muller

Jean Muller

Jean est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Haut-Rhin (68), avec Colmar pour chef-lieu. Spécialité du département : Mulhouse industriel et frontaliers Suisse Bale. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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