Comores : Azali Assoumani relance le dossier Mayotte à la fête nationale
Le président comorien a réaffirmé sa revendication sur Mayotte le 6 juillet, jour anniversaire de l'indépendance des Comores
Le président comorien Azali Assoumani a de nouveau réclamé la souveraineté sur Mayotte lors de la fête nationale du 6 juillet 2026. Paris a rappelé que l'île reste française, tandis que des tensions ont éclaté devant la préfecture de Mamoudzou.
L’essentiel
- Fait 1 : Le 6 juillet 2026, pour le 51e anniversaire de l’indépendance des Comores, Azali Assoumani a qualifié la souveraineté sur Mayotte de « priorité nationale », selon AllAfrica.
- Fait 2 : La ministre française des Outre-mer Naïma Moutchou a réaffirmé que « Mayotte est française », rapporte Comores Infos.
- Fait 3 : Des altercations ont éclaté devant la préfecture de Mamoudzou le jour de la fête nationale comorienne, selon des informations recensées par l’Observatoire régional de la santé de Mayotte.
- Fait 4 : Mayotte compte 323 153 habitants selon le recensement INSEE.
- Fait 5 : Le 8 février 1976, 99,4% des Mahorais avaient voté pour le maintien dans la République française lors d’un référendum d’autodétermination.
Ce qu’a dit Azali Assoumani
Le président comorien Azali Assoumani a profité de la fête nationale du 6 juillet, qui marquait le 51e anniversaire de l’indépendance des Comores, pour relancer la revendication historique de son pays sur Mayotte. Selon AllAfrica, il a présenté la souveraineté sur l’île comme une « priorité nationale ».
RFI Afrique a relayé ces propos sur X le jour même. Le chef d’État comorien n’a pas annoncé de nouvelle initiative diplomatique concrète, se contentant de réaffirmer une position constante des autorités de Moroni depuis l’indépendance de l’archipel.
La réponse de Paris
Côté français, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou avait déjà répondu aux revendications comoriennes formulées en juin 2026, rappelant sans ambiguïté que Mayotte est française, selon Comores Infos. Cette position reste celle défendue par tous les gouvernements français depuis le référendum de 1976 et l’accession de Mayotte au statut de département en 2011.
Tensions à Mamoudzou
Sur le terrain, la journée du 6 juillet n’est pas passée sans heurts. Des altercations ont éclaté devant la préfecture de Mamoudzou, sur fond de tensions migratoires et politiques, selon des informations recensées par l’Observatoire régional de la santé de Mayotte. Les circonstances précises et le nombre de personnes impliquées n’ont pas été détaillés à ce stade.
Contexte dans le département de Mayotte
Mayotte est devenue le 101e département français le 1er avril 2011, quatre décennies après le référendum de février 1976 où 99,4% des Mahorais avaient choisi de rester dans la République française, selon le Conseil constitutionnel. L’île compte aujourd’hui 323 153 habitants d’après l’INSEE, ce qui en fait le département le plus peuplé et le plus jeune de l’Outre-mer français en proportion. La question de la souveraineté y reste sensible, dans un territoire déjà marqué par des tensions migratoires et sociales récurrentes.
Un précédent au sommet de la COI
La déclaration d’Azali Assoumani intervient plus d’un an après un accrochage diplomatique plus vif. Lors du sommet de la Commission de l’océan Indien, le 24 avril 2025, Emmanuel Macron avait plaidé pour l’intégration de Mayotte à la Commission de l’océan Indien au sein de l’organisation régionale. Azali Assoumani avait répliqué en affirmant publiquement que « l’île de Mayotte est une île comorienne », selon Jeune Afrique et Linfo.re. Depuis 1975, les gouvernements comoriens successifs inscrivent systématiquement cette revendication à l’agenda des rencontres officielles, y compris devant les instances de l’Union africaine.
Aucune nouvelle démarche officielle n’a été annoncée à ce stade côté comorien ni côté français depuis les déclarations du 6 juillet.