Comores : le corps calciné de Naïcha Mmadi, 22 ans, retrouvé après quatre jours
Le parquet de Moroni confirme la découverte, plusieurs suspects en garde à vue, l'opinion publique réclame la peine de mort
Le corps de Naïcha Mmadi Abdou, 22 ans, a été retrouvé le 22 mai 2026 à Dzahadjou-Mbadjini, dans le sud de la Grande Comore, quatre jours après sa disparition. Fortement calciné, il gisait dans un champ isolé. Plusieurs suspects ont été interpellés par la gendarmerie.
Le corps de Naïcha Mmadi Abdou, 22 ans, secrétaire au service ophtalmologie de l’hôpital de Foumbouni, a été retrouvé sans vie le vendredi 22 mai 2026 vers 16h à Dzahadjou-Mbadjini, dans le sud de Ngazidja (Grande Comore). Fortement calciné, en décomposition avancée, il a été localisé dans un champ isolé à proximité d’un château d’eau. Le parquet de la République de Moroni a confirmé la découverte et ouvert une enquête.
L’essentiel
- Disparition : Naïcha Mmadi Abdou, 22 ans, portée disparue depuis le 19 mai 2026 après s’être rendue à Dzahadjou-Mbadjini pour récupérer de l’argent lié à la vente d’un ordinateur.
- Découverte : Corps retrouvé le 22 mai 2026 vers 16h, calciné à environ 95 %, avec des indices de violences (traces de sang, possible agression sexuelle, tentative d’enfouissement, blessures à l’arme blanche).
- Interpellations : Jusqu’à une douzaine de personnes placées en garde à vue selon La Gazette des Comores, dont au moins un à deux suspects principaux.
- Réaction officielle : Le Secrétaire Général du Gouvernement Nour El Fath Azali et le ministère du Genre ont exprimé leurs condoléances ; le parquet a appelé au calme.
- Peine de mort : En vigueur aux Comores mais non appliquée depuis environ 1998 ; une partie de l’opinion publique et des responsables politiques en réclament l’application.
Quatre jours de recherches, un téléphone géolocalisé
Naïcha Mmadi Abdou avait quitté Foumbouni le 19 mai 2026. Elle devait se rendre à Dzahadjou-Mbadjini pour récupérer une somme d’argent auprès d’un collègue à qui elle avait confié un ordinateur en vue de le vendre. Elle ne donnera plus signe de vie.
Les recherches ont mobilisé la gendarmerie comorienne pendant plusieurs jours. C’est la géolocalisation du téléphone de la jeune femme qui a permis d’orienter les enquêteurs vers le champ isolé où le corps a été retrouvé, selon Mayotte Hebdo et La Gazette des Comores.
Le corps présentait des indices concordants : blessures à l’arme blanche, traces de sang, tentative d’enfouissement, puis incendie du corps. Le taux de calcination avoisinerait 95 %, selon les informations rapportées par les deux médias comoriens.
Le parquet ouvre une enquête, les suspects connus de la victime
La procureure de la République de Moroni, Saïdatte Fatuma Saïd Boina, a publié un communiqué confirmant la découverte du corps sans vie et l’ouverture d’une information judiciaire. Elle a exprimé les condoléances du parquet à la famille et appelé la population au calme.
Selon La Gazette des Comores, jusqu’à douze personnes ont été placées en garde à vue. Parmi elles figurent au moins un à deux suspects principaux. Le mobile présumé : la récupération de l’argent lié à la vente de l’ordinateur. Les suspects auraient eu des liens de travail avec la victime, tous deux liés à l’hôpital de Foumbouni.
L’enquête est toujours en cours au 26 mai 2026. Les charges retenues et la mise en examen éventuelle des suspects n’ont pas encore été communiquées officiellement.
Une émotion nationale, la peine de mort réclamée
La nouvelle a provoqué une vive réaction aux Comores. Dans le village de Dzahadjou-Mbadjini, des habitants ont publiquement réclamé l’application de la peine capitale. Ce mot d’ordre a rapidement dépassé le cadre local.
Le Secrétaire Général du Gouvernement, Nour El Fath Azali, a exprimé ses condoléances à la famille de la victime. Le ministère du Genre a également réagi. Sur le réseau X, des comptes proches des institutions comoriennes ont relayé les déclarations officielles.
La peine de mort est légalement en vigueur aux Comores mais n’a pas été appliquée depuis environ 1998. Le débat sur son recours est récurrent dans l’archipel, notamment lors de crimes perçus comme particulièrement violents. Ce dossier repose la question avec une intensité particulière.
La violence des faits divers à Mayotte et dans l’archipel comorien fait régulièrement l’objet de couvertures locales. Un couple avait été braqué à l’arme blanche sur la plage de Bambo Est à Bandrélé, et un homme avait été grièvement blessé au cou lors d’une agression à Mzouazia.
Contexte dans le département de Mayotte (976)
Si le drame s’est produit sur l’île de Ngazidja (Grande Comore), il résonne fortement à Mayotte, département français (976) situé à moins de 300 kilomètres. Les liens humains, familiaux et migratoires entre les deux territoires sont denses : Foumbouni, commune d’origine de la victime, est l’un des points de départ habituels des traversées vers Mayotte.
La sécurité constitue un enjeu majeur dans l’archipel. À Mayotte, l’opération Kingia à Kawéni avait abouti à 467 interpellations en six semaines, signe d’une mobilisation sécuritaire soutenue des forces de l’ordre. Les affaires de violences graves impliquant des ressortissants comoriens à Mayotte ou aux Comores sont suivies des deux côtés du canal du Mozambique.
Mayotte compte environ 320 000 habitants selon les estimations récentes, avec une proportion importante de ressortissants comoriens. La fluidité des circulations entre les îles explique l’écho local immédiat de ce type d’affaire.
La famille et la communauté de Foumbouni sous le choc
Naïcha Mmadi Abdou était originaire de Foumbouni, ville côtière du sud-ouest de Grande Comore. Elle travaillait comme secrétaire dans le service ophtalmologie de l’hôpital local. Son profil - jeune employée de santé, disparue lors d’une démarche ordinaire - a amplifié l’émotion dans la communauté.
Aucune déclaration publique de la famille n’avait été rapportée par les médias consultés au moment de la rédaction de cet article. Les obsèques n’avaient pas été annoncées officiellement.
L’audience devant le parquet de Moroni devrait préciser prochainement les charges retenues contre les suspects en garde à vue et déterminer si une mise en examen formelle sera prononcée.