Côte d’Ivoire : 80 milliards $ d’engagements pour le PND 2026-2030
Le groupe consultatif réuni à Abidjan a quadruplé l'objectif de financement public pour le plan national de développement. La Banque mondiale promet de tripler son soutien.
Les 8 et 9 juillet 2026, le Sofitel Hôtel Ivoire accueille le groupe consultatif pour le financement du PND 2026-2030. Dès le premier jour, les partenaires internationaux ont annoncé 80 milliards de dollars d'engagements, quatre fois plus que prévu. Le secteur privé doit maintenant fournir 70 % du budget total.
L’essentiel
- Engagements publics : 80 milliards de dollars annoncés le 8 juillet par les partenaires au développement, soit 47 820 milliards FCFA
- Objectif dépassé : ce montant quadruple la cible initiale de 20,3 milliards de dollars fixée pour les bailleurs
- Budget global : le PND 2026-2030 nécessite 114 838,5 milliards FCFA, dont plus de 70 % provenant du secteur privé
- Participation : plus de 3 000 participants de 49 pays présents à Abidjan, dont des délégations de l’ONU et de l’UE
Le groupe consultatif pour le financement du Plan national de développement 2026-2030 a débuté le 8 juillet au Sofitel Hôtel Ivoire sous le haut patronage du président Alassane Ouattara. La présidence des travaux a été assurée par le Premier ministre Robert Beugré Mambé. Dès la fin de la première journée, le vice-président Tiémoko Meyliet Koné a annoncé 80 milliards de dollars d’engagements de la part des partenaires au développement.
Ce résultat dépasse largement l’objectif de 20,3 milliards de dollars fixé pour les bailleurs publics. La Côte d’Ivoire visait à réunir 114 838,5 milliards FCFA au total pour financer son plan quinquennal. Les partenaires internationaux - Banque mondiale, Banque africaine de développement, Banque islamique de développement, Union européenne, agences de l’ONU - ont confirmé leur soutien lors de cette rencontre de deux jours.
La Banque mondiale triple ses financements
Ousmane Diagana, vice-président pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de la Banque mondiale, a annoncé que l’institution envisageait de tripler au minimum ses financements en faveur de la Côte d’Ivoire, selon Sahel Intelligence. Cette déclaration marque un tournant dans la relation entre Abidjan et Washington. La Banque africaine de développement, représentée par son président Sidi Ould Tah, était également présente à la cérémonie de lancement.
Le vice-président Tiémoko Meyliet Koné a appelé les partenaires à maintenir des normes élevées de transparence et de gouvernance, rapporte Financial Afrik. Il a présidé l’ouverture des travaux et coordonné les discussions avec les délégations internationales. Plus de 3 000 participants venus de 49 pays ont pris part à l’événement, selon Africa News Agency.
Le secteur privé en ligne de mire
La seconde journée, le 9 juillet, était consacrée aux investisseurs privés. Le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a ciblé ce segment pour boucler le financement du PND. Plus de 700 investisseurs ont participé à cette session dédiée. Le secteur privé doit couvrir environ 70 % du budget total, soit près de 80 000 milliards FCFA.
Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a réaffirmé le rôle de locomotive économique de la Côte d’Ivoire dans la sous-région ouest-africaine, selon Financial Afrik. Il a insisté sur la stabilité politique et la croissance soutenue du pays comme atouts pour attirer les capitaux. La présence de délégations de l’Union européenne et de l’ONU témoigne de l’intérêt international pour ce plan quinquennal.
Contexte en Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire affiche une croissance économique robuste depuis plusieurs années, soutenue par des réformes structurelles et des investissements dans les infrastructures. Le pays s’impose comme un hub régional pour l’Afrique de l’Ouest, avec des projets d’envergure dans les transports, l’énergie et les télécommunications. La Banque africaine de développement multiplie ses financements sur le continent, comme au Maroc pour la LGV Kénitra-Marrakech.
Le PND 2026-2030 vise à consolider cette trajectoire en misant sur la transformation structurelle de l’économie, la montée en gamme industrielle et le développement du capital humain. Les engagements annoncés à Abidjan doivent permettre de financer des projets dans les secteurs prioritaires identifiés par le gouvernement ivoirien.
Prochaines étapes
Les autorités ivoiriennes vont maintenant traduire ces engagements en projets concrets. Le ministère du Plan et du Développement devra coordonner la mise en œuvre avec les différents partenaires et suivre le décaissement des fonds annoncés. Le secteur privé, qui représente la majorité du financement attendu, fera l’objet d’un suivi rapproché dans les mois à venir pour valider les investissements promis lors de la journée du 9 juillet.