Côte d’Ivoire : deux suspects arrêtés après l’excision de cinq fillettes
Cinq fillettes de 3 à 9 ans ont été excisées dans la nuit du 30 juin à Bongouanou, dans le centre-est ivoirien
Cinq fillettes âgées de 3 à 9 ans ont été excisées dans la nuit du 30 juin 2026 à Bongouanou, en Côte d'Ivoire. Deux suspects ont été interpellés le 3 juillet. Le gouvernement ivoirien réaffirme sa politique de tolérance zéro face aux mutilations génitales féminines.
L’essentiel
- Fait 1 : cinq fillettes âgées de 3 à 9 ans ont été excisées dans la nuit du 30 juin 2026 à Kangandi, quartier Dioulakro, commune de Bongouanou (centre-est de la Côte d’Ivoire)
- Fait 2 : deux suspects ont été interpellés par les forces de l’ordre le 3 juillet 2026
- Fait 3 : les victimes ont été évacuées en urgence vers l’Hôpital général de Bongouanou
- Fait 4 : la loi ivoirienne n° 98-757 du 23 décembre 1998 punit l’excision de un à cinq ans de prison et d’une amende de 360 000 à 2 000 000 FCFA
- Fait 5 : le taux de prévalence des mutilations génitales féminines reste estimé à environ 10 % chez les filles de 0 à 14 ans en Côte d’Ivoire
Ce qui s’est passé à Bongouanou
C’est dans la nuit du 30 juin 2026 que le drame s’est produit, à Kangandi, un quartier de Bongouanou, au centre-est de la Côte d’Ivoire. Cinq fillettes âgées de 3 à 9 ans y ont été excisées, selon l’agence ivoirienne de presse AIP. L’information a été relayée en France le 7 juillet par RFI et RT France.
Les jeunes victimes ont été évacuées en urgence vers l’Hôpital général de Bongouanou pour y recevoir des soins, rapporte le site d’information ivoirien KOACI. Leur état de santé précis n’a pas été détaillé publiquement à ce stade. Les autorités locales assurent leur prise en charge médicale et psychologique.
Deux suspects interpellés, l’enquête se poursuit
Les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation de deux suspects le 3 juillet 2026, selon le quotidien ivoirien Fraternité Matin. Leur identité n’a pas été rendue publique et, comme le veut la présomption d’innocence, ils n’ont pas été formellement jugés à ce jour. Les autorités judiciaires ont été saisies pour identifier l’ensemble des auteurs et complices éventuels de ces excisions, un point sur lequel le ministère ivoirien de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a insisté dans sa communication.
La réaction du gouvernement ivoirien
Le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a fermement dénoncé ces faits, qualifiés d’acte d’une extrême violence, selon le média L’Avenir. La ministre Nassénéba Touré a réaffirmé la politique de « tolérance zéro » de l’État ivoirien contre les mutilations génitales féminines, promettant des poursuites rigoureuses contre les responsables, rapporte l’AIP.
Ce que dit la loi ivoirienne
En Côte d’Ivoire, l’excision est formellement interdite depuis la loi n° 98-757 du 23 décembre 1998, selon la Fondation Djigui. Le texte prévoit des peines de un à cinq ans d’emprisonnement et des amendes allant de 360 000 à 2 000 000 FCFA (environ 550 à 3 050 euros) pour les auteurs, précise Refworld. Malgré ce cadre légal en vigueur depuis près de trente ans, la pratique perdure de façon clandestine, souvent dans des zones rurales ou périphériques comme Kangandi.
Bongouanou, une commune du centre-est ivoirien
Bongouanou est une commune du centre-est de la Côte d’Ivoire, dans une région à dominante agricole où l’excision reste documentée par les organisations locales de lutte contre les violences faites aux enfants. Le taux de prévalence des mutilations génitales féminines demeure estimé à environ 21 % chez les filles à l’échelle nationale, selon l’ONG Excision, parlons-en. Ce chiffre traduit un recul par rapport aux décennies précédentes, mais confirme que la pratique n’a pas disparu, notamment dans certaines zones de l’intérieur du pays.
Vu de France, un enjeu de coopération et de vigilance
La Côte d’Ivoire entretient des liens étroits avec la France, à travers la diaspora ivoirienne installée sur le territoire français et les programmes de coopération sur les droits de l’enfant. Des associations françaises et ivoiriennes travaillent conjointement sur la prévention des mutilations génitales féminines, un sujet qui concerne aussi les familles issues de cette diaspora, où la pratique peut se perpétuer de manière clandestine, y compris lors de séjours au pays. Ces arrestations à Bongouanou illustrent la difficulté persistante à faire appliquer une loi vieille de près de trente ans face à des pratiques transmises dans un cadre familial ou communautaire fermé.
L’enquête ouverte par les autorités ivoiriennes doit désormais déterminer si d’autres personnes, au-delà des deux suspects interpellés, ont participé à l’organisation de ces excisions.