Courson-Monteloup : parents et élus mobilisés contre la suppression d’une classe
Le rectorat de Versailles menace de supprimer la troisième classe de l'école primaire Henry-Peyret pour la rentrée 2026, dans ce village essonnien de 563 habitants.
À Courson-Monteloup, la menace se répète. Le rectorat de l'académie de Versailles envisage de supprimer une classe à l'école primaire Henry-Peyret pour la rentrée 2026. Parents, élus locaux et sénateurs se sont rassemblés le 3 mai pour s'y opposer.
À Courson-Monteloup, la menace se répète. Le rectorat de l’académie de Versailles envisage de supprimer une classe à l’école primaire Henry-Peyret pour la rentrée 2026. Parents, élus locaux et sénateurs se sont rassemblés le 3 mai pour s’y opposer.
L’essentiel
- 51 élèves : l’effectif actuel de l’école Henry-Peyret, répartis en trois classes.
- 27 élèves et 4 niveaux : la configuration redoutée dans l’une des deux classes restantes en cas de suppression, selon Le Parisien.
- 3 mai 2026 : date du rassemblement réunissant parents, l’adjoint au maire Nicolas Aunai et les sénateurs Laure Darcos et Jean-Raymond Hugonet.
- 52 postes : suppressions prévues dans l’Essonne pour la rentrée 2026, dans le cadre d’un plan académique de 143 postes supprimés à Versailles.
- 2025 : une menace similaire avait été repoussée grâce à une mobilisation le 31 mars et un vote unanime du conseil municipal le 14 avril.
Un courrier du rectorat, une alerte immédiate
C’est par courrier de l’académie de Versailles que la commune a appris la nouvelle : la troisième classe de l’école Henry-Peyret est menacée de suppression à la rentrée de septembre 2026. La mesure réduirait l’école à deux classes pour 51 élèves. Selon Le Parisien, les effectifs passeraient de 17 à 27 élèves dans l’une des deux classes, avec jusqu’à quatre niveaux mélangés.
David, père d’une élève en CP, résume l’inquiétude des familles : « Il ne faut pas sacrifier l’éducation de nos enfants », et « Quatre niveaux dans une seule classe, c’est n’importe quoi », selon Le Parisien.
L’école, seul lien de vie du village
L’école Henry-Peyret n’est pas un équipement parmi d’autres. Construite en 2012 pour remplacer une école-mairie datant de 1881, selon le site de la commune, elle constitue avec la mairie l’unique pôle de vie du village, comme le soulignent France 3 Régions et Le Parisien. Dans une commune de 563 habitants selon l’INSEE (données 2023), la fermeture d’une classe touche directement une proportion significative des familles.
Ce type d’enjeu dépasse Courson-Monteloup. En Île-de-France, la question de l’offre scolaire en territoire rural revient régulièrement sur le devant de l’actualité, avec des conséquences sur l’attractivité des communes et la cohésion locale.
Un précédent en 2025, déjà évité de justesse
Ce n’est pas la première fois. En 2025, une menace identique avait pesé sur l’école. Le 31 mars 2025, une centaine de personnes s’étaient rassemblées devant l’établissement lors d’une journée « école morte », selon le site de la mairie de Courson-Monteloup. Le 14 avril 2025, le conseil municipal avait voté à l’unanimité une motion contre la fermeture. La mesure avait finalement été abandonnée pour la rentrée 2025, toujours selon la mairie.
Un an plus tard, la mobilisation repart de zéro, avec les mêmes acteurs et les mêmes arguments. « Victoire - maintien des 3 classes » : c’est le titre que la commune avait publié sur son site après le recul du rectorat en 2025. Le même scénario est désormais recherché pour 2026.
Sénateurs et élus locaux côte à côte
La mobilisation du 3 mai a réuni Nicolas Aunai, adjoint au maire, ainsi que les sénateurs de l’Essonne Laure Darcos et Jean-Raymond Hugonet, selon Le Parisien. La présence de parlementaires vise à peser sur la décision finale du rectorat, dont la carte scolaire n’est pas encore définitivement arrêtée. Une audience auprès de l’académie de Versailles serait envisagée, selon les informations disponibles à ce stade.
Le recours aux élus nationaux s’inscrit dans une stratégie de pression documentée : en 2025, une question sénatoriale avait accompagné la mobilisation locale, visible dans les archives du Sénat.
Contexte dans l’Essonne
La situation de Courson-Monteloup s’inscrit dans un mouvement de fond. L’académie de Versailles prévoit la suppression de 143 postes enseignants pour la rentrée 2026, dont 52 dans l’Essonne, en raison d’une baisse démographique estimée à 380 élèves dans le département, selon le SNUipp-FSU 91. À l’échelle nationale, entre 2 000 et 2 500 classes seraient fermées à la rentrée 2026, selon L’Anticapitaliste et Radio France, touchant en priorité les territoires ruraux ou à faibles effectifs.
Courson-Monteloup compte 563 habitants en 2023 selon l’INSEE, en recul de 1,57 % par rapport à 2017. La commune n’est pas classée en zone rurale prioritaire par l’INSEE, ce qui la prive de certains dispositifs de protection automatique des écoles. Son école accueille néanmoins un public décrit comme globalement favorisé, selon France 3 Régions.
Dans ce contexte, d’autres territoires franciliens font face à des tensions similaires sur les services publics de proximité, entre contraintes budgétaires et maintien du lien social en zone péri-urbaine.
Prochaine étape : la carte scolaire définitive
La décision finale du rectorat de l’académie de Versailles sur la carte scolaire 2026 n’a pas encore été rendue publique à la date du 3 mai. Une audience des élus et parents auprès de l’académie reste à confirmer. La mobilisation locale se poursuit en attendant.
Sources
- Le Parisien : « Il ne faut pas sacrifier l'éducation de nos enfants » : nouvelle mobilisation à Courson-Monteloup pour garder une classe
- France 3 Régions : "L'école est le seul lieu de vie du village" : parents et mairie mobilisés contre la fermeture d'une classe
- SNUipp-FSU Essonne : Carte scolaire 2026 : des fermetures de classes imposées !
- INSEE : Courson-Monteloup – population 2023