À 14h10, heure locale, vendredi 21 novembre 2025, un avion de chasse Tejas de l'armée de l'air indienne s'est transformé en boule de feu devant des milliers de spectateurs au salon aéronautique de Dubaï. L'appareil, qui effectuait un tonneau à basse altitude, a perdu le contrôle avant de s'écraser à environ 1,6 kilomètre du site principal, tuant son pilote. Ce drame marque le premier accident mortel de l'histoire de cet événement créé en 1986, et survient lors du dernier jour du plus grand salon aéronautique du Moyen-Orient.
L'essentiel
- Le crash s'est produit le vendredi 21 novembre 2025 à 14h10 heure locale (12h10 GMT) lors du dernier jour du salon aéronautique de Dubaï
- L'appareil s'est écrasé à environ 1,6 kilomètre du site principal du salon après avoir effectué un tonneau à basse altitude, tuant son pilote
- Il s'agit du premier accident mortel en 39 ans d'histoire du Dubai Air Show, créé en 1986, et du deuxième crash d'un Tejas en moins de deux ans
- L'Inde a signé en septembre 2025 une commande de 7 milliards de dollars pour 97 chasseurs Tejas Mk1A modernisés destinés à remplacer les MiG-21 russes
- Une commission d'enquête a été constituée par l'armée de l'air indienne pour déterminer les causes de l'accident impliquant cet appareil de génération 4.5 équipé de moteurs General Electric
Dans 7 jours, le monde de l’aéronautique militaire aura probablement identifié les premières pistes techniques expliquant pourquoi un chasseur indien de nouvelle génération a plongé vers le sol émirati. Les experts internationaux convergeront vers les conclusions préliminaires de la commission d’enquête mise en place par l’armée de l’air indienne, tandis que les données de vol récupérées sur l’épave livreront leurs secrets. La question centrale demeurera : comment un appareil censé incarner la modernisation de la flotte indienne a-t-il pu connaître une défaillance aussi catastrophique lors d’une manœuvre de démonstration ?
Dans 7 jours : la situation probable
Les ingénieurs de Hindustan Aeronautics Ltd, le constructeur public indien du Tejas, auront commencé à décortiquer chaque seconde du vol fatal. Selon Boursorama, il s’agit du deuxième accident connu impliquant cet avion de chasse monomoteur de génération 4.5, équipé de moteurs General Electric. Le premier crash avait eu lieu lors d’un exercice en Inde en mars 2024, sans faire de victime. Cette récurrence interroge désormais sur la fiabilité d’un programme dans lequel New Delhi a investi massivement.
La pression commerciale s’intensifiera également. L’Inde a signé en septembre 2025 une commande colossale de sept milliards de dollars pour 97 chasseurs Tejas Mk1A modernisés, destinés à remplacer sa flotte vieillissante de MiG-21 russes. Les pays potentiellement intéressés par cet appareil, présenté comme le fer de lance de l’industrie aéronautique indienne, scruteront les résultats de l’enquête avec une attention particulière. Le crash de Dubaï pourrait compromettre les ambitions exportatrices de l’Inde dans le secteur de la défense.
Dans 48h : les décisions critiques
Les autorités indiennes devront trancher sur l’opportunité de maintenir ou non les vols de démonstration des Tejas lors d’événements internationaux. Cette décision interviendra alors que les images du crash, largement diffusées sur les réseaux sociaux, ont fait le tour du monde. Des vidéos montrent l’avion chutant à grande vitesse et se transformant en boule de feu au moment de l’impact, sous les yeux de spectateurs stupéfaits, comme le rapporte Libération.
Le gouvernement émirati, qui a confirmé l’accident par l’intermédiaire de son bureau de presse officiel, devra également gérer les répercussions sur l’image du Dubai Air Show. Selon Sud Ouest, il s’agirait du premier crash survenu à ce salon depuis sa création en 1986, un record de sécurité qui vient de voler en éclats. Les organisateurs devront rassurer les participants et le public sur les protocoles de sécurité, d’autant que les démonstrations aériennes ont repris quelques heures après le drame.
« Un avion de chasse Tejas d’Inde participant à la démonstration aérienne d’aujourd’hui au salon aéronautique de Dubaï s’est écrasé, entraînant la mort tragique du pilote », a écrit le bureau de presse officiel de Dubaï sur le réseau social X.
Il y a 2 heures : le moment clé
Jignesh Variya, 46 ans, qui assistait au spectacle avec sa famille, a livré à Reuters un témoignage glaçant des derniers instants de l’appareil. L’avion de chasse n’avait pas volé plus de huit ou neuf minutes et avait effectué deux ou trois tours de piste lorsqu’il a piqué du nez vers 14h15, heure locale. « J’ai pu voir trois boules de feu différentes lorsqu’il est entré en collision avec le sol », a-t-il déclaré, ajoutant que « tout le monde dans la foule s’est levé, puis, peut-être au bout de 30 secondes, les véhicules de secours se sont précipités sur le site de l’accident », rapporte Boursorama.
L’appareil a effectué un tonneau à basse altitude avant de s’écraser en flammes à environ 1,6 kilomètre du site du salon, selon un témoin cité par l’AFP. Cette distance, bien que suffisante pour éviter une catastrophe parmi le public, n’a pas permis au pilote de s’éjecter ou de redresser son appareil. Une épaisse fumée noire s’est élevée au-dessus de l’aéroport international Al Maktoum, à Dubai World Central, tandis que les sirènes retentissaient, relate Euronews.
L’armée de l’air indienne a rapidement confirmé le décès du pilote dans un communiqué sobre. Elle a annoncé qu’elle « regrette profondément la perte d’une vie et se tient aux côtés de la famille endeuillée », tout en précisant qu' »une commission d’enquête est en cours de constitution pour déterminer les causes de l’accident ». Le diffuseur indien NDTV a indiqué que le crash était survenu vers 14h10, heure locale (12h10 GMT), avant qu’une épaisse fumée ne se propage sur le site, selon Anadolu Ajansı.
Il y a 1 semaine : les signes avant-coureurs
Le salon aéronautique de Dubaï avait débuté lundi 17 novembre 2025 dans une atmosphère de célébration commerciale. Le deuxième aéroport de la cité-État accueillait cet événement biennal qui a vu d’importantes commandes d’avions passées à la fois par la compagnie long-courrier Emirates et par sa filiale à bas coûts, FlyDubai, précise Euronews. Des milliers de personnes ont assisté cette semaine à l’événement, parmi lesquelles des dirigeants de l’industrie aéronautique et des responsables militaires venus du monde entier.
Pour l’Inde, ce salon représentait une vitrine stratégique pour le Tejas, dont le nom signifie « brillance » en sanskrit. Conçu et fabriqué en Inde, cet appareil avait été intégré pour la première fois à l’armée de l’air en 2016. Il est considéré comme crucial pour les efforts de New Delhi visant à moderniser sa flotte aérienne, composée principalement de chasseurs russes et ex-soviétiques. La présence du Tejas à Dubaï s’inscrivait dans une stratégie de promotion internationale d’un programme qui a coûté des milliards de dollars au contribuable indien sur plusieurs décennies de développement.
« Une commission d’enquête est en cours de constitution pour déterminer les causes de l’accident », a déclaré l’armée de l’air indienne dans un communiqué.
Le pattern historique
Les accidents lors des grands salons aéronautiques demeurent exceptionnels, précisément en raison des protocoles de sécurité drastiques imposés aux pilotes de démonstration. Le crash de Dubaï brise un record de 39 années sans accident mortel pour cet événement créé en 1986. Cette statistique souligne la rareté de tels drames lors de manifestations aéronautiques de cette envergure, où les pilotes sont généralement des aviateurs d’élite rompus aux figures acrobatiques.
Toutefois, l’histoire du Tejas est désormais marquée par deux accidents en moins de deux ans. Le premier crash, survenu en mars 2024 lors d’un entraînement au Rajasthan, n’avait heureusement fait aucune victime. Cette récurrence pose des questions techniques sur la conception ou la maintenance de cet appareil monomoteur de génération 4.5. Les experts s’interrogent notamment sur la fiabilité des moteurs General Electric qui équipent l’appareil, ainsi que sur les systèmes de contrôle de vol et les procédures d’urgence.
Le programme Tejas a connu un développement long et complexe, s’étalant sur plusieurs décennies avant son entrée en service opérationnel en 2016. Les autorités indiennes ont investi massivement dans ce projet pour réduire leur dépendance aux fournisseurs étrangers, notamment russes, dans le domaine de l’aviation de combat. La commande de septembre 2025 portant sur 97 chasseurs Tejas Mk1A modernisés pour sept milliards de dollars témoigne de la confiance accordée par New Delhi à son industrie nationale. Mais le crash de vendredi pourrait ternir cette ambition et compliquer les efforts d’exportation vers des pays du Moyen-Orient, d’Asie du Sud-Est ou d’Afrique.
Les démonstrations aériennes lors des salons internationaux constituent un enjeu commercial majeur pour les constructeurs d’avions militaires. Elles permettent de mettre en valeur les capacités de manœuvrabilité, de puissance et de fiabilité des appareils devant des acheteurs potentiels. Le fait que le Tejas ait connu une défaillance fatale dans ces circonstances, devant un public international composé de professionnels du secteur, représente un revers considérable pour l’image du programme indien. Les concurrents, notamment les constructeurs chinois, russes, européens et américains, observeront avec attention les suites de cet accident qui pourrait redistribuer les cartes sur le marché très concurrentiel des chasseurs de quatrième génération.
Sources
- Anadolu Ajansı (21 novembre 2025)
- Sud Ouest (21 novembre 2025)
- Libération (21 novembre 2025)
- Euronews (21 novembre 2025)
- Boursorama/Reuters (21 novembre 2025)
- Actu.fr (21 novembre 2025)