Creuse : 25 maires agriculteurs bénéficient d’un nouveau dispositif de remplacement
Depuis le 1er janvier 2026, un crédit d'impôt national aide les élus-exploitants de communes rurales à faire tourner leur ferme pendant leurs obligations municipales.
En Creuse, 25 maires exercent aussi un métier d'agriculteur. Depuis le 1er janvier 2026, une extension nationale du crédit d'impôt remplacement leur permet de faire appel au Service de Remplacement Creuse pour gérer leur exploitation pendant leurs journées de mandat.
L’essentiel
- 25 maires agriculteurs en Creuse concernés par le nouveau dispositif d’aide au remplacement, selon ICI Creuse.
- Depuis le 1er janvier 2026 : extension nationale du crédit d’impôt remplacement (art. 200 undecies CGI) aux maires exploitants agricoles de communes de moins de 1 000 habitants, jusqu’à 12 jours par an à 50 %.
- Le Service de Remplacement Creuse (siège à Guéret) comptait 506 adhérents en 2024 et 151 salariés ; il est soutenu financièrement par le Département via convention.
- Emilie Bouchet, maire de Charron (195 hab.) depuis 2020, fait partie des 25 élus concernés ; elle gère un GAEC familial de 170 ha avec Franck Bouchet.
Une double casquette difficile à porter
Bottes le matin, écharpe tricolore l’après-midi. Pour une vingtaine de maires creusois, le quotidien oscille entre les contraintes d’une exploitation agricole et les obligations d’un mandat municipal. Conseils municipaux, permanences, réunions intercommunales : le temps passé hors de l’exploitation pèse sur l’organisation, et parfois sur l’économie familiale.
Emilie Bouchet, maire de Charron depuis 2020 - commune de 195 habitants dans le nord du département - incarne cette réalité. Agricultrice en GAEC familial avec Franck Bouchet sur 170 hectares, elle résume la situation selon ICI Creuse : « Mon meilleur ami, c’est mon agenda. » L’exploitation comprend notamment une activité apicole.
Ce que change la loi de finances 2026
La mesure est nationale. La loi de finances 2026 a élargi le crédit d’impôt remplacement agricole (article 200 undecies du Code général des impôts) aux maires exploitants de communes de moins de 1 000 habitants. Jusqu’à 12 jours de remplacement par an sont pris en charge à hauteur de 50 %, pour les absences directement liées au mandat.
Conditions : l’exploitant doit être présent quotidiennement sur son exploitation en temps normal, et le remplacement ne doit pas être pris en charge par ailleurs. L’avantage fiscal s’applique sur les revenus 2026, précise Cerfrance Gascogne-Occitane. Avant cette extension, le crédit d’impôt existait déjà pour d’autres motifs d’absence (maladie, maternité, formation), mais pas pour le mandat électif.
Le Service de Remplacement Creuse, relais opérationnel
Sur le terrain, c’est le Service de Remplacement Creuse qui fournit les agents qualifiés. Basé à la Maison de l’Agriculture de Guéret, cet organisme propose des remplaçants aux agriculteurs adhérents depuis au moins les années 2000. En 2024, il comptait 506 adhérents, dont 395 ayant effectivement eu recours au service, et employait 151 salariés, selon Réussir Agriculture Massif central.
Le Département de la Creuse soutient la structure via une convention annuelle. La convention 2026 vise à réduire le coût du remplacement pour les adhérents et à développer l’emploi non précaire dans le secteur, selon les documents publiés sur creuse.fr. Le service est joignable au 05 55 41 71 33 (creuse@servicederemplacement.fr).
Contexte dans la Creuse
La Creuse compte 255 communes. Environ 75 % d’entre elles ont moins de 1 000 habitants, selon les données INSEE et Wikipedia. Le département figure parmi les plus ruraux de France métropolitaine, avec une densité de population très faible et une économie encore largement adossée à l’élevage bovin.
Dans ce contexte, la disponibilité des élus locaux est une question structurelle. D’autres initiatives départementales cherchent à mieux accompagner les maires ruraux dans l’exercice de leur mandat - en Morbihan par exemple, la gendarmerie organise des rencontres avec les élus pour présenter ses services. En Creuse, les maires de la préfecture Guéret font aussi face à des dossiers sociaux complexes qui mobilisent les élus locaux.
La proportion d’agriculteurs parmi les élus creusois reste difficile à chiffrer précisément à l’échelle nationale, mais le chiffre de 25 maires-agriculteurs sur 255 communes représente environ 10 % des maires du département, selon ICI Creuse. Les élections municipales partielles dans des communes rurales similaires de l’Allier illustrent la fragilité du tissu électif en zone rurale.
Un dispositif conditionné, à suivre dans la durée
Le crédit d’impôt ne couvre pas l’intégralité du coût. À 50 % sur 12 jours maximum, il représente un coup de pouce partiel. Les modalités exactes de calcul dépendent du tarif journalier du remplaçant et des charges de l’exploitation. Le Journal du Gers, qui couvre une problématique identique dans le Gers, note que le dispositif vise à lever un frein réel à l’engagement électif en milieu rural.
Le bilan chiffré de l’utilisation du crédit d’impôt par les 25 maires creusois concernés ne sera connu qu’après la déclaration des revenus 2026, au printemps 2027.
Sources
- ICI Creuse (France Bleu) : Ils cumulent les bottes d'agriculteur et l'écharpe de maire : un service de remplacement agricole pour aider les élus
- ICI Creuse (France Bleu) : Mon meilleur ami c'est mon agenda : Emilie Bouchet est l'une des 25 maires et agricultrices de Creuse
- Cerfrance Gascogne-Occitane : Loi de finances 2026 : ce qui change pour les exploitants agricoles
- Réussir Agriculture Massif central : Le Service de Remplacement Creuse, toujours au rendez-vous du monde agricole
