Creuse : le GDS alerte sur les moustiques vecteurs de maladies dans les élevages
Un protocole national de piégeage des culicoïdes, initié par le GDS Creuse, surveille les insectes vecteurs de FCO et MHE dans une vingtaine de départements.
Avec la chaleur, les insectes piqueurs prolifèrent et menacent les troupeaux creusois. Le GDS Creuse a lancé début janvier 2026 un réseau national de surveillance des culicoïdes, vecteurs de maladies comme la fièvre catarrhale ovine (FCO) et la maladie hémorragique épizootique (MHE). Le département, avec près de 400 700 bovins, est particulièrement exposé.
L’essentiel
- Protocole lancé en janvier 2026 : le GDS Creuse a initié un réseau national de piégeage des culicoïdes, déployé dans une vingtaine de départements dès début janvier 2026.
- 21 sites de piégeage : analyses réalisées toutes les deux semaines par le CIRAD et GDS France, dont un site en Creuse.
- 400 700 bovins en Creuse : dont 161 180 vaches allaitantes, faisant de l’élevage le premier pilier économique du département.
- FCO et MHE : deux maladies vectorielles ayant marqué les troupeaux ces dernières années, transmises principalement par les culicoïdes.
- Mai 2026 : le GDS Creuse a actualisé ses protocoles de lutte intégrée contre les diptères (larvicides, pièges, insectifuges).
La chaleur, accélérateur de prolifération
Le GDS Creuse a mis sous surveillance rapprochée un effet indirect des fortes chaleurs : la multiplication des insectes piqueurs dans les élevages. Parmi eux, les culicoïdes - de minuscules moucherons - sont les principaux vecteurs de la fièvre catarrhale ovine (FCO) et de la maladie hémorragique épizootique (MHE) chez les bovins et ovins.
Selon La Montagne Creuse du 2 juin 2026, cet effet indirect de la chaleur figure désormais parmi les priorités sanitaires du GDS Creuse. La recrudescence observée en 2025 de ces épizooties a renforcé la vigilance des éleveurs et des vétérinaires conseil du département.
Un protocole national piloté depuis la Creuse
Le GDS Creuse a pris l’initiative de relancer, début janvier 2026, un réseau national de piégeage des culicoïdes en partenariat avec GDS France et le CIRAD. Le dispositif couvre 21 sites répartis dans une vingtaine de départements, dont un en Creuse. Les échantillons collectés font l’objet d’analyses toutes les deux semaines.
Le Dr Boris Boubet, vétérinaire conseil du GDS Creuse, est l’un des acteurs réguliers de cette surveillance. Il publie depuis plusieurs années des points de situation sur les maladies vectorielles - FCO, MHE, dermatose nodulaire contagieuse (DNC) - et coordonne la communication à destination des éleveurs du département, selon le site officiel gdscreuse.fr.
Le protocole s’inscrit dans un contexte épidémiologique tendu. La FCO est classée maladie de catégorie C au sens européen. La MHE fait l’objet d’une surveillance renforcée depuis son émergence en France métropolitaine ces dernières années, rappelle GDS France.
Lutte intégrée : larvicides, pièges et miniguêpes
En parallèle de la surveillance entomologique, le GDS Creuse et Farago Creuse accompagnent les éleveurs dans la mise en place de protocoles de lutte intégrée contre les diptères. Les recommandations actualisées en mai 2026 sur gdscreuse.fr détaillent plusieurs niveaux d’intervention :
- Larvicides mensuels, identifiés comme prioritaires dans les bâtiments d’élevage ;
- Lutte biologique par lâchers de miniguêpes parasitaires ;
- Pièges et adulticides ;
- Insectifuges pour les animaux.
Ces mesures visent à réduire la pression des mouches et moucherons sans attendre l’explosion des populations en plein été, période à risque maximum pour la transmission des pathogènes.
Contexte dans la Creuse
La Creuse compte environ 400 700 têtes de bovins, dont 161 180 vaches allaitantes et 5 885 vaches laitières, selon les données des Chambres d’agriculture. Le cheptel bovin représente près de quatre fois la population humaine du département. L’élevage constitue le socle de l’économie agricole locale.
Cette densité animale expose mécaniquement le territoire à un risque élevé de diffusion des maladies vectorielles : plus le cheptel est dense, plus une contamination par culicoïdes peut se propager rapidement d’un élevage à l’autre. L’élevage en Creuse est aussi un atout d’attractivité mis en avant par des acteurs économiques locaux, ce qui renforce l’enjeu sanitaire pour la filière.
Des points de situation FCO/MHE ont été régulièrement publiés par des GDS du Massif central, dont le GDS Creuse, en 2025, selon Réussir Agriculture. La recrudescence observée cette année-là a pesé sur plusieurs élevages de la région.
Un réseau de surveillance continue
Le réseau national de piégeage est prévu pour deux ans à compter de janvier 2026, selon GDS Poitou-Charentes, partenaire du dispositif. Les analyses bimensuelles permettent de suivre les dynamiques de population des culicoïdes en fonction des conditions climatiques - température, hygrométrie - qui conditionnent directement leur cycle de développement.
Aucune date d’échéance ou de bilan intermédiaire public n’a été communiquée à ce stade par le GDS Creuse. D’autres opérations de surveillance interdépartementale sont également en cours en Creuse cet été sur d’autres thématiques environnementales.
Les éleveurs souhaitant accéder aux recommandations actualisées peuvent consulter gdscreuse.fr ou contacter directement le GDS Creuse à Guéret. Les prochains résultats d’analyses du réseau de piégeage CIRAD/GDS France seront disponibles dans les prochaines semaines.
Sources
- La Montagne Creuse : FCO, MHE... Un protocole national initié par le GDS Creuse pour surveiller les insectes vecteurs de maladies du bétail
- GDS Creuse : Lutte contre les mouches en élevage
- GDS Poitou-Charentes : Réseau national de piégeage des culicoïdes
- Réussir Agriculture Massif Central : Point de situation DNC – FCO - MHE