Crise énergétique : le député RN Blairy réclame la TVA à 5,5% sur l’électricité

Le député RN du Pas-de-Calais Emmanuel Blairy appelle à baisser la TVA sur l'électricité et à rétablir un prix français de l'énergie, rejetant les chèques gouvernementaux.

Crise énergétique : le député RN Blairy réclame la TVA à 5,5% sur l'électricité
Illustration Thomas Vandamme / info.fr

Le 3 mai 2026, Emmanuel Blairy, député RN de la 1re circonscription du Pas-de-Calais, a pris la parole pour réclamer une baisse de la TVA sur l'électricité à 5,5% et le rétablissement d'un prix français de l'énergie. Il rejette les chèques énergie du gouvernement, qu'il juge impopulaires.

Le 3 mai 2026, Emmanuel Blairy, député RN de la 1re circonscription du Pas-de-Calais, a pris la parole pour réclamer une baisse de la TVA sur l’électricité à 5,5% et le rétablissement d’un prix français de l’énergie. Il rejette les chèques énergie du gouvernement, qu’il juge impopulaires.

L’essentiel

  • TVA à 5,5% : Le RN réclame l’application du taux réduit sur l’électricité, considérée comme produit de première nécessité.
  • +44% sur les coûts de référence : Depuis le 1er janvier 2026, la fin de l’ARENH a porté le coût de référence à 117,29 €/MWh contre 81,37 €/MWh en 2025.
  • 29 avril 2026 : Le groupe RN à l’Assemblée nationale a formalisé ses propositions de baisse de TVA sur les énergies.
  • Précédent en octobre 2025 : Le RN avait soutenu un amendement LFI pour encadrer les prix et rétablir la TVA à 5,5% sur les abonnements électriques.
  • 23 octobre 2026 : Date limite d’examen au Sénat de la proposition de loi n°768 pour un taux réduit de TVA sur l’énergie.

Un discours offensif contre la politique du chèque

Emmanuel Blairy, élu en 2024 dans la 1re circonscription du Pas-de-Calais, a prononcé ce discours dans un contexte de tension persistante sur les factures d’énergie. Sa cible principale : les chèques énergie versés par le gouvernement aux ménages les plus modestes. Selon le député, cette approche ne correspond pas aux attentes des Français.

La proposition centrale est claire : abaisser la TVA sur l’électricité de 20% à 5,5%, au même titre que les produits alimentaires de base. L’idée est portée par le RN depuis 2022, sans jamais avoir été adoptée en dehors d’amendements ponctuels.

Un prix français de l’électricité : sortir des règles européennes

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Au-delà de la TVA, Blairy demande le rétablissement d’un prix français de l’électricité, déconnecté des marchés européens. Selon le compte officiel du parti sur X, le RN réclame une sortie des règles européennes de tarification de l’énergie pour protéger les ménages. Cette position est cohérente avec la ligne du mouvement sur la souveraineté énergétique.

Le groupe RN à l’Assemblée avait formulé des propositions similaires dès le 29 avril 2026, quelques jours avant le discours de Blairy, dans le cadre de leur programme sur le pouvoir d’achat énergétique.

Un contexte tarifaire tendu depuis janvier 2026

La réforme de la tarification entrée en vigueur le 1er janvier 2026, avec la suppression de l’ARENH (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), a modifié les règles du jeu. Le coût de référence est passé à 117,29 €/MWh, contre 81,37 €/MWh en 2025, soit une hausse de 44%, selon les données publiées par les-energies-renouvelables.eu et corroborées par 20 Minutes.

Malgré une légère baisse moyenne de 0,83% TTC du tarif réglementé de vente (TRV) au 1er février 2026, proposée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) selon service-public.fr, la tension sur les marchés reste forte. Le gaz a progressé de 45% sur les marchés européens depuis février 2026, pesant sur l’ensemble des coûts de production.

Selon l’INSEE, l’inflation a rebondi à 1% sur un an en février 2026, en partie à cause d’un effet de base lié à la forte baisse des prix de l’électricité enregistrée en février 2025, comme le rapporte Le Figaro.

Contexte dans le Pas-de-Calais

Le Pas-de-Calais est l’un des départements français les plus touchés par la précarité énergétique. Son tissu industriel et son parc de logements anciens en font un territoire particulièrement exposé aux hausses de factures. Le RN y réalise régulièrement des scores élevés, notamment sur les thèmes du pouvoir d’achat et de la souveraineté nationale. Emmanuel Blairy, élu dans la circonscription qui couvre une partie de l’arrondissement de Calais, s’inscrit dans cette ligne depuis son élection en 2024, selon les données de l’Assemblée nationale.

La question énergétique reste centrale dans ce département où des collectivités ont multiplié les dispositifs d’aide locale pour pallier l’insuffisance perçue des mesures nationales. Les propositions de Blairy s’adressent directement à cet électorat. Dans un autre registre, LFI portait récemment une autre initiative parlementaire sur la cyberattaque ÉduConnect, illustrant l’activisme des oppositions à l’Assemblée sur des sujets à fort impact quotidien.

Un précédent en octobre 2025, une suite au Sénat

En octobre 2025, le RN avait soutenu un amendement déposé par La France insoumise en commission des Finances pour encadrer les prix de l’électricité et rétablir la TVA à 5,5% sur les abonnements. Cet épisode, rapporté par 20 Minutes, avait marqué une convergence tactique entre les deux partis d’opposition, sans déboucher sur une adoption définitive.

La fondation Jean Jaurès et Libération ont de leur côté analysé les effets attendus de la mesure, pointant son coût budgétaire et son caractère potentiellement favorable aux ménages aisés qui consomment davantage d’énergie. La mesure ne fait pas consensus, comme le note Le Figaro dans son analyse du programme RN en matière énergétique.

Une proposition de loi distincte (n°768) visant à instituer un taux réduit de TVA sur l’énergie est inscrite à l’agenda du Sénat, dans la niche communiste, au plus tard le 23 octobre 2026, selon le dossier législatif du Sénat. Son issue conditionnera en partie le rapport de force parlementaire sur ce dossier.

La proposition de loi sénatoriale et l’activisme du groupe RN à l’Assemblée convergent vers le même objectif. Le gouvernement n’a pas encore détaillé sa réponse formelle aux propositions formulées le 3 mai.

Sources

Thomas Vandamme

Thomas Vandamme

Thomas est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Pas-de-Calais (62), avec Arras pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port voyageurs Europe (Calais) et bassin minier UNESCO. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

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