Crissey : Ese France condamnée à 300 000 € après la mort d’un salarié en 2023
Le tribunal de Chalon-sur-Saône a prononcé vendredi 22 mai 2026 une amende de 300 000 € contre l'entreprise pour homicide involontaire.
L'usine Ese France de Crissey, fabricant de conteneurs plastiques pour déchets, a été condamnée le 22 mai 2026 par le tribunal de Chalon-sur-Saône à 300 000 € d'amende pour homicide involontaire. Un ouvrier de 42 ans était décédé écrasé par une presse industrielle le 1er octobre 2023. L'entreprise a reconnu les faits lors de l'audience.
L’essentiel
- Accident : le 1er octobre 2023 vers 21h30, un ouvrier de 42 ans décède écrasé par une presse industrielle dans l’usine Ese France à Crissey (71).
- Condamnation : le 22 mai 2026, le tribunal de Chalon-sur-Saône condamne Ese France à 300 000 € d’amende pour homicide involontaire.
- Reconnaissance des faits : l’entreprise a reconnu sa responsabilité lors de l’audience, en présence de son dirigeant actuel et de la mère de la victime.
- Entreprise : Ese France emploie entre 250 et 499 salariés sur un site de 6,5 hectares en zone Saônor à Crissey ; filiale du groupe américain Berry Global depuis 2019.
Une nuit d’octobre 2023 dans l’usine
Le 1er octobre 2023, vers 21h30, les secours sont appelés dans les locaux d’Ese France, 42 rue Paul Sabatier à Crissey. Un salarié de 42 ans vient d’être écrasé par une presse industrielle. Malgré l’intervention rapide du SDIS et du SMUR, l’ouvrier décède sur place. L’information est confirmée ce soir-là par Le Journal de Saône-et-Loire.
L’usine, spécialisée dans la fabrication de conteneurs roulants en plastique pour les déchets, tourne en continu sur plusieurs lignes de production. Le drame survient en pleine équipe de nuit.
L’enquête et la fermeture des lignes
Dans les jours suivants, les gendarmes ouvrent une enquête. Selon Le JSL, les deux lignes de production concernées sont temporairement fermées. Les salariés sont auditionnés. L’inspection du travail est également saisie, procédure habituelle dans les cas d’accident mortel en milieu industriel.
Le site de Crissey s’étend sur 6,5 hectares, dont deux hectares de bâtiments, dans la zone Saônor. L’entreprise produit des milliers de bacs par jour, selon les données publiées lors de la reprise du site en 2019.
Le jugement du 22 mai 2026 : 300 000 € pour homicide involontaire
L’audience s’est tenue au palais de justice de Chalon-sur-Saône. Le responsable actuel de l’entreprise était présent. La mère de la victime également. Ese France a reconnu les faits.
Le tribunal a prononcé une amende de 300 000 € pour homicide involontaire. C’est la qualification retenue pour les accidents du travail mortels imputables à une faute de l’employeur dans la mise en sécurité des postes de travail. Le jugement date du vendredi 22 mai 2026, selon Le Journal de Saône-et-Loire qui a rendu compte de l’audience.
Le détail des manquements retenus par le tribunal - défaut de protecteur, procédure de consignation absente ou insuffisante, formation inadaptée - n’a pas été rendu public dans les éléments disponibles à ce stade. Le jugement en intégralité n’est pas accessible.
La question d’un éventuel appel n’a pas été précisée publiquement par l’entreprise ou ses conseils. Pour les condamnations pénales en matière correctionnelle, le délai d’appel est de dix jours à compter du prononcé.
Contexte dans la Saône-et-Loire
Les accidents du travail mortels dans l’industrie restent une réalité en Saône-et-Loire, département à fort tissu manufacturier. Le bassin de Chalon-sur-Saône concentre plusieurs sites industriels de taille intermédiaire, dont Ese France fait partie.
L’entreprise a été fondée en 1981 (SIREN 321819112, RCS Chalon-sur-Saône). Elle est immatriculée sous le code NAF 2222Z (fabrication d’emballages en matières plastiques) avec un capital déclaré de 16,2 millions d’euros, selon les données de Pappers et de l’annuaire des entreprises du gouvernement. Elle emploie entre 250 et 499 salariés selon les dernières données disponibles (2023).
En 2019, le groupe américain Berry Global a repris le site. À l’époque, l’usine comptait environ 170 employés et produisait 4 000 à 5 000 bacs par jour, selon Le JSL. L’effectif a depuis augmenté de manière significative.
Le climat social n’était pas sans tension avant le drame. En juin 2022, une vingtaine de salariés avaient entamé un mouvement de grève devant l’entreprise, selon Le Journal de Saône-et-Loire. Les motifs précis de ce conflit n’ont pas été détaillés dans les sources disponibles.
À titre de comparaison, dans les affaires d’homicide involontaire en matière de sécurité, les peines d’amende pour les personnes morales peuvent atteindre cinq fois le maximum prévu pour les personnes physiques. Les 300 000 € prononcés ici représentent une amende dans la fourchette haute pour ce type de qualification.
Une mère face à la justice
La présence de la mère de la victime à l’audience du 22 mai 2026 est mentionnée par Le JSL. Elle illustre la dimension humaine de ce dossier : un fils de 42 ans, ouvrier d’une usine de la banlieue chalonnaise, mort au travail un soir d’automne. L’identité de la victime n’a pas été rendue publique dans les sources consultées.
La reconnaissance des faits par l’entreprise lors de l’audience a permis d’éviter une procédure longue. Elle ne préjuge pas d’éventuelles actions civiles complémentaires de la famille, qui peuvent être engagées séparément.
La prochaine étape judiciaire dépend d’un éventuel appel. Aucune information n’a été communiquée en ce sens à la date de publication de cet article.
Sources
- Le Journal de Saône-et-Loire : Accident mortel d'un salarié : l'entreprise condamnée à 300 000 euros d'amende
- Le Journal de Saône-et-Loire : Un ouvrier meurt écrasé par une machine industrielle
- Le Journal de Saône-et-Loire : Ouvrier décédé chez ESE : les salariés seront auditionnés
- Pappers : Fiche entreprise Ese France – SIREN 321819112