Crypto : Trump veut exonérer le Bitcoin de taxes, la SEC admet ses erreurs sur les ETF
L'ancien président américain propose d'exonérer le Bitcoin de plus-value s'il sert de moyen de paiement, tandis que le gendarme boursier reconnaît une gestion défaillante des ETF crypto.
Début juillet 2026, deux annonces rebattent les cartes de la régulation crypto aux États-Unis. Donald Trump prône la neutralité fiscale du Bitcoin pour les paiements quotidiens, pendant que la SEC admet avoir « mal géré » les ETF crypto et promet une réforme.
L’essentiel
- Trump propose une exonération fiscale : le Bitcoin utilisé comme moyen de paiement ne devrait pas être soumis à l’impôt sur les plus-values, selon une déclaration du candidat républicain sur CNBC début juillet 2026.
- Revenus crypto de Trump : sa déclaration financière annuelle, publiée le 1er juillet 2026, révèle 1,4 milliard de dollars de revenus liés aux cryptomonnaies (source CBS News).
- Mea culpa de la SEC : Brian Daly, directeur de la Division of Investment Management, a reconnu que le régulateur avait « mal géré » les ETF crypto, entraînant procès et défiance (source Bloomberg).
- Cadre réglementaire unifié en préparation : la SEC annonce une approche neutre pour traiter les 200 demandes d’ETF mensuelles et envisage un système de dépôt confidentiel.
- Bitcoin à 62 000 $ : le cours a testé ce seuil début juillet après des chiffres de l’emploi américain plus faibles que prévu (source CoinGecko).
Donald Trump veut faire du Bitcoin une monnaie comme une autre
Dans une interview diffusée début juillet 2026 sur CNBC, l’ancien président américain Donald Trump a provoqué une onde de choc dans l’écosystème crypto. Selon lui, le Bitcoin ne devrait pas être soumis à l’impôt sur les plus-values lorsqu’il est utilisé comme moyen de paiement au quotidien. « Si c’est de la monnaie, son utilisation pour acheter un café ou une voiture ne devrait pas déclencher d’obligation fiscale », a-t-il déclaré, reprenant une argumentation souvent avancée par les défenseurs de la cryptomonnaie.
Cette prise de position intervient dans un contexte très particulier. Le 2 juillet 2026, CBS News a révélé que la déclaration financière annuelle de Donald Trump faisait état de revenus crypto s’élevant à 1,4 milliard de dollars. L’ancien président a toutefois précisé sur CNBC qu’il ne gérait pas personnellement ces investissements, confiant la gestion à ses enfants et à des professionnels.
Si cette proposition venait à être adoptée, elle marquerait un tournant majeur. Actuellement, aux États-Unis, chaque transaction en Bitcoin est considérée comme un événement imposable, ce qui freine son adoption comme moyen de paiement. Trump propose de l’assimiler aux monnaies fiduciaires pour les usages quotidiens.
La SEC admet ses erreurs sur les ETF crypto
Parallèlement à cette déclaration politique, le régulateur américain des marchés financiers, la Securities and Exchange Commission (SEC), a fait son mea culpa. Brian Daly, directeur de la Division of Investment Management, a reconnu dans une interview accordée à Bloomberg que la SEC avait mal géré l’examen et l’approbation des ETF (fonds indiciels cotés) liés aux cryptomonnaies.
« Nous avons commis des erreurs par le passé », a admis Brian Daly. Ces erreurs ont notamment entraîné des procès et une érosion de la confiance du secteur. Pendant des années, la SEC a traité chaque demande d’ETF crypto au cas par cas, sans cadre cohérent. Cette approche avait abouti au rejet de nombreuses propositions avant d’être contrainte par la justice d’accepter les premiers ETF Bitcoin spot en janvier 2024.
Brian Daly a également dévoilé des chiffres frappants : en 2026, la SEC a enregistré environ 1 800 demandes d’ETF, soit une augmentation de 50 % par rapport à l’année précédente. Le régulateur doit désormais traiter quelque 200 dossiers par mois.
Vers un cadre réglementaire unifié et neutre
Pour répondre à cette affluence et regagner la confiance du marché, la SEC annonce un changement de méthode. Brian Daly a expliqué que le régulateur préparait un cadre réglementaire unifié pour aborder de manière « neutre » les futurs produits complexes, notamment les ETF crypto et les marchés de prédictions. L’objectif est de remplacer les réponses au cas par cas par des règles claires et prévisibles.
Parmi les pistes évoquées figure la mise en place d’un mécanisme de dépôt confidentiel des dossiers d’ETF. Ce système permettrait de protéger les innovations des émetteurs contre le plagiat par leurs concurrents, tout en donnant à la SEC le temps d’examiner les demandes en profondeur. Cette initiative a été saluée par la Bitcoin Foundation, qui y voit un signal de maturité réglementaire.
Ce virage arrive après des années de tensions entre la SEC et l’industrie crypto. Sous la présidence de Gary Gensler, le régulateur avait multiplié les actions en justice contre des plateformes comme Coinbase et Binance, tout en freinant l’approbation des ETF. Aujourd’hui, la SEC semble vouloir tourner la page.
Le Bitcoin testé les 62 000 dollars
Ces annonces ont coïncidé avec des mouvements significatifs sur le marché des cryptomonnaies. Début juillet 2026, le Bitcoin a testé la barre des 62 000 dollars, un seuil psychologique important. Selon CoinGecko, cette hausse a été alimentée par la publication de chiffres de l’emploi américain plus faibles que prévu, renforçant les attentes d’une baisse des taux de la Fed, mais aussi par les signaux positifs venus de Washington.
Les investisseurs semblent accueillir favorablement à la fois la proposition de Trump et le mea culpa de la SEC. Un cadre fiscal plus clair et une régulation plus prévisible pourraient lever des freins majeurs à l’adoption institutionnelle du Bitcoin.
Contexte aux États-Unis
Les États-Unis restent le premier marché mondial des cryptomonnaies, avec une capitalisation inférieure à 2 000 milliards de dollars. Le pays abrite les plus grandes plateformes d’échange, des fonds d’investissement majeurs et une population d’investisseurs particuliers très active. La régulation fédérale, cependant, est restée longtemps fragmentée entre la SEC (considérant la plupart des cryptos comme des valeurs mobilières) et la CFTC (qui classe le Bitcoin comme une marchandise).
Les déclarations de Trump et de la SEC interviennent dans un contexte électoral tendu. Le candidat républicain a fait de la défense des cryptomonnaies un thème de campagne, contrastant avec l’approche plus sévère de l’administration Biden. De son côté, la SEC tente de reprendre la main alors que le Congrès travaille sur plusieurs projets de loi visant à clarifier la régulation des actifs numériques.
L’augmentation de 50 % du nombre de demandes d’ETF montre l’appétit des acteurs financiers traditionnels pour ce secteur. Des géants comme BlackRock, Fidelity et Invesco ont déjà lancé des ETF Bitcoin et Ethereum, et demandent désormais des produits plus sophistiqués, notamment des ETF indiciels multi-crypto ou des ETF exposés à la DeFi.
Prochaine étape : la SEC doit finaliser son cadre réglementaire unifié dans les mois à venir, tandis que le débat fiscal autour du Bitcoin pourrait s’inviter dans la campagne présidentielle américaine.