« Dépassé » : Daniel Riolo enterre Bielsa après l’élimination de l’Uruguay
L’élimination sans victoire de la Celeste en Coupe du monde 2026 provoque une crise majeure. En France, l’éditorialiste de RMC juge le sélectionneur argentin « pas fait pour gagner ».
L’Uruguay de Marcelo Bielsa a quitté la Coupe du monde 2026 sans le moindre succès, laissant une équipe en crise et des cadres en révolte contre les méthodes de l’entraîneur. Sur RMC, Daniel Riolo a porté un verdict sévère « Aujourd’hui, il est dépassé. »
L’essentiel
- Fait 1 : L’Uruguay est éliminé au premier tour du Mondial 2026 après une défaite 1-0 contre l’Espagne, sans avoir gagné le moindre match.
- Fait 2 : Le sélectionneur Marcelo Bielsa a reconnu que son mandat de trois ans n’avait « rien laissé » au football uruguayen.
- Fait 3 : Des cadres comme Federico Valverde ont contesté la préparation physique jugée trop intense, tandis que le gardien Fernando Muslera a demandé à sortir après une erreur.
- Fait 4 : Sur RMC, l’éditorialiste Daniel Riolo a affirmé qu’on s’était « toujours trompé sur Bielsa », le qualifiant de « Maître Yoda dépassé ».
- Fait 5 : L’Association uruguayenne de football (AUF) a annulé le vol charter de retour, forçant les joueurs à prendre des vols commerciaux.
Une campagne sans victoire
La Coupe du monde 2026 restera comme un cauchemar pour l’Uruguay. La Celeste, double vainqueur du tournoi (1930, 1950), a quitté la compétition dès la phase de groupes, sans avoir remporté une seule rencontre. Après deux nuls poussifs contre l’Arabie saoudite (1-1) et le Cap-Vert (2-2), les hommes de Marcelo Bielsa se sont inclinés 1-0 face à l’Espagne, un match où la jeune star Lamine Yamal a fait la différence. Le gardien vétéran Fernando Muslera, 40 ans, a vécu une sortie cauchemardesque : remplacé à la mi-temps après avoir demandé à sortir à la suite d’une erreur décisive, selon beIN SPORTS.
Ce fiasco sportif s’accompagne d’une implosion collective rarement vue au sein d’une sélection sud-américaine. L’historique dépendance à Luis Suarez, absent de ce Mondial, a été cruellement mise en lumière.
La mutinerie des cadres
La tension couvait depuis plusieurs mois. Selon Football360, des cadres de l’équipe, dont Federico Valverde et Manuel Ugarte, ont ouvertement contesté l’intensité des entraînements imposés par Bielsa. Juste avant le match décisif contre l’Espagne, ils auraient demandé un changement de système, une requête restée sans suite. Valverde, interrogé après le nul contre le Cap-Vert, s’était dit « très déçu » - une litote traduisant un malaise profond.
En zone mixte, après l’élimination, Bielsa a eu un violent accrochage avec un traducteur, rapporté par le média espagnol Superdeporte. Le sélectionneur argentin, visiblement à cran, a même vu le vol charter de retour annulé par l’AUF, obligeant les joueurs à regagner Montevideo par des vols commerciaux - une humiliation supplémentaire rapportée par info.fr.
« Mon mandat n’a rien laissé » : l’autocritique de Bielsa
Devant les médias, Marcelo Bielsa a endossé l’échec avec une franchise rare. « Je n’ai rien laissé au football uruguayen », a-t-il déclaré, cité par Al Jazeera. Un constat amer pour celui qui était présenté, il y a trois ans, comme le messie capable de moderniser le jeu de la Celeste. Mais le style « Bielsa », fait de pressing intense et de préparation physique épuisante, semble avoir lassé un vestiaire habitué à une approche plus flexible.
Le technicien de 70 ans, surnommé « El Loco », reste une figure paradoxale. Inspirateur de Pep Guardiola et de Mauricio Pochettino, il n’a pourtant jamais remporté de titre majeur avec une sélection nationale. Son passage à l’Olympique de Marseille (2014-2015) avait déjà laissé un souvenir contrasté.
Daniel Riolo : « On s’est toujours trompé sur Bielsa »
En France, la polémique a trouvé un écho immédiat sur RMC. L’éditorialiste Daniel Riolo, connu pour ses analyses tranchées, a livré un verdict sans appel dans l’émission After Foot :
« On s’est toujours trompé sur Bielsa, a lancé Riolo. Ce n’est pas un entraîneur pour gagner. C’est un peu Maître Yoda. Il a inspiré énormément d’entraîneurs pendant des années. Mais oui, aujourd’hui il est dépassé. »
Un jugement sévère qui fait écho à une opinion qui gagne du terrain : celle d’un technicien plus adapté à la construction de projets qu’à la gestion du très haut niveau international, où le résultat prime sur le spectacle.
Contexte dans le football uruguayen
L’Uruguay, pays de 3,5 millions d’habitants, a toujours vécu au-dessus de sa masse démographique dans le football. Deux titres mondiaux, un palmarès record en Copa América (15 titres) et une culture footbalistique qui a produit des légendes comme Obdulio Varela, Enzo Francescoli, Diego Forlán et Luis Suárez. Mais la malédiction de 36 ans sans Suárez a frappé de plein fouet : ce Mondial 2026 marque la fin d’une époque. La génération Valverde, pourtant talentueuse, n’a pas su prendre le relais. L’échec de Bielsa interroge aussi sur la capacité de la fédération (AUF) à gérer les crises : l’annulation du vol charter a été perçue comme une sanction publique infligée aux joueurs, creusant un peu plus le fossé entre le staff et l’institution.
Pour la Celeste, le chemin du retour sera long. Les prochaines échéances - qualifications pour la Coupe du monde 2030, dont le centenaire sera coorganisé par l’Uruguay, l’Argentine et le Paraguay - promettent déjà des turbulences. La Fédération n’a pas encore communiqué sur l’avenir de Bielsa, mais son départ semble inéluctable. Prochaine étape : la réunion du conseil exécutif de l’AUF, prévue dans les prochains jours, qui devrait acter une nouvelle ère.