Davrey : les agriculteurs face au défi climatique, entre inquiétude et adaptation
Réunis le 10 avril, les exploitants aubois ont débattu des solutions concrètes pour maintenir une agriculture viable malgré des conditions dégradées.
À Davrey, dans l'Aube, une réunion d'agriculteurs s'est tenue le 10 avril 2026 autour des défis posés par le changement climatique. Les discussions ont porté sur l'adaptation des pratiques, dans un contexte économique et climatique tendu depuis plusieurs saisons.
Les sols de Davrey portent déjà les traces d’une histoire difficile. Les remembrements des années 1960-70 ont fragilisé les terres locales, selon un projet de restauration du paysage documenté par la Fédération de chasse de l’Aube. Aujourd’hui, c’est le réchauffement climatique qui aggrave la situation. Les agriculteurs présents le 10 avril ont cherché des réponses concrètes.
Une année 2025 qui laisse des traces
L’année 2025 a été rude pour la filière céréalière auboise. Précipitations records et déficit d’ensoleillement pouvant atteindre 30 % ont fait chuter les rendements de 20 % par rapport à la moyenne quinquennale, selon les données de la région Bourgogne-Franche-Comté. Sur le plan économique, les exploitations ont enregistré une baisse de 17 % de leur produit brut en 2024, avec un résultat moyen de 245 400 €. Parallèlement, 2025 s’est classée parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées, avec un réchauffement de 1,47 °C par rapport à l’ère préindustrielle, rappelait Le Monde en janvier 2026.
La Coordination Rurale a alerté, en février 2026, sur les contradictions des politiques agricoles actuelles :
Des pistes locales pour une agriculture résiliente
Quelques initiatives donnent un cadre aux débats. En décembre 2025, la Chambre d’agriculture de l’Aube organisait la semaine À l’Aube des sols à l’Université de technologie de Troyes, autour de la santé des sols face aux dérèglements climatiques. En mars 2026, une conférence sur les changements climatiques et la résilience des sols a exploré le rôle du biochar pour améliorer la rétention d’eau.
Autre signal positif : la filière sainfoin, cultivée sur environ 1 000 hectares par 80 exploitants dans l’Aube, est présentée comme une culture résiliente. Une bioraffinerie inaugurée en juin 2025 à Viâpres-le-Grand produit des alternatives naturelles aux pesticides à partir de cette plante, selon le Conseil départemental de l’Aube. Au Salon International de l’Agriculture 2026, 23 producteurs aubois ont mis en avant leurs pratiques durables.
Mais des voix scientifiques tempèrent l’optimisme. L’agronome Serge Zaka l’a posé clairement sur X :
À Davrey, la réunion du 10 avril n’a pas tranché. Elle a posé les questions que les exploitants portent depuis plusieurs saisons : comment adapter les cultures, sécuriser les revenus, et résister à des aléas qui s’intensifient ? Les réponses, elles, restent en construction.
Sources
- L'Est-Éclair : La colère monte chez les agriculteurs aubois
- Université de technologie de Troyes : À l'Aube des sols : une semaine pour apprendre, débattre et agir
- Le Monde : Réchauffement climatique : 2025 dans le trio des années les plus chaudes jamais enregistrées
- Conseil départemental de l'Aube : Filière sainfoin dans l'Aube