Décines-Charpieu : un mois après l’incendie rue Sully, 80 personnes à l’hôtel et manifestation devant LMH

Vingt-huit familles sinistrées attendent toujours un relogement durable, un mois après l'incendie criminel qui a fait trois morts le 11 mai.

Décines-Charpieu : un mois après l'incendie rue Sully, 80 personnes à l'hôtel et manifestation devant LMH
Illustration Margaux Bernard / info.fr

Le 11 mai 2026, un incendie criminel au 18 rue Sully à Décines-Charpieu a tué trois personnes et évacué une cinquantaine de locataires. Un mois après, 80 personnes vivent encore à l'hôtel. Le 3 juin, des dizaines de sinistrés ont manifesté devant le siège de leur bailleur social, Lyon Métropole Habitat.

L’essentiel

  • 11 mai 2026 : incendie criminel au 18 rue Sully (immeuble 7 étages, quartier du Prainet), 3 morts, 11 blessés, 50 à 55 occupants évacués.
  • 80 personnes : toujours hébergées en hôtels temporaires autour de Groupama Stadium et de la LDLC Arena, selon BFM Lyon et Valeurs Actuelles.
  • 28 familles : en attente d’une solution de relogement durable, selon Valeurs Actuelles au 3 juin 2026.
  • 3 jeunes mis en examen le 25 mai pour dégradation de bien immobilier par moyen dangereux ; piste règlement de compte lié au narcotrafic.
  • 3 juin 2026 : manifestation de plusieurs dizaines de sinistrés devant le siège de Lyon Métropole Habitat (LMH) au Carré de Soie.

Trois morts, un immeuble inaccessible

Vers 7h30 le 11 mai, les pompiers interviennent en masse au 18 rue Sully : 85 sapeurs-pompiers et 34 engins mobilisés, selon Le Progrès. L’immeuble de sept étages, géré par le bailleur social Lyon Métropole Habitat (LMH), est en feu. Trois personnes meurent : un homme de 28 ans qui se défenestre, un second homme du même âge, intoxiqué par les fumées, et une femme de 61 ans, carbonisée. Onze victimes supplémentaires sont blessées.

Depuis, l’accès au bâtiment reste interdit aux résidents. Des recherches d’amiante ont été évoquées par des témoins, selon Valeurs Actuelles, sans confirmation officielle à ce stade. Les quelque 50 à 55 occupants évacués ce matin-là n’ont pas pu récupérer leurs affaires.

Un mois à l’hôtel, sans issue visible

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BFM Lyon rappelait le 3 juin la situation des sinistrés :

Selon Valeurs Actuelles, ce sont précisément 28 familles - soit une trentaine de foyers, environ 80 personnes - qui attendent toujours une solution stable. Elles sont logées dans des hôtels situés à proximité du Groupama Stadium et de la LDLC Arena, à Décines et dans les communes voisines. Le journal Le Progrès rapportait fin mai que les sinistrés exprimaient une exaspération croissante : démarches d’assurance bloquées, papiers administratifs inaccessibles, biens personnels restés dans l’immeuble.

Manifestation devant Lyon Métropole Habitat

Le 3 juin, plusieurs dizaines de sinistrés se sont rassemblés devant le siège de LMH, au Carré de Soie, pour dénoncer les propositions de relogement jugées insuffisantes, selon Le Progrès. La ville de Décines-Charpieu, son CCAS et la Métropole de Lyon ont été mobilisés depuis le premier jour, mais le relogement durable achoppe. LMH, bailleur propriétaire de l’immeuble sinistré, n’a pas communiqué publiquement sur le calendrier prévu.

Ce type de blocage après sinistre majeur rappelle d’autres situations de crise du logement social dans la métropole lyonnaise. À Villeurbanne, une autre intervention lourde avait également mis en lumière les tensions dans les quartiers de l’agglomération.

L’enquête : trois mineurs et jeunes majeurs mis en examen

Le 25 mai 2026, le parquet a annoncé la mise en examen de trois individus âgés de 16,5, 17,5 et 18 ans. Les chefs retenus : dégradation de bien immobilier par moyen dangereux ayant entraîné des blessures de moins de huit jours sur au moins onze victimes, et association de malfaiteurs. L’enquête criminelle se poursuit. La piste privilégiée est celle d’un règlement de compte lié au narcotrafic, selon Le Progrès et Le Monde.

Le quartier du Prainet concentrait depuis fin avril 2026 une série d’incendies criminels et de tirs d’intimidation. Laurence Fautra, maire LR de Décines-Charpieu et 2e vice-présidente de la Métropole de Lyon, avait demandé avant le 11 mai une surveillance continue des entrées de bâtiments dans ce secteur, selon Le Progrès. La situation n’est pas sans écho avec d’autres villes où élus et préfets ont dû élaborer des plans d’urgence face à la violence liée aux trafics.

Contexte dans le Rhône

Décines-Charpieu compte 30 064 habitants au millésime 2023 (INSEE). La commune est intégrée à la Métropole de Lyon et borde l’est lyonnais, secteur en forte mutation urbaine autour des équipements sportifs majeurs. L’incendie du 11 mai s’inscrit dans une série de faits violents liés au narcotrafic qui touchent plusieurs communes de la première couronne.

Le 29 mai, Laurence Fautra a été reçue par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez pour demander un renforcement des moyens contre le narcotrafic dans sa commune, selon Lyon Mag et la Tribune de Lyon. Aucune annonce concrète n’a été rendue publique à la suite de cet entretien.

À l’échelle nationale, plusieurs affaires récentes illustrent la même problématique de l’insécurité dans les quartiers populaires : à Bobigny, l’IGPN a été saisie après un tir policier, tandis que en Gironde, une opération antidrogue a conduit à trois gardes à vue.

La suite du dossier

L’enquête criminelle sur l’incendie est toujours en cours. Les trois mis en examen n’ont pas encore été jugés. Du côté du relogement, aucune date n’a été communiquée par LMH ou la Métropole pour finaliser les 28 dossiers en attente. Une prochaine réunion entre les sinistrés et le bailleur n’a pas été annoncée publiquement à ce stade.

Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Margaux est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Rhône (69), avec Lyon pour chef-lieu. Spécialité du département : 2e métropole française et capitale gastronomique. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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