DAB attaqués à l’explosif : un réseau criminel démantelé dans le Sud-Ouest, 10 interpellations
L'opération menée fin juin par l'OCLDI et la SR de Pau, sous l'autorité de la JIRS de Bordeaux, a abouti à la mise en examen de huit suspects et à la saisie de neuf armes.
Un réseau itinérant spécialisé dans les attaques de distributeurs automatiques de billets par explosion au gaz a été démantelé. Dix personnes ont été interpellées à Pau et Bordeaux. Le préjudice total est estimé à 800 000 euros.
L’essentiel
- Fait 1 : Dix suspects interpellés le 23 juin 2026 à Pau et Bordeaux lors d’une opération de l’OCLDI et de la SR de Pau.
- Fait 2 : Préjudice total estimé à 800 000 euros, dont 200 000 euros en billets volés.
- Fait 3 : Neuf armes et deux gilets pare-balles saisis ; huit des dix interpellés mis en examen.
L’enquête, menée sous l’autorité de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux, a permis de démanteler un groupe criminel organisé qui ciblait les distributeurs automatiques de billets (DAB) dans le Sud-Ouest. L’opération, conduite le 23 juin 2026, a mobilisé les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) et la section de recherches (SR) de Pau.
Le démantèlement du réseau
Selon le communiqué officiel de la Gendarmerie nationale, les investigations ont débuté plusieurs mois avant l’intervention. Les enquêteurs ont identifié un groupe itinérant, structuré autour d’un artificier, qui utilisait une technique d’explosion au gaz pour forcer les DAB. Le réseau opérait principalement dans les départements des Pyrénées-Atlantiques, des Landes et de la Gironde.
Le 23 juin, une dizaine de suspects ont été interpellés simultanément à Pau et à Bordeaux. Parmi eux, sept hommes et trois femmes. Au terme de la garde à vue, huit ont été présentés à un juge d’instruction et mis en examen pour association de malfaiteurs, vols aggravés et destruction de biens par moyen dangereux. Deux autres ont été relâchés sans poursuite à ce stade.
Les saisies : armes et gilets pare-balles
Lors des perquisitions, les enquêteurs ont saisi un arsenal conséquent : neuf armes, dont des fusils et des pistolets, ainsi que deux gilets pare-balles. Les investigations ont également permis de retrouver une partie des billets volés, mais le montant exact récupéré n’a pas été précisé. L’organisation avait investi dans du matériel de protection et des moyens de locomotion, selon une source proche de l’enquête.
Le préjudice total, estimé par les assurances et les banques, s’élève à 800 000 euros. Ce montant inclut 200 000 euros de numéraire dérobé et 600 000 euros de dégâts matériels sur les distributeurs et les bâtiments touchés par les explosions.
Une technique au gaz maîtrisée
Le groupe était spécialisé dans les attaques de DAB par explosion de gaz. L’artificier du réseau injectait un mélange gazeux dans les fentes du distributeur avant de déclencher une mise à feu. La déflagration ouvrait le coffre, permettant aux malfaiteurs de dérober les cassettes de billets. Cette méthode, rapide et violente, nécessitait une préparation minutieuse et une connaissance des modèles de distributeurs.
Les cibles étaient choisies pour leur isolement géographique ou leur absence de système de dissuasion efficace. Le réseau a ainsi frappé dans des petites communes du Sud-Ouest, générant des préjudices élevés pour les collectivités locales, propriétaires des bâtiments hébergeant les DAB.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Les Pyrénées-Atlantiques, département de 690 000 habitants, connaissent une délinquance itinérante liée à la proximité de l’Espagne et à un réseau autoroutier dense. Les attaques de DAB à l’explosif, en recul national depuis 2022, ont connu une recrudescence localisée dans le Sud-Ouest en 2025-2026. Ce démantèlement constitue une opération majeure pour la SR de Pau, qui travaille en coordination avec l’OCLDI et les unités spécialisées de la gendarmerie.
Selon les données de l’Observatoire national de la délinquance, les Pyrénées-Atlantiques comptaient 18 attaques de DAB en 2025, soit 3 % du total national. Ce chiffre est en baisse par rapport à 2024 (22 attaques), mais le préjudice moyen par attaque a augmenté, passant de 35 000 à 50 000 euros. L’efficacité de l’enquête menée par la JIRS de Bordeaux devrait contribuer à tarir ce type de criminalité dans la région à court terme.
Prochaine étape : les huit mis en examen devront répondre de leurs actes devant la cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques, vraisemblablement en 2027. L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices ou receleurs.