Démission de Simeoni : réactions politiques et questions sur la stabilité en Corse

Le départ du président de l'exécutif corse vers la mairie de Bastia suscite de vives critiques sur la gouvernance de l'île.

Démission de Simeoni : réactions politiques et questions sur la stabilité en Corse
Illustration Francesca Santoni / info.fr

Gilles Simeoni a quitté la présidence du Conseil exécutif de Corse le 21 avril 2026, après son élection à la mairie de Bastia. Une démission inédite dans l'histoire de l'institution, qui entraîne la chute automatique de l'ensemble de l'exécutif. Elle ne passe pas sans remous dans la classe politique insulaire.

À 23h59 le 21 avril 2026, Gilles Simeoni a officiellement cessé ses fonctions de président du Conseil exécutif de Corse. En cause : son élection comme maire de Bastia le 28 mars dernier. Pour éviter le cumul de mandats, il a choisi de quitter la tête de l’institution régionale, invoquant selon Le Figaro des « raisons éthiques et politiques ». C’est une première dans l’histoire de l’exécutif corse : sa démission entraîne automatiquement celle des onze autres membres du collège.

Devant l’Assemblée de Corse, Simeoni a déclaré : « Je cesserai ce soir à 23h59 mes fonctions de président du conseil exécutif de Corse », selon France 3 Corse. Un discours ému, où il a reconnu limites et erreurs tout en défendant une décennie de leadership autonomiste, commencée en 2015 sous trois mandatures successives.

Un retour à Bastia qui divise

Pour beaucoup d’élus, ce « retour » à la mairie de Bastia - Simeoni en avait déjà été maire en 2014 avant de démissionner en 2016 pour prendre la tête de l’exécutif - symbolise une forme de valse institutionnelle. Paul Marchione, élu de l’Union des Patriotes, est direct sur X :

Jean-Martin Mondoloni, président du groupe « Un soffiu novu » à l’Assemblée, formule une critique de fond, selon France 3 Corse : Simeoni aurait surinvesti le dossier de l’autonomie au détriment des « affaires du quotidien ». Josepha Giacometti-Pireddu, conseillère affiliée Nazione, déplore pour sa part un « exercice du pouvoir trop consensuel » et l’absence de « rapports de force nécessaires ».

Nicolas Battini, président de Mossa Palatina, va plus loin. Sur X, il parle de « dernier acte d’une série de renoncements » et appelle à un rassemblement pour préparer l’alternance :

Une transition encadrée, une succession désignée

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L’intérim est assuré par Bianca Fazi, première femme à occuper ce rôle à la tête du Conseil exécutif, selon Corse Matin. La succession est déjà balisée : Gilles Giovannangeli, actuel président de l’Agence de développement économique de la Corse (ADEC), doit être élu lors d’une session de l’Assemblée le 4 mai 2026.

La chaîne Via Stella a diffusé les derniers mots du président sortant :

Le contexte institutionnel reste sous tension. Le projet d’autonomie corse, porté par Simeoni depuis plusieurs années, doit être examiné en juin 2026 au Parlement français, selon Corse Matin. La question de la continuité politique sur ce dossier central est posée. Les critiques sur la gouvernance s’accumulent, mais aucun acteur politique n’a jusqu’ici proposé de feuille de route alternative formalisée. Le débat sur la stabilité institutionnelle de l’île, lui, est ouvert - et risque de durer bien au-delà du 4 mai.

Sources

Francesca Santoni

Francesca Santoni

Installée à Bastia, elle couvre le port, les liaisons maritimes, les débats sur la langue corse à l'école et la criminalité organisée. Formée à Sciences Po Aix, elle a commencé en presse écrite avant de rejoindre la rédaction web. Ligne de conduite : recouper les faits divers avec les procédures judiciaires, interroger avocats et policiers, ne jamais publier sans vérification solide.

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