Dengue à Saint-Denis : la prévention s’intensifie dans les quartiers populaires

Face à 51 cas détectés depuis janvier, l'ARS La Réunion renforce la lutte antivectorielle dans les zones à risque de la préfecture.

Dengue à Saint-Denis : la prévention s'intensifie dans les quartiers populaires
Illustration Viviane Payet / info.fr

Le niveau 2 du plan ORSEC a été activé le 13 avril par le préfet de La Réunion. À Saint-Denis, les quartiers populaires sont au cœur d'une campagne de sensibilisation et de lutte contre les gîtes larvaires. Cinquante et un cas autochtones ont été confirmés depuis le début de l'année.

Depuis janvier 2026, 51 cas autochtones de dengue ont été recensés à La Réunion, selon Santé publique France. Les foyers les plus actifs se situent à Saint-Leu et Saint-Paul, mais Saint-Denis, et notamment ses quartiers populaires, reste dans le viseur des autorités sanitaires.

Le 13 avril, le préfet a décidé le retour au niveau 2 du dispositif ORSEC arboviroses, signe d’une circulation virale jugée modérée mais préoccupante. L’ARS La Réunion coordonne les interventions sur le terrain : repérage des gîtes larvaires, traitement des zones autour des cas confirmés, porte-à-porte dans les secteurs concernés.

Pas de vaccin dengue, mais une mobilisation collective

Contrairement à la campagne chikungunya de 2025, aucune vaccination spécifique contre la dengue n’est prévue à ce stade, selon l’ARS. La prévention repose sur la suppression des points d’eau stagnante et la sensibilisation des habitants. « La meilleure protection, c’est ensemble », rappelle l’ARS dans son communiqué, invitant chacun à « garder les bons réflexes ».

La campagne cible en priorité les populations vulnérables. Des actions de sensibilisation sont également prévues dans les écoles dès la rentrée 2026, selon l’ARS La Réunion.

Un contexte épidémique contrasté

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Le bilan des deux dernières années éclaire la situation. En 2024, 1 356 cas et 5 décès avaient été enregistrés à La Réunion, selon Zinfos974 et Santé publique France. Puis, en 2025, la dengue a quasiment disparu : seulement 25 cas confirmés sur l’année. Explication : l’épidémie massive de chikungunya - 54 550 cas et 43 décès - a largement mobilisé la surveillance sanitaire et modifié la circulation des arboviroses sur l’île.

Dès début février 2026, 10 cas autochtones avaient déjà été signalés dans l’Ouest et le Sud, selon le bulletin régional de Santé publique France du 13 février. La reprise, progressive, justifie le rehaussement du niveau ORSEC.

Prochaine étape : l’ARS La Réunion prévoit de poursuivre les interventions antivectorielles et d’intensifier la sensibilisation dans les établissements scolaires à la rentrée 2026.

Sources

Viviane Payet

Viviane Payet

Installée à Saint-Denis, elle couvre les tensions sur le logement, les débats sur l'immigration clandestine, le tourisme et les projets de la Nouvelle Route du Littoral. Diplômée de l'IJBA Bordeaux, elle a grandi à La Réunion. Méthode : interroger les élus, les associations, les riverains, vérifier les budgets du chantier avant de conclure.

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