Un détenu de 28 ans meurt dans l’incendie de sa cellule à la prison de la Santé

Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2026, un homme originaire des Comores, en détention provisoire depuis 2023, est décédé par inhalation de fumée. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Un détenu de 28 ans meurt dans l'incendie de sa cellule à la prison de la Santé
Illustration Alexandre Martin / info.fr

Un détenu de 28 ans est mort dans l'incendie de sa cellule à la prison de la Santé, dans le 14e arrondissement de Paris, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2026. Décédé par inhalation de fumée vers 3h40, il était seul en cellule. Le parquet de Paris a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort.

L’essentiel

  • Heure du drame : l’incendie s’est déclaré vers 2h30-3h du matin dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2026 à la prison de la Santé (Paris 14e).
  • Cause du décès : inhalations de fumée ; le détenu a été retrouvé en arrêt cardiaque, déclaré mort vers 3h40 après tentatives de réanimation infructueuses.
  • Profil du détenu : homme de 28 ans, originaire des Comores, en détention provisoire depuis octobre 2023 pour extorsion avec arme et enlèvement/séquestration.
  • Enquête : le parquet de Paris a ouvert une procédure en recherche des causes de la mort, confirmée par l’administration pénitentiaire.
  • Précédent : à l’été 2025, un détenu de 40 ans était déjà mort carbonisé dans sa cellule à la même prison après y avoir mis le feu.

Une patrouille donne l’alerte rue Jean-Dolent

C’est une patrouille de police circulant rue Jean-Dolent, à proximité immédiate de la prison de la Santé, qui a donné l’alerte en remarquant de la fumée s’échapper de l’établissement. Les pompiers de la caserne Port-Royal et les services pénitentiaires sont intervenus rapidement. Malgré les tentatives de réanimation, le détenu a été déclaré mort vers 3h40, selon Le Parisien.

Le feu aurait vraisemblablement pris au matelas, qui avait été déplacé contre le mur opposé au lit, toujours selon Le Parisien. La fenêtre de la cellule était ouverte : une circonstance qui, selon les premières constatations, aurait retardé le déclenchement des détecteurs de fumée.

Seul en cellule après des troubles avec des codétenus

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Le détenu, 28 ans, était originaire des Comores. Il se trouvait seul en cellule en raison de conflits antérieurs avec des codétenus, d’après les informations du Parisien.

Son dossier judiciaire était chargé. Placé en détention provisoire depuis octobre 2023, il était mis en cause pour extorsion avec arme et enlèvement/séquestration. Une audience était prévue début juillet devant le tribunal d’Évry - soit un peu plus d’un mois après sa mort. Par ailleurs, la cour d’appel de Douai l’avait condamné en décembre à six mois de prison pour refus d’obtempérer à une décision d’éloignement du territoire.

Son identité complète n’a pas été rendue publique à ce stade. La prise en charge psychologique des proches n’a pas été évoquée par les autorités dans les premières heures.

Le parquet de Paris ouvre une enquête

Le parquet de Paris a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort, procédure habituelle dans ce type de décès en détention. L’administration pénitentiaire a confirmé les faits. Les investigations doivent notamment établir si l’incendie est accidentel, volontaire ou résulte d’une autre cause.

La question du déclenchement tardif des détecteurs de fumée - en raison de la fenêtre ouverte - fera probablement partie des points examinés. Les résultats de l’enquête n’ont pas encore été communiqués.

Un précédent à la même prison en 2025

Ce décès n’est pas sans précédent à la prison de la Santé. À l’été 2025, un détenu de 40 ans, présentant des troubles psychiatriques et proche de sa date de libération, était mort carbonisé dans sa cellule après y avoir mis le feu, selon Le Parisien et actu.fr. Deux décès en moins d’un an dans le même établissement relancent les interrogations sur les conditions de surveillance nocturne.

La prison de la Santé, établissement historique du 14e arrondissement de Paris, accueille des détenus en maison d’arrêt, dont une large part en détention provisoire. Elle a fait l’objet de travaux de rénovation importants, rouvrant en 2019 après plusieurs années de fermeture partielle.

Contexte dans le Val-de-Marne

L’affaire est suivie de près dans le Val-de-Marne (94), le compte @actufr94 ayant relayé l’information dès le 1er juin. Le lien territorial tient au profil judiciaire du défunt : son audience pour extorsion avec arme et enlèvement/séquestration était programmée à Évry - juridiction qui couvre une partie de la grande couronne francilienne incluant des affaires instruites en lien avec le 94. Le préfet du Val-de-Marne n’a pas commenté l’affaire, qui relève du ressort judiciaire parisien.

Le département compte plusieurs établissements pénitentiaires en Île-de-France dans son voisinage immédiat. Les questions de surpopulation carcérale et de gestion des détenus à profils complexes concernent l’ensemble des maisons d’arrêt de la région.

À l’échelle nationale, selon l’Observatoire international des prisons (OIP), un détenu meurt en France en moyenne tous les deux à trois jours. En 2022, on comptait 125 suicides en détention, un taux six fois supérieur à celui de la population générale. Le décès de la nuit du 31 mai au 1er juin entre dans la catégorie des causes à déterminer, l’enquête devant établir s’il s’agit d’un acte volontaire ou d’un accident.

Un dossier à suivre à Évry et à Paris

La mort violente en détention pose des questions procédurales : le procès prévu à Évry début juillet ne pourra évidemment plus se tenir. Les co-mis en cause éventuels dans le dossier d’extorsion et d’enlèvement/séquestration pourraient voir la procédure affectée. L’administration pénitentiaire n’a pas précisé si une enquête interne complémentaire était envisagée sur les conditions de surveillance.

Le parquet de Paris devrait communiquer sur les premières conclusions de l’enquête en recherche des causes de la mort dans les prochaines semaines.

Sources

Alexandre Martin

Alexandre Martin

Alexandre est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Val-de-Marne (94), avec Créteil pour chef-lieu. Spécialité du département : MIN Rungis (1er marche alimentaire mondial) et bois de Vincennes. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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