Deux-Sèvres : 300 tonnes de volailles décimées par la canicule
La préfecture confirme plus de 300 tonnes de carcasses accumulées dans les élevages. L'enfouissement d'urgence est autorisé à hauteur de 150 tonnes par jour.
La canicule historique de juin 2026 a provoqué une hécatombe dans la filière avicole des Deux-Sèvres. Plus de 300 tonnes de volailles mortes se sont accumulées, saturant la filière d'équarrissage. La préfecture a autorisé l'enfouissement d'urgence sur les exploitations.
L’essentiel
- 300 tonnes : plus de 300 tonnes de carcasses de volailles accumulées dans les élevages des Deux-Sèvres, selon la préfecture.
- 150 t/jour : autorisation exceptionnelle d’enfouissement jusqu’à 150 tonnes par jour sur le site Suez d’Amailloux.
- 6 600 tonnes : au niveau national, les pertes atteignent 6 600 tonnes de volailles ; la Confédération paysanne demande l’état de calamité agricole.
- Juillet 2026 : la crise a suivi la canicule de juin, avec une surmortalité massive signalée autour de Niort et Parthenay.
La préfecture des Deux-Sèvres a fait état, fin juin 2026, de plus de 300 tonnes de carcasses de volailles accumulées dans les exploitations du département. La canicule historique qui a frappé la France pendant la première quinzaine de juin a causé une surmortalité massive dans les élevages avicoles, saturant les filières d’équarrissage habituelles.
Selon un communiqué officiel de la préfecture, consulté le 1er juillet, « la filière d’équarrissage s’est retrouvée saturée face à l’ampleur de la mortalité aviaire ». Les services vétérinaires ont dû coordonner une gestion de crise impliquant les collectivités et les opérateurs spécialisés.
Mesures d’urgence : enfouissement exceptionnel
Face à l’incapacité des équarrisseurs à traiter un tel volume, le préfet a pris un arrêté exceptionnel. La société Suez a été autorisée à enfouir d’urgence sur son site d’Amailloux jusqu’à 150 tonnes de cadavres d’animaux par jour. Cette dérogation, valable pour une durée limitée, vise à éviter tout risque sanitaire lié à l’accumulation de carcasses.
« Sans cette mesure, les élevages auraient été submergés, entraînant des nuisances olfactives et des risques de contamination », explique un porte-parole de la préfecture, cité par France 3 Nouvelle-Aquitaine. L’enfouissement est réalisé selon des protocoles stricts, sous contrôle des services vétérinaires.
Le président du syndicat avicole départemental, interrogé par Ouest-France, a salué une décision « indispensable mais douloureuse » : « Cela ne remplace pas les pertes de nos confrères. Certains éleveurs ont perdu la moitié de leurs effectifs. »
Conséquences économiques : des pertes massives
Les conséquences économiques sont lourdes pour les producteurs du département, en particulier dans les secteurs de Niort et Parthenay.
Selon des données compilées par la Nouvelle République, plusieurs élevages ont vu leur cheptel réduit de 30 à 50 %. Le coût direct des volailles perdues s’ajoute aux frais d’enlèvement et d’enfouissement, que les exploitants doivent avancer en attendant d’éventuelles indemnisations.
Au niveau national, la Confédération paysanne a réclamé dès le 28 juin la reconnaissance de l’état de calamité agricole, évoquant plus de 6 600 tonnes de volailles mortes sur l’ensemble du territoire. Un chiffre qui dépasse les épisodes caniculaires de 2023 et 2024, selon le syndicat.
La préfecture n’a pas encore communiqué sur le montant total des pertes pour le département. Une cellule d’évaluation est en place avec la chambre d’agriculture.
Contexte dans les Deux-Sèvres
Les Deux-Sèvres sont un département clé de la filière avicole régionale, avec des centaines d’élevages de poulets de chair et de poules pondeuses. La canicule de juin 2026 a frappé en pleine période de forte chaleur, avec des températures dépassant les 40 °C dans plusieurs communes.
Les modèles d’élevage intensif, souvent en bâtiments fermés, se sont révélés particulièrement vulnérables. « Les systèmes de ventilation n’ont pas suffi à abaisser la température en dessous du seuil critique pour les volailles », explique un technicien de la chambre d’agriculture cité par Actu.fr.
Ce n’est pas la première alerte : un épisode de surmortalité avait déjà été observé durant l’été 2025. Mais l’ampleur est inédite, dépassant largement les capacités d’adaptation des filières.
Par ailleurs, le contexte climatique extrême n’épargne pas d’autres secteurs. À titre de comparaison, l’organisation du Tour de France 2026 a aussi dû muscler ses mesures anti-canicule, tandis que l’équipe de France de football s’inquiétait de la chaleur sur la pelouse du MetLife.
Prochaine étape : le suivi sanitaire et les indemnisations
La préfecture prévoit une réunion de crise la semaine prochaine avec les représentants de la filière et les assurances. L’objectif est de faire remonter les dossiers de pertes pour un éventuel fonds d’indemnisation exceptionnel. Les services vétérinaires poursuivent le contrôle des sites d’enfouissement pour prévenir tout impact environnemental.