Deux-Sèvres : 39 M€ pour stopper le déclin rural dans 43 communes

Le département déploie un plan d'investissement jusqu'en 2032, avec une première enveloppe de 16 M€ pour les communes « locomotives » des bassins de vie.

Deux-Sèvres : 39 M€ pour stopper le déclin rural dans 43 communes
Illustration Agnès Poirier / info.fr

Le conseil départemental des Deux-Sèvres a voté le 27 avril 2026 un plan de 39 millions d'euros pour contrer le déclin rural. Quarante-trois communes identifiées comme moteurs de leur bassin de vie bénéficieront en priorité de 16 millions d'euros.

Le conseil départemental des Deux-Sèvres a voté le 27 avril 2026 un plan d’investissement de 39 millions d’euros pour contrer les risques de déclin rural et éviter les fractures territoriales d’ici 2032. Quarante-trois communes, désignées comme « locomotives » de leur bassin de vie, seront les premières bénéficiaires avec une enveloppe initiale de 16 millions d’euros.

L’essentiel

  • 39 M€ : montant total du plan départemental anti-déclin rural, déployé jusqu’en 2032.
  • 16 M€ : première enveloppe fléchée vers 43 communes « locomotives » des petits bassins de vie.
  • 27 avril 2026 : date de présentation du plan en séance publique du conseil départemental.
  • 374 587 habitants : population des Deux-Sèvres en 2021, avec une croissance nulle entre 2015 et 2021 (INSEE).
  • 69 % : part de la population départementale vivant en zones rurales, selon la CAF des Deux-Sèvres.

Un plan structuré en deux temps

Le dispositif présenté par Estelle Gerbaud, vice-présidente en charge de l’attractivité et du développement local, repose sur une logique de priorisation. Les 43 communes « locomotives » - des bourgs qui structurent l’offre de services dans des bassins ruraux peu denses - concentrent dans un premier temps les 16 millions d’euros. Le reste de l’enveloppe, soit 23 millions d’euros, sera mobilisé sur la période restante jusqu’en 2032, selon La Nouvelle République.

Estelle Gerbaud a justifié cette approche lors de la séance : « Les habitants peuvent encore vivre près de leur lieu de travail, une spécificité qui constitue une force majeure. »

Des territoires fragilisés par le vieillissement et la fracture est-ouest

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Les Deux-Sèvres affichent une démographie quasi stagnante : 374 587 habitants en 2021, avec une croissance nulle entre 2015 et 2021, d’après l’INSEE. Le département figure parmi les plus ruraux de France - 69 % de sa population réside en zones rurales selon la CAF des Deux-Sèvres.

Le vieillissement de la population et la difficulté à attirer des jeunes actifs pèsent sur plusieurs cantons. La fracture entre l’est et l’ouest du département s’accentue : les zones les plus éloignées de Niort et de Bressuire peinent à maintenir des commerces, des médecins et des services de proximité. Ce décrochage est comparable à celui que connaissent d’autres territoires ruraux en France, comme Issoudun, où les élus dénoncent un désert médical grandissant.

Contexte dans les Deux-Sèvres

Ce plan de 39 millions d’euros ne part pas de zéro. En juin 2023, le département avait déjà mobilisé près de 6 millions d’euros pour des projets portés par des communes rurales, dont 11 dossiers dans l’arrondissement de Niort, selon Ouest-France. Quelques mois plus tard, 637 000 euros supplémentaires avaient financé 14 projets communaux via un appel à projets ciblé, rapporte Actu.fr.

Ces précédents s’inscrivent dans la politique départementale « Territoires en action », dotée de 45 millions d’euros sur la période 2022-2028. Le budget 2026, qualifié de « niveau historique d’investissement » par le Département des Deux-Sèvres sur son site officiel, prévoit également une hausse de 2 millions d’euros consacrés aux routes par rapport à 2025. Le plan anti-déclin rural vient renforcer ce cadre budgétaire global, en s’appuyant sur une logique d’investissement ciblé similaire à d’autres collectivités qui misent sur des équipements structurants pour ancrer des populations.

La liste des 43 communes, pas encore publiée

À ce stade, le Département n’a pas diffusé publiquement la liste précise des 43 communes retenues. Les critères de sélection - niveau de services, dynamisme commercial, rôle de centralité dans un bassin de vie - n’ont pas été détaillés dans les documents disponibles. La Nouvelle République, qui a couvert la séance du 27 avril, ne mentionne pas non plus de liste nominative.

Le choix de ces communes « locomotives » sera déterminant pour la répartition concrète des 16 premiers millions. Des communes comme Melle, Parthenay ou Saint-Maixent-l’École, qui jouent historiquement ce rôle de centralité rurale, pourraient figurer parmi les bénéficiaires - mais aucune source disponible ne le confirme à ce jour.

Un enjeu de cohésion territoriale

Le plan traduit une inquiétude réelle du conseil départemental face à un risque de désertification accélérée. Sans investissement structurant, certains bourgs ruraux des Deux-Sèvres pourraient perdre leurs derniers commerces et équipements dans les dix prochaines années. La stratégie de soutien aux « locomotives » vise à maintenir des pôles de proximité capables de rayonner sur les villages alentour.

Le modèle économique reste à construire : l’argent public peut financer des équipements, mais n’attire pas mécaniquement des entreprises ou des actifs. La question de l’articulation avec les intercommunalités et les dispositifs nationaux de revitalisation (PVD, Action Cœur de Ville) n’a pas été précisée lors de la présentation du 27 avril.

Le détail des communes sélectionnées et les modalités d’attribution des fonds devraient être précisés dans les semaines à venir par le Département.

Sources

Agnès Poirier

Agnès Poirier

Agnès est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Deux-Sèvres (79), avec Niort pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale française des mutuelles d'assurance et Marais poitevin. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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