Deux-Sèvres : l’opposition claque la porte de la mission sur la protection de l’enfance

Deux élus du groupe de gauche ont quitté la MIE le 11 juin 2026, dénonçant une rétention d'informations du Département sur l'affaire Tandem 79.

Deux-Sèvres : l'opposition claque la porte de la mission sur la protection de l'enfance
Illustration Agnès Poirier / info.fr

Catherine Pelaud et Bernard Pénicaud ont claqué la porte de la Mission d'Information et d'Évaluation sur la protection de l'enfance le 11 juin 2026. Ils accusent le Département des Deux-Sèvres de leur dissimuler des documents clés. La majorité rejette ces accusations et maintient son calendrier rapport attendu en septembre 2026.

L’essentiel

  • 11 juin 2026 : Catherine Pelaud et Bernard Pénicaud (Groupe de gauche écologiste et citoyen) se retirent de la MIE sur la protection de l’enfance lors d’une session du conseil départemental.
  • Créée en février 2026 à la demande de l’opposition (fin 2025), la MIE doit rendre son rapport en septembre 2026.
  • Documents refusés : l’opposition dit n’avoir pas eu accès à l’audit de la Maison départementale de l’enfance ni aux conclusions de l’administrateur judiciaire de Tandem 79.
  • 8 élus sur 34 : le Groupe de gauche écologiste et citoyen représente l’opposition au conseil départemental, selon Wikipédia.
  • Audit MDE : mené de novembre 2025 à février 2026, il a mis en lumière des « défaillances » et « archaïsmes », selon Ouest-France.

Une sortie fracassante le 11 juin

Lors d’une session du conseil départemental des Deux-Sèvres, Catherine Pelaud (EÉLV) et Bernard Pénicaud (DVG), membres du Groupe de gauche écologiste et citoyen, ont officiellement quitté la Mission d’Information et d’Évaluation (MIE) consacrée à la protection de l’enfance. La date : le 11 juin 2026. Le motif affiché : un manque de transparence de l’exécutif départemental, présidé par Coralie Dénoues.

Les deux élus dénoncent ne pas avoir obtenu l’accès à deux documents qu’ils estiment indispensables à leurs travaux. D’abord, l’audit interne commandé sur le fonctionnement de la Maison départementale de l’enfance (MDE), établissement chargé de l’accueil d’urgence des mineurs en danger. Ensuite, les conclusions de l’administrateur judiciaire des structures autrefois gérées par Tandem 79, selon les médias ICI et La Nouvelle République.

« On nous noie dans les chiffres »

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Bernard Pénicaud résume la position de l’opposition en des termes directs. « On nous noie aussi dans beaucoup de chiffres, mais il n’est jamais question d’évaluation des besoins des enfants et des salariés », a-t-il déclaré, cité par ICI (Radio France).

Pour les élus sortants, le problème n’est pas quantitatif mais qualitatif : les données transmises ne permettent pas, selon eux, d’évaluer la réalité du terrain pour les enfants pris en charge et les professionnels de l’aide sociale à l’enfance (ASE). En conséquence, ils annoncent conduire leur propre mission parallèle, en dehors du cadre institutionnel de la MIE, et promettent de la mener « en toute transparence ».

La majorité défend sa méthode

Béatrice Largeau, 9e vice-présidente du Département en charge des Solidarités, de la Cohésion sociale et de la Protection de l’enfance, préside également la MIE. Elle conteste point par point les accusations. « Nous n’avons jamais manqué de transparence », a-t-elle répondu, selon ICI et La Nouvelle République. Elle précise que l’audit de la MDE a d’abord été remis aux agents concernés, avant d’être communiqué aux élus de la mission - un ordre qu’elle justifie sans que les sources consultées n’en détaillent davantage la logique.

Des extraits de cet audit avaient été présentés lors d’une réunion interne le 1er juin 2026, deux semaines avant le retrait de l’opposition, selon Ouest-France. Le document, mené de novembre 2025 à février 2026, pointe des « défaillances » et des « archaïsmes » dans le fonctionnement de la MDE.

L’ombre de Tandem 79

Ce conflit politique s’inscrit dans un contexte plus large de crise de l’ASE dans le département. L’affaire Tandem 79 - du nom de la société privée Tandem Educadis dont un salarié a été impliqué dans un scandale de proxénétisme - a conduit le Département à reprendre en régie les structures concernées en 2025-2026, selon ICI et Ouest-France.

C’est précisément sur ce dossier que l’opposition réclame les conclusions de l’administrateur judiciaire, jusqu’ici non communiquées aux membres de la MIE. Cette zone d’ombre alimente le soupçon d’une gestion opaque, que la majorité refuse de reconnaître. Les tensions autour de la politique locale deux-sévrienne s’étendent ainsi bien au-delà du seul champ de l’enfance.

Contexte dans les Deux-Sèvres

La protection de l’enfance est une compétence obligatoire des départements. Dans les Deux-Sèvres, la MDE constitue le dispositif d’accueil d’urgence de référence pour les mineurs en danger. Un rapport de la Chambre régionale des comptes datant de 2020 avait déjà relevé des difficultés de gestion et des problèmes de capacité d’accueil au sein de l’établissement, selon le document publié par infomie.net.

Le conseil départemental compte 34 élus. Le Groupe de gauche écologiste et citoyen (PS, EÉLV, DVG) en rassemble 8, selon Wikipédia. C’est donc une minorité qui se retire, mais son départ prive la MIE d’une contradiction formelle au sein même de la mission. L’opposition annonce conduire ses propres auditions sans préciser, à ce stade, le calendrier ou les interlocuteurs qu’elle compte mobiliser.

La question de l’accès aux documents produits dans le cadre de procédures judiciaires - comme les rapports de l’administrateur judiciaire de Tandem 79 - soulève par ailleurs une question de droit : leur communication à des élus locaux dépend en principe de l’autorisation du juge compétent. Ni le Département ni l’opposition n’ont précisé ce point dans les sources disponibles.

Rapport attendu en septembre 2026

La MIE a été créée en février 2026, après une demande formulée par l’opposition fin 2025. Son rapport est attendu en septembre 2026. Le départ de deux de ses membres n’entraîne pas, en droit, la suspension de ses travaux. Béatrice Largeau n’a pas indiqué si elle envisageait de les associer à nouveau aux travaux de la mission d’ici là.

D’ici septembre, l’opposition mènera donc ses propres investigations en parallèle. Deux lectures distinctes d’une même réalité seront rendues publiques à quelques semaines d’intervalle, sur un sujet - la protection des enfants confiés à l’ASE - qui dépasse largement le débat partisan.

Agnès
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Sources

Agnès Poirier

Agnès Poirier

Agnès est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Deux-Sèvres (79), avec Niort pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale française des mutuelles d'assurance et Marais poitevin. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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