Dijon : 8 enquêteurs pour 1 650 dossiers mineurs, le syndicat Un1té 21 exige des renforts

La Brigade de protection de la famille de Dijon gère 242 dossiers d'infractions sexuelles sur mineurs avec seulement huit enquêteurs. Le syndicat Un1té 21 réclame des effectifs supplémentaires.

Dijon : 8 enquêteurs pour 1 650 dossiers mineurs, le syndicat Un1té 21 exige des renforts
Illustration Simon Perrot / info.fr

La Brigade de protection de la famille (BPF) de Dijon suit environ 1 650 dossiers concernant des mineurs, dont 242 à caractère sexuel. Avec huit enquêteurs, la charge dépasse souvent 200 affaires par agent. Le syndicat Un1té 21 exige des renforts immédiats, dans le sillage de l'affaire Lyhanna et d'une injonction ministérielle nationale.

L’essentiel

  • 1 650 dossiers : volume total de dossiers concernant des mineurs gérés par la BPF de Dijon, dont 242 infractions à caractère sexuel (15 % du total), selon France 3 et Le Bien Public.
  • 8 enquêteurs : effectif actuel de la brigade, soit potentiellement plus de 200 dossiers par agent, d’après ICI Radio France et Le Bien Public.
  • 1 700+ procédures : dossiers de viols et agressions sexuelles en cours sur le ressort de la cour d’appel de Dijon au 1er janvier 2026, confirmés par le procureur général Philippe Astruc.
  • 14 juillet 2026 : échéance fixée par le ministre de la Justice Gérald Darmanin pour réexaminer quelque 70 000 dossiers de violences sexuelles sur mineurs à l’échelle nationale.
  • Novembre 2025 : les policiers de la brigade estimaient déjà qu’il faudrait doubler les effectifs à 16 pour absorber la charge de travail, selon ICI Radio France.

Une brigade sous pression extrême

La Brigade de protection de la famille (BPF) de Dijon - anciennement brigade des mineurs - concentre à elle seule l’essentiel des dossiers judiciaires impliquant des enfants en Côte-d’Or. Selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté et Le Bien Public, elle suit actuellement environ 1 650 dossiers de mineurs, dont 242 infractions à caractère sexuel, soit près de 15 % du total.

Face à ce volume, la brigade ne compte que huit enquêteurs. La charge arithmétique dépasse les 200 dossiers par agent. Les procédures sont longues : auditions de victimes, examens médico-légaux, expertises psychologiques, coordination avec le parquet. Chaque affaire mobilise du temps et une disponibilité mentale que les effectifs actuels peinent à garantir.

Le syndicat Un1té 21 monte au créneau

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Le syndicat Un1té 21, qui représente des policiers de Côte-d’Or, ne mâche pas ses mots. Florian Salles, secrétaire adjoint, et Damien Lentini, secrétaire, ont tous deux pris la parole publiquement pour dénoncer une situation qu’ils jugent intenable. Selon Le Bien Public, le syndicat s’insurge : « Des discours et des promesses, il y en a assez. »

La brigade a bien reçu « quelques renforts » récents, reconnaît le syndicat. Mais ceux-ci restent insuffisants. Le syndicat réclame « un apport conséquent » en effectifs, des moyens adaptés et une prise en charge digne des victimes. Un appel direct, sans ambiguïté, adressé à la hiérarchie policière et au ministère.

L’affaire Lyhanna comme révélateur

Ces alertes interviennent dans un contexte particulier. Début juin 2026, l’affaire Lyhanna - du nom d’une jeune fille dont le corps a été retrouvé en Côte-d’Or - a mis en lumière les lacunes du suivi judiciaire des mineurs en danger. La Brigade de protection de la famille est au cœur de la polémique sur la gestion de dossiers préexistants.

À l’échelle nationale, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a fixé une échéance : le 14 juillet 2026 pour réexaminer l’ensemble des quelque 70 000 dossiers de violences sexuelles sur mineurs en attente en France. Une injonction qui se traduit concrètement, à Dijon, par une pression supplémentaire sur une brigade déjà saturée, selon ICI Radio France.

Le procureur général appelle à « interroger le système »

Le procureur général de Dijon, Philippe Astruc, a confirmé qu’une révision des dossiers de viols et agressions sexuelles était en cours sur le ressort de la cour d’appel. Au 1er janvier 2026, plus de 1 700 procédures de ce type étaient actives, dont une part significative concernant des mineurs. Il a appelé, selon ICI Radio France, à « interroger le système, notre organisation et nos priorisations ».

Cette déclaration dépasse le strict cadre opérationnel. Elle pointe des choix structurels : comment les ressources judiciaires et policières sont allouées, quelles affaires sont traitées en priorité, et ce que cela implique pour les victimes qui attendent.

Contexte dans la Côte-d’Or

La Côte-d’Or (21) compte environ 540 000 habitants, avec Dijon comme préfecture et principale ville. La Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN 21) concentre l’essentiel des effectifs judiciaires du département. Selon Le Bien Public, la brigade d’atteintes aux personnes de la DIPN 21 suit en parallèle plus de 2 300 dossiers en cours, dont 630 violences conjugales (27 %). La BPF n’est donc qu’un maillon d’un dispositif global sous tension.

La situation n’est pas nouvelle. En novembre 2025, selon ICI Radio France, la brigade comptait déjà 8 enquêteurs et environ 1 300 dossiers en attente, le plus ancien remontant à 2018. Les policiers eux-mêmes estimaient alors qu’il faudrait doubler les effectifs à 16 pour traiter les affaires dans un délai raisonnable. Huit mois plus tard, le nombre de dossiers a augmenté de 350 unités supplémentaires, selon les données croisées de France 3 et du Bien Public.

Ce type de tension n’est pas propre à Dijon. D’autres territoires font face à des problématiques similaires de coordination entre forces de l’ordre et autorités locales, comme la récente réunion partenariale de Mamoudzou sur la sécurité, ou encore les initiatives de renforcement de la participation citoyenne dans la gendarmerie à Villers-en-Cauchies. Ces démarches locales ne compensent pas un manque structurel d’effectifs spécialisés.

Des dossiers qui s’accumulent depuis des années

Le dossier le plus ancien en attente à la BPF de Dijon remontait à 2018, selon ICI Radio France en novembre 2025. Sept ans d’attente pour une affaire impliquant un mineur. Ce seul chiffre résume la réalité d’une brigade qui classe, priorise, et parfois reporte faute de capacité à instruire.

Le syndicat Un1té 21 pointe aussi la charge mentale des enquêteurs, exposés quotidiennement à des affaires de maltraitance, d’abus sexuels et de violences graves sur enfants. Les burn-out et les départs anticipés fragilisent davantage un service déjà en sous-effectif chronique.

L’échelon national suit désormais le dossier. La réponse concrète - en termes de postes ouverts et de délais d’affectation - devrait être connue dans les semaines qui suivent l’échéance du 14 juillet fixée par le ministre Darmanin.

Simon
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Sources

Simon Perrot

Simon Perrot

Simon est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Côte-d'Or (21), avec Dijon pour chef-lieu. Spécialité du département : viticulture Cote-de-Nuits/Cote-de-Beaune et Cite gastronomie. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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