Dijon : réquisition préfectorale des grévistes de la stérilisation, la CGT dénonce une escalade

Depuis le 12 mai, les 70 salariés de l'USCPP sont en grève pour des hausses salariales. L'arrêté préfectoral du 14 mai attise les tensions.

Dijon : réquisition préfectorale des grévistes de la stérilisation, la CGT dénonce une escalade
Illustration Simon Perrot / info.fr

Les salariés de l'Unité de stérilisation centrale publique privée (USCPP) de Dijon sont en grève depuis le 12 mai 2026. Un arrêté préfectoral a réquisitionné des grévistes le 14 mai pour maintenir la continuité des soins au CHU et dans les cliniques. La CGT 21 parle d'escalade.

Les salariés de l’Unité de stérilisation centrale publique privée (USCPP) de Dijon sont en grève depuis le 12 mai 2026. Près de la totalité des 70 agents de la structure ont débrayé, réclamant une augmentation générale des salaires de 2 % et une prime de partage de la valeur de 1 000 euros. Le 14 mai, la préfecture de Côte-d’Or a signé un arrêté de réquisition obligatoire pour assurer la continuité des services hospitaliers. La CGT 21, qui soutient le mouvement, dénonce une escalade du conflit.

L’essentiel

  • Grève depuis le 12 mai 2026 : près de 70 salariés de l’USCPP de Dijon cessent le travail, soutenus par la CGT 21.
  • Revendications refusées : les grévistes demandent +2 % de salaire et une prime de 1 000 €. La direction propose 1,5 % et 300 € dégressifs.
  • Arrêté préfectoral le 14 mai : la préfecture de Côte-d’Or réquisitionne des grévistes de l’USCPP et du CHU pour maintenir les soins.
  • 55 % de l’activité concernée : selon France 3, environ 55 % de la stérilisation de l’USCPP alimente les blocs opératoires du CHU Dijon Bourgogne.
  • Précédent en 2025 : un mouvement similaire avait déjà eu lieu le 27 mai 2025 à l’appel de la CGT pour des revendications salariales.

Un rôle discret mais vital dans la chaîne de soins

L’USCPP n’est pas un service visible du grand public. Pourtant, elle conditionne directement la tenue des blocs opératoires. La structure assure la stérilisation des instruments médicaux pour trois établissements dijonnais : le CHU Dijon Bourgogne, l’hôpital privé de Valmy et la clinique Bénigne Joly de Talant.

Selon France 3 Bourgogne, environ 55 % de l’activité de l’USCPP est dédiée aux blocs opératoires du CHU. Sans stérilisation des instruments, les opérations chirurgicales programmées ne peuvent être maintenues. Dès les premiers jours de grève, le risque de déprogrammations en cascade est apparu.

Les conditions de travail dans cette unité alimentent les tensions depuis plusieurs mois. Un ouvrier de nuit y est rémunéré environ 1 700 euros nets par mois pour des horaires de 21h à 5h, selon France 3. Un niveau de rémunération que les syndicats jugent insuffisant, notamment face à la hausse d’activité post-Covid dans les établissements de soins dijonnais.

Négociations bloquées, grève reconduite chaque jour

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La direction de l’USCPP a formulé une contre-proposition : une augmentation de 1,5 % et une prime de 300 euros, assortie d’une dégressivité en fonction des absences des agents. Les grévistes ont refusé.

Les salariés exigent 2 % d’augmentation générale et une prime de partage de la valeur de 1 000 euros, sans condition. L’écart entre les deux positions reste significatif. La grève a été reconduite quotidiennement depuis le 12 mai, selon Dijon Actualités et Le Bien Public.

Ce mouvement n’est pas isolé dans le secteur. Un arrêt de travail similaire à l’USCPP avait déjà été lancé le 27 mai 2025, à l’appel de la CGT, sur les mêmes revendications salariales, selon Dijon Actualités. Le conflit de 2026 s’inscrit dans une tension de fond autour des rémunérations dans la filière de la stérilisation hospitalière.

L’arrêté préfectoral du 14 mai : un outil rare

Face à la menace pesant sur la continuité des soins, la préfecture de Côte-d’Or a pris un arrêté de réquisition obligatoire le 14 mai 2026. Il vise des salariés grévistes de l’USCPP et du CHU de Dijon, selon Le Bien Public. L’objectif affiché : garantir un niveau minimal de stérilisation pour maintenir les opérations chirurgicales.

La réquisition administrative de grévistes dans le secteur hospitalier reste un outil peu courant. Elle permet à l’État d’imposer à des salariés en grève de reprendre leur poste, sous peine de sanctions, lorsque la continuité d’un service essentiel est en jeu. Son usage signale l’évaluation par la préfecture d’un risque sérieux pour les patients.

Aucune confirmation officielle de la préfecture n’était disponible sur Légifrance au moment de la publication de cet article. L’information est rapportée par Le Bien Public et Dijon Actualités.

La CGT dénonce une escalade

La centrale syndicale ne cache pas son opposition à cette mesure. La CGT 21 a réagi dès le 15 mai, indiquant que les grévistes maintiennent leur détermination malgré la réquisition.

Pour le syndicat, la réquisition constitue une escalade dans le conflit plutôt qu’une voie de résolution. Forcer des grévistes à reprendre le travail sans avancée sur les revendications salariales ne règle pas le fond du différend, selon la position rapportée par Le Bien Public. La CGT n’a pas précisé, à ce stade, si elle envisageait un recours juridique contre l’arrêté.

Ce type de tension entre droit de grève et continuité des soins hospitaliers fait écho à d’autres conflits dans le secteur de la santé. La question de la réorganisation des services hospitaliers en France, notamment dans les structures intermédiaires comme l’USCPP, reste au cœur des négociations sociales dans plusieurs régions.

Contexte en Côte-d’Or

La Côte-d’Or concentre l’une des offres hospitalières les plus structurées de Bourgogne-Franche-Comté, avec le CHU Dijon Bourgogne comme établissement de référence régional. Les tensions sur les rémunérations dans le secteur de la santé y sont régulièrement documentées.

En 2024, le salaire net moyen dans le secteur privé en Côte-d’Or restait inférieur à la moyenne nationale, fixée à 2 733 euros nets selon les données INSEE. Les disparités sont particulièrement marquées dans les métiers de support hospitalier, souvent peu visibles mais structurellement indispensables. Le secteur de la stérilisation, externalisé dans des unités comme l’USCPP, échappe parfois aux grilles tarifaires hospitalières publiques, ce qui complique les négociations.

La hausse d’activité chirurgicale post-Covid dans les établissements dijonnais a mécaniquement accru la charge de travail à l’USCPP, sans que les rémunérations n’évoluent dans les mêmes proportions, selon La Tribune. Ce déséquilibre alimente la conflictualité sociale dans ce segment discret de la chaîne de soins.

Un conflit similaire dans un secteur médical critique - comme l’a illustré l’évacuation d’une unité de dialyse dans le Lot - rappelle la fragilité des chaînons techniques dans l’organisation des soins.

Aucune reprise de négociation annoncée

Au 15 mai, ni la direction de l’USCPP ni la préfecture de Côte-d’Or n’ont annoncé de reprise des négociations. La grève se poursuit. La CGT 21 maintient sa position. Les établissements concernés gèrent la situation avec les contraintes imposées par la réquisition.

Une réunion de médiation ou une nouvelle séance de négociation n’a pas été confirmée à ce stade. Les prochaines reconductions de grève détermineront l’ampleur des déprogrammations chirurgicales dans les jours à venir.

Sources

Simon Perrot

Simon Perrot

Simon est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Côte-d'Or (21), avec Dijon pour chef-lieu. Spécialité du département : viticulture Cote-de-Nuits/Cote-de-Beaune et Cite gastronomie. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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