Stellantis arrête la production à Poissy après 2028 : 2500 emplois en jeu
La dernière usine automobile d'Île-de-France se reconvertit, mais les syndicats appellent à la grève le 23 avril.
Stellantis a officialisé le 16 avril 2026 la fin de l'assemblage de voitures à son usine de Poissy après 2028. Le site, dernier du genre en Île-de-France, sera transformé. Les syndicats SUD, CGT et UNSA appellent à manifester devant la mairie ce 23 avril.
L’annonce était redoutée depuis plusieurs mois. Stellantis l’a confirmée le 16 avril 2026 : l’usine de Poissy cessera de produire des automobiles après 2028. Le site emploie aujourd’hui environ 1 580 salariés effectifs, selon les données disponibles, et assemble quelque 400 véhicules par jour, dont l’Opel Mokka et la DS3, selon Wikipedia.
Une reconversion, pas une fermeture
Stellantis présente la décision comme une transformation industrielle. Le groupe affirme que « le site ne fermera pas, il aura un futur industriel pérenne », selon La Provence. Le plan prévoit un investissement de 100 millions d’euros pour reconvertir le site en centre de fabrication de pièces détachées, de déconstruction de véhicules et d’impression 3D, d’ici 2030. Sur les 1 500 postes liés à la production, 1 000 seraient maintenus, via départs naturels et sans plan social annoncé, selon Le Figaro. Des négociations sur les reconversions ont débuté le 20 avril, selon Journal Auto.
Les syndicats divisés, la rue mobilisée
La réaction syndicale est contrastée. FO et CGT disent se montrer soulagés par le maintien d’une activité industrielle sur le site. SUD, en revanche, dénonce une « saignée » : 500 suppressions de postes directs, auxquelles s’ajouteraient des milliers d’emplois indirects chez les sous-traitants, selon Actu.fr.
SUD, CGT et UNSA appellent à une grève et à un rassemblement le 23 avril 2026 à 10h30 devant la mairie de Poissy, selon Actu.fr.
Une décrue engagée depuis des décennies
L’usine de Poissy, ouverte en 1938 sous l’enseigne Ford puis rachetée par Peugeot en 1978, a compté jusqu’à 27 000 salariés en 1976. Elle en employait encore 6 200 il y a dix ans, puis 4 000 en 2019, 2 000 en 2025, selon le NPA L’Anticapitaliste. En octobre 2025, le site avait déjà été mis à l’arrêt trois semaines pour chômage partiel, invoquant un « marché difficile en Europe », selon Le Monde. La fermeture de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois en 2014, qui avait coûté 3 000 emplois, reste dans toutes les mémoires syndicales.
Avec Poissy, c’est le dernier site d’assemblage automobile francilien qui bascule. Le groupe Stellantis évoque des « surcapacités industrielles » pour justifier la décision, selon Le Monde. Ce que la direction présente comme une mutation, une partie des salariés le vit comme la fin d’une histoire industrielle de près de 90 ans.
Prochaine étape : manifestation syndicale le 23 avril 2026 à 10h30 devant la mairie de Poissy. Les négociations sur les reconversions de postes sont en cours depuis le 20 avril.
Sources
- Le Figaro : Stellantis va cesser la production d'automobiles dans son usine historique de Poissy après 2028
- Le Monde : Stellantis va cesser de produire des voitures à Poissy, évoquant des « surcapacités industrielles »
- Actu.fr : Les promesses ne remplissent pas les frigos : les syndicats mitigés sur le plan de Stellantis-Poissy
- L'Humanité : À Poissy, Stellantis annonce arrêter de produire des voitures dans son usine historique