DNCG : la masse salariale de l’AS Monaco encadrée pour 2026-2027
Le gendarme financier du football français a imposé une restriction budgétaire à l'AS Monaco en raison d'un déficit de 60 millions d'euros, quelques jours après sa sortie de la surveillance de l'UEFA.
La DNCG a décidé d'encadrer la masse salariale de l'AS Monaco pour la saison 2026-2027. Une sanction motivée par un déficit estimé à 60 millions d'euros, lié à la non-qualification en Ligue des champions et à la crise des droits TV.
L’essentiel
- Fait 1 : Le 23 juin 2026, la DNCG a prononcé un encadrement de la masse salariale de l’AS Monaco pour la saison 2026-2027.
- Fait 2 : Le déficit prévisionnel du club est estimé à 60 millions d’euros, en raison de l’absence de Ligue des champions et de la crise des droits TV.
- Fait 3 : Monaco venait tout juste de sortir de la surveillance du fair-play financier de l’UEFA le 18 juin 2026.
- Fait 4 : L’OGC Nice et le RC Strasbourg ont vu leurs dossiers validés sans restriction par la DNCG le même jour.
Ce que dit la DNCG
La commission de contrôle de la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) a annoncé le 23 juin 2026 une décision qui va peser sur l’avenir sportif de l’AS Monaco. Selon l’instance, la masse salariale du club de la Principauté est désormais « encadrée » pour l’exercice 2026-2027. Concrètement, chaque nouveau contrat - qu’il s’agisse d’une prolongation ou d’une signature - devra être validé par le gendarme financier avant d’être homologué par la LFP. La mesure est fondée sur l’article 11 du règlement de la DNCG, qui permet de restreindre les dépenses lorsque les comptes d’un club présentent des déséquilibres préoccupants.
Les raisons d’un déficit béant
Le déficit prévisionnel de l’AS Monaco qui a motivé cette sanction est estimé à environ 60 millions d’euros, d’après L’Équipe. Plusieurs facteurs expliquent ce trou dans les comptes. D’abord, l’absence de qualification pour la Ligue des champions - Monaco a terminé 6e de Ligue 1 la saison passée - a privé le club des recettes européennes, estimées entre 40 et 50 millions d’euros par saison. Ensuite, la crise des droits TV en Ligue 1, qui a vu le diffuseur Mediapro se rétracter en 2020, fragilise encore aujourd’hui le budget de tous les clubs français. Monaco, qui s’appuie historiquement sur des recettes de sponsoring et de ventes de joueurs, n’a pas échappé à cette tendance.
Sortie de l’UEFA puis retour à la case départ
L’ironie du calendrier est cruelle. Le 18 juin 2026 - soit cinq jours avant la décision de la DNCG - , l’AS Monaco était officiellement sortie de la surveillance du fair-play financier de l’UEFA, après avoir respecté les critères pendant plusieurs saisons. « Le club pensait en avoir fini avec les contraintes extra-sportives », résume La Diagonale. Mais le gendarme français, plus strict sur les équilibres budgétaires à court terme, n’a pas attendu. Pour le propriétaire Dmitry Rybolovlev, qui a injecté des centaines de millions d’euros depuis 2011, cette nouvelle restriction confirme sa volonté d’imposer une politique de rigueur, voire d’austérité, afin de réduire la dépendance du club à son mécénat.
Des ventes en perspective
Pour redresser la barre, l’AS Monaco s’apprête à activer son mercato estival. Selon La Diagonale, plusieurs joueurs à forte valeur marchande sont sur la sellette. En tête de liste, l’attaquant nigérian Folarin Balogun, pour lequel le club espère 50 millions d’euros. D’autres éléments comme Eliesse Ben Seghir ou Maghnes Akliouche pourraient également susciter des convoitises. L’encadrement de la masse salariale oblige en effet Monaco à alléger sa masse salariale avant de pouvoir recruter ou prolonger ses cadres. Le mercato promet d’être « mouvementé », selon les observateurs locaux.
Contexte dans le football français
Cette décision de la DNCG intervient dans un paysage contrasté. Le même jour, l’OGC Nice et le RC Strasbourg, deux autres clubs sous pavillon étranger (Ineos pour Nice, BlueCo pour Strasbourg), ont vu leurs comptes validés sans restriction. Monaco, de son côté, reste exposé à une double contrainte : celle du fair-play financier européen, certes levée, et celle de la DNCG, bien réelle. Le club de la Principauté, qui évolue dans le championnat de France depuis 1953, doit composer avec un modèle économique hybride, à la fois dépendant des recettes de l’État princier et des exigences de la LFP. Sa situation est suivie de près par les autres clubs de Ligue 1, qui redoutent des distorsions de concurrence si des sanctions plus lourdes devaient être prononcées.
Prochaine étape
Le mercato estival est officiellement ouvert depuis le 15 juin. L’AS Monaco doit désormais présenter un plan de redressement à la DNCG dans les semaines à venir. Si les ventes ne suffisent pas, des restrictions supplémentaires - comme une interdiction de recrutement - pourraient être envisagées. La balle est dans le camp de Rybolovlev et de son équipe dirigeante.