DNCG : l’OM sous tutelle financière, McCourt injecte 30 M€ mais exige une austérité drastique
Le gendarme financier du football français encadre la masse salariale et les transferts de l'Olympique de Marseille après un déficit record de 105 millions d'euros.
La DNCG a officiellement encadré le budget de l'OM pour la saison 2026-2027. Frank McCourt a injecté 30 millions d'euros, mais exige une réduction de 40 % de la masse salariale et des ventes massives de joueurs, à commencer par Mason Greenwood.
L’essentiel
- 105 M€ : le déficit record de l’OM pour l’exercice clos en juin 2025, selon L’Équipe.
- 26 juin 2026 : la DNCG prononce un encadrement de la masse salariale et des indemnités de mutation pour la saison à venir.
- 30 M€ : montant injecté par le propriétaire Frank McCourt pour éviter des sanctions plus lourdes, rapporte FootMarseille.
- -40 % : réduction exigée de la masse salariale, qui culminait à 156 M€, selon Jeunesfooteux.
- 55 M€ : prix de départ fixé pour l’attaquant Mason Greenwood, priorité des ventes, d’après Foot01.
L’heure est à la rigueur budgétaire à l’Olympique de Marseille. Vendredi 26 juin 2026, la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), le gendarme financier du football français, a officiellement notifié au club phocéen un encadrement strict de sa masse salariale et de ses indemnités de mutation pour la saison 2026-2027. Une décision attendue depuis plusieurs semaines, conséquence directe d’un déficit abyssal estimé à environ 105 millions d’euros pour l’exercice clos en juin 2025.
Un déficit record et une amende UEFA
Les chiffres sont implacables. Selon les informations de L’Équipe, le trou financier de l’OM atteint des sommets historiques, bien au-delà du seuil d’alerte fixé par la DNCG. Cette situation est aggravée par une amende de 10 millions d’euros infligée par l’UEFA le 17 juin dernier pour non-respect des règles du fair-play financier. Le club cumule donc les mauvaises nouvelles, alors que la saison 2025-2026 s’est achevée sur une note sportive décevante.
Pour éviter une sanction plus lourde - comme une interdiction de recrutement ou un retrait de points - le propriétaire américain Frank McCourt a dû mettre la main à la poche. Selon FootMarseille, il a injecté 30 millions d’euros de fonds propres en urgence, une somme destinée à rassurer la DNCG sur la capacité du club à honorer ses engagements à court terme. Mais cette injection a un prix : McCourt exige désormais une cure d’austérité drastique.
40 % de masse salariale en moins
L’actionnaire majoritaire impose une réduction de près de 40 % de la masse salariale, qui culminait à 156 millions d’euros. Concrètement, cela signifie que l’OM devra se séparer de plusieurs joueurs à hauts salaires, et surtout réaliser d’importantes plus-values de transfert. Selon La Provence, le club doit générer entre 50 et 60 millions d’euros de ventes nettes lors de ce mercato d’été pour équilibrer ses comptes.
La priorité absolue est le départ de l’attaquant Mason Greenwood, dont le prix de départ a été fixé à 55 millions d’euros, rapporte Foot01. Recruté en 2024 pour un montant similaire, l’Anglais a marqué 16 buts en Ligue 1 la saison dernière (meilleur buteur du club), mais son salaire pèse lourd dans les comptes. D’autres joueurs comme Chancel Mbemba, Jordan Veretout ou Amine Harit pourraient également être cédés si des offres attractives se présentent.
Stéphane Richard défend son budget
Le futur président de l’OM, Stéphane Richard, a défendu en personne le budget devant la DNCG avant sa prise de fonction officielle, prévue le 2 juillet 2026, comme le rapporte Info.fr. Cette démarche inédite montre l’importance accordée au dossier financier par le nouveau dirigeant, qui devra composer avec une marge de manœuvre très réduite. « Nous avons présenté un plan de redressement crédible, basé sur des cessions ciblées et une maîtrise des coûts », aurait-il expliqué lors de l’audition. Reste à savoir quelle équipe il pourra construire avec ces contraintes.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
L’Olympique de Marseille n’est pas seulement un club de football : c’est une institution dans le département des Bouches-du-Rhône. Avec plus de 2 millions d’habitants, Marseille est la deuxième ville de France, et l’OM est de loin le club le plus suivi de la région. Le stade Vélodrome, propriété de la Métropole Aix-Marseille-Provence, est un poumon économique local : chaque match génère des retombées importantes pour les commerces, les transports et l’hôtellerie. Une éventuelle vente de joueurs vedettes, comme Mason Greenwood, pourrait refroidir les supporters, mais elle est indispensable à l’équilibre des comptes. Le club, actuellement 5e de Ligue 1, doit aussi composer avec une concurrence régionale accrue - le Stade de Reims, l’OGC Nice - mais reste le seul représentant de la région en Ligue 1 cette saison.
Prochaine étape : un mercato sous pression
Les prochaines semaines s’annoncent décisives. Le mercato estival, qui s’ouvre officiellement le 1er juillet, devra apporter des liquidités rapidement sous peine de voir la DNCG durcir encore ses conditions. Le sort de Mason Greenwood, suivi par plusieurs clubs européens (dont Manchester United, qui conserve un droit de regard), sera le premier test de la politique d’austérité imposée par Frank McCourt. L’OM pourrait aussi être contraint de laisser partir des jeunes prometteurs comme Timothée Rosier ou Adrien Rabiot (si son option d’achat n’est pas levée), mais la priorité est de dégraisser l’effectif.
Le feuilleton de l’été marseillais ne fait que commencer. Entre les exigences de l’actionnaire, les objectifs sportifs et le cadre fixé par la DNCG, Stéphane Richard va devoir montrer toute sa capacité de négociation pour éviter une saison sous le signe de l’incertitude.