Dombes : les étangs sous pression, les associations veulent des protections renforcées
Face au réchauffement climatique, la Dombes et ses 1200 étangs cherchent à consolider des décennies d'efforts pour préserver leur biodiversité unique.
Labellisée site Ramsar en 2023, la Dombes reste fragile. Les associations, dont la LPO, réclament des mesures plus ambitieuses pour protéger ses zones humides d'une menace climatique grandissante. Un plan de gestion est en cours d'élaboration pour la période 2025-2030.
Ce matin-là, au bord d’un étang de la Dombes, le silence n’est rompu que par les appels des oiseaux migrateurs. Ce paysage de l’Ain, fait de reflets d’eau et de roseaux, semble immuable. Pourtant, ceux qui le connaissent le mieux s’inquiètent. Le changement climatique accentue l’assèchement des étangs, et les associations tirent la sonnette d’alarme.
Un territoire façonné par des siècles d’histoire
La Dombes, c’est plus de 1 200 étangs répartis sur un territoire sculpté depuis le XIIe siècle, quand des moines cisterciens creusèrent les premiers bassins pour la pisciculture, selon le Muséum national d’Histoire naturelle. Ce patrimoine naturel et culturel a valu au territoire d’être désigné, le 22 mars 2023, 53e site français reconnu d’importance internationale sous le label Ramsar, selon le réseau Zones-humides.org. Une reconnaissance portée par la Communauté de Communes de la Dombes, soutenue par le Département de l’Ain.
Mais les mutations sont profondes. Entre 2016 et 2018, le rythme d’artificialisation des sols a bondi à 23,3 ha/an, contre 15,3 ha/an entre 2005 et 2015, d’après le Contrat de Relance et de Transition Écologique de la Dombes. Le stock de carbone des zones humides locales était estimé à 11 348 kilotonnes équivalent CO2 en 2018 - une ressource directement menacée par ces transformations.
La LPO et les associations en première ligne
La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) est présente chaque année sur le terrain, avec des comptages d’oiseaux d’eau et des actions contre les espèces exotiques envahissantes. Pour les associations, la richesse ornithologique de la Dombes - carrefour de migrations européennes - ne peut être préservée sans des protections juridiques et financières plus solides.
Le Département de l’Ain mène une politique de préservation des zones humides depuis plus d’une décennie. En septembre 2025, un séminaire Ramsar a réuni les acteurs locaux pour mobiliser autour des enjeux. Et le 2 février 2026, la Journée mondiale des zones humides a donné le coup d’envoi des animations nature du Département pour une 10e édition axée sur le climat, selon l’Ain.fr.
Un plan stratégique pour les cinq prochaines années
La Dombes s’inscrit parmi les 18 zones humides majeures du plan national milieux humides 2022-2026, qui vise la restauration de 50 000 hectares à l’échelle nationale, selon le ministère de l’Écologie. Localement, les zones humides de l’Ain représentent près de 50 000 ha, soit plus de 8 % du département - avec un risque identifié de non-atteinte du bon état écologique des masses d’eau d’ici 2027, rappelle le site Patrimoines de l’Ain.
Le projet européen LIFE Dombes, lancé sur sept ans, doit accélérer la restauration des chaînes d’étangs. En parallèle, un Plan de Gestion Stratégique des Zones Humides pour 2025-2030, piloté par les intercommunalités de l’Ain, prévoit la restauration des corridors écologiques. Les associations attendent de ces documents qu’ils se traduisent, cette fois, en actes concrets sur le terrain.