Domenjod : deux agents agressés par un mineur, débrayage à 6h15

Le syndicat UFAP-UNSA Justice a mobilisé les personnels ce lundi matin devant la prison de Saint-Denis après l'agression de deux gradés.

Domenjod : deux agents agressés par un mineur, débrayage à 6h15
Illustration Viviane Payet / info.fr

Deux agents pénitentiaires gradés ont été agressés dimanche 3 mai 2026 au quartier mineurs du centre pénitentiaire de Domenjod, à Saint-Denis, par un détenu de 14 ans. Le lendemain matin, les syndicats UFAP-UNSA et FO Justice ont organisé un débrayage dès 6h15 pour dénoncer les conditions de sécurité.

Deux agents pénitentiaires gradés ont été agressés dimanche 3 mai 2026 au quartier mineurs du centre pénitentiaire de Domenjod, à Saint-Denis, par un détenu de 14 ans. Le lendemain matin, les syndicats UFAP-UNSA et FO Justice ont organisé un débrayage dès 6h15 pour dénoncer les conditions de sécurité.

L’essentiel

  • Agression : deux gradés agressés le dimanche 3 mai 2026 vers 16h30 au quartier mineurs de Domenjod, coups de poing, crachats et griffures.
  • Agresseur : un mineur de 14 ans, connu pour des troubles du comportement, revenant d’un séjour en unité psychiatrique, selon les syndicats.
  • Débrayage : mobilisation syndicale UFAP-UNSA et FO Justice dès 6h15 le lundi 4 mai 2026 devant la prison de Domenjod.
  • Surpopulation : 194 surveillants pour environ 950 détenus, taux d’occupation de 161% à Domenjod en décembre 2025.
  • Revendication centrale : création d’unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) pour les profils psychiatriques.

L’agression du dimanche 3 mai

Les faits se sont produits vers 16h30 au quartier mineurs de la maison d’arrêt de Domenjod. Selon La1ere.franceinfo.fr et Le Quotidien, deux gradés ont été pris à partie par un détenu de 14 ans : coups de poing, crachats, griffures. Un second mineur est intervenu dans la bagarre. Les deux agents ont consulté un médecin après les faits et souffraient de douleurs multiples.

Le mineur agresseur était revenu récemment d’un séjour en unité psychiatrique et était connu des équipes pour ses troubles du comportement, selon les syndicats cités par La1ere.franceinfo.fr. La direction de l’établissement n’a pas fait de déclaration publique à ce stade.

Débrayage dès l’aube ce lundi

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Dès 6h15 le lundi 4 mai, les agents se sont mobilisés devant l’entrée de Domenjod à l’appel de l’UFAP-UNSA Justice Réunion/Mayotte. FO Justice a apporté son soutien à l’action, selon Le Quotidien.

Les syndicats réclament deux choses concrètes : davantage de protection pour le personnel, et la création d’unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) dédiées aux détenus souffrant de troubles psychiatriques. FO Justice dénonce le manque de moyens pour gérer ces profils au sein d’une prison ordinaire.

Ce type de mobilisation n’est pas isolé. Le 27 avril 2026, une semaine seulement avant cette agression, les mêmes organisations avaient bloqué Domenjod lors d’une mobilisation nationale pour protester contre le manque d’effectifs et la surpopulation, selon La1ere.franceinfo.fr. Cette répétition d’agressions contre des agents publics alimente une tension syndicale persistante dans les établissements ultramarins.

Contexte dans la Réunion

La prison de Domenjod concentre des chiffres qui illustrent la pression structurelle pesant sur le personnel. Au 1er décembre 2025, le taux d’occupation atteignait 161% selon La1ere.franceinfo.fr et les données du ministère de la Justice : 903 détenus pour 456 places. L’établissement compte 194 surveillants pour environ 950 détenus à la date de l’agression.

À titre de comparaison, le taux moyen de surpopulation en Outre-mer était de 149,6% fin 2025, contre 134,5% en Hexagone. Domenjod dépasse donc significativement la moyenne ultramarine.

Plus largement, La Réunion enregistre une hausse des violences physiques : les tentatives d’homicide ont augmenté de 54,5% en 2025 par rapport à 2024, selon Linfo.re. Le contexte carcéral reflète cette tension générale.

Une série de précédents à Domenjod

Ce n’est pas la première fois que des agents sont agressés dans cet établissement. En septembre 2015, un mineur avait blessé trois surveillants au cours d’une agression similaire au quartier mineurs, selon Linfo.re. En avril 2024, deux agents avaient été agressés en l’espace de 24 heures par des détenus, selon Imazpress.

Plus récemment, en décembre 2025, un détenu lourdement condamné avait agressé un surveillant à Domenjod, déclenchant un débrayage de 30 minutes. En mars 2026, un incident similaire s’était produit à la prison du Port, toujours à La Réunion, mené par un récidiviste, selon La1ere.franceinfo.fr.

Ces épisodes répétés alimentent la demande syndicale d’une prise en charge spécialisée des détenus aux profils psychiatriques, une problématique commune à plusieurs territoires ultramarins où les structures adaptées restent insuffisantes.

La revendication des UHSA, au cœur du conflit

Les unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) sont des structures hospitalières fermées permettant d’hospitaliser des détenus souffrant de troubles psychiatriques, hors du cadre pénitentiaire ordinaire. Les syndicats estiment qu’en leur absence, des profils incompatibles avec la détention classique - comme le mineur de 14 ans mis en cause - se retrouvent gérés par des personnels non formés à cela et sans les moyens adéquats.

FO Justice et UFAP-UNSA demandent que La Réunion soit dotée d’une telle unité. Aucune réponse de l’administration pénitentiaire ou du ministère n’avait été rendue publique lundi matin à l’heure de la mobilisation.

La question de la prise en charge des mineurs détenus présentant des troubles psychiatriques rejoint un débat national sur la gestion des profils à risque par les forces de l’ordre et les établissements publics.

Suite attendue

Les agents blessés étaient en attente de soins médicaux lundi matin. Aucune date de négociation avec la direction interrégionale des services pénitentiaires n’avait été annoncée à l’issue du débrayage. Les syndicats n’ont pas précisé si des actions supplémentaires étaient envisagées en cas d’absence de réponse.

Sources

Viviane Payet

Viviane Payet

Viviane est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de La Réunion (974), avec Saint-Denis pour chef-lieu. Spécialité du département : cirques UNESCO et volcan actif. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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