Double assassinat de Bastia-Poretta : le procès en appel s’ouvre sans jury à Aix
Onze accusés, dont neuf détenus, comparaissent à partir du 4 mai devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône jusqu'au 3 juillet 2026.
Le procès en appel du double assassinat commis le 5 décembre 2017 sur le parking de l'aéroport de Bastia-Poretta s'ouvre ce lundi 4 mai 2026 à Aix-en-Provence. Onze accusés, dont neuf détenus, comparaissent sans jury populaire. Les débats sont programmés jusqu'au 3 juillet.
Le procès en appel du double assassinat commis le 5 décembre 2017 sur le parking de l’aéroport de Bastia-Poretta s’ouvre ce lundi 4 mai 2026 à Aix-en-Provence. Onze accusés, dont neuf détenus, comparaissent sans jury populaire. Les débats sont programmés jusqu’au 3 juillet.
L’essentiel
- Ouverture : procès en appel débuté le 4 mai 2026 devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence, sans jury populaire.
- Accusés : onze comparants, dont neuf détenus ; le parquet a fait appel pour 14 des 15 accusés le 5 juillet 2024.
- Faits : double assassinat du 5 décembre 2017 à l’aéroport de Bastia-Poretta - Jean-Luc Codaccioni et Antoine Quilichini tués.
- Première instance : verdict du 28 juin 2024, peines de 3 à 30 ans de réclusion pour 13 condamnés, deux acquittés.
- Calendrier : audiences prévues jusqu’au 3 juillet 2026.
Un double meurtre sur le parking de l’aéroport
Le 5 décembre 2017, Antoine Quilichini et Jean-Luc Codaccioni sont abattus sur le parking de l’aéroport de Bastia-Poretta. Quilichini meurt sur place. Codaccioni, détenu à la prison de Borgo et de retour d’une permission à Paris, décède sept jours plus tard des suites de ses blessures, selon Le Figaro et France 3 Corse.
Les deux victimes sont des figures du grand banditisme corse, membres du clan Germani. Les enquêteurs établissent rapidement la piste d’une vendetta : les meurtres sont attribués au clan Guazzelli-Mariani, pour venger l’assassinat de leurs pères en 2009, dont Francis Guazzelli, fondateur de la Brise de mer, selon Le Monde et Corse Matin.
Première instance : un verdict contesté de toutes parts
Du 6 mai au 28 juin 2024, quinze accusés comparaissent devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence. Le bilan de la première instance : treize condamnés à des peines allant de 3 à 30 ans de réclusion criminelle, deux acquittés, selon BFMTV et Le Figaro.
Christophe Guazzelli, présenté par l’accusation comme le « maître d’œuvre » de l’opération, écope de 30 ans de réclusion avec 20 ans de sûreté. Son frère Richard Guazzelli est condamné à 25 ans. Cathy Sénéchal, ex-surveillante pénitentiaire à la prison de Borgo, surnommée « la matonne », reçoit 23 ans de réclusion pour avoir facilité les communications entre les accusés, selon France 3 Corse et Le Figaro.
La première instance est marquée par le refus de la plupart des principaux accusés de comparaître ou de s’exprimer. Le 5 juillet 2024, le parquet général interjette appel pour 14 des 15 accusés - seul Riad Belkacem, en fuite, est exclu du périmètre de l’appel, selon Corse Net Infos. Les frères Guazzelli forment eux-mêmes appel de leurs condamnations, selon France 3 Corse.
Un procès en appel sans jury, avec une attente de prise de parole
Conformément à la procédure devant la cour d’assises en matière d’appel, le procès se déroule sans jury populaire. Ce sont des magistrats professionnels qui statuent. Cette configuration modifie sensiblement la dynamique des débats.
Selon Corse Matin, la prise de parole des accusés est attendue lors de ce second procès, contrairement au chaos de la première instance. Onze accusés comparaissent, dont neuf détenus. Le nombre est inférieur aux quinze de la première instance : certains, comme Riad Belkacem, restent en fuite ou hors du champ de l’appel.
L’aéroport de Bastia-Poretta est au cœur de cette affaire judiciaire, mais il est aussi régulièrement mentionné dans d’autres affaires locales, signe d’une infrastructure qui concentre les tensions sociales et sécuritaires du territoire.
Contexte dans la Haute-Corse
Ce dossier s’inscrit dans une histoire longue du grand banditisme insulaire. La Brise de mer, fondée dans les années 1970, a structuré pendant des décennies les rivalités entre clans en Haute-Corse. Selon Wikipedia et une note confidentielle citée par 20 Minutes, une vingtaine de bandes criminelles seraient actives en Corse, avec une emprise sur plusieurs secteurs de l’économie locale.
Les assassinats de 2017 à Bastia-Poretta s’inscrivent dans une série de règlements de comptes remontant à 2009, lorsque Francis Guazzelli et d’autres figures du milieu ont été tués. La réponse judiciaire - deux procès en assises, appel général du parquet - témoigne d’une volonté affichée de traiter le dossier dans toutes ses dimensions, sans concession sur la durée.
La Haute-Corse (département 2B) est régulièrement confrontée à des affaires de grand banditisme portées devant des juridictions continentales, faute de garanties suffisantes d’impartialité locale. Le choix d’Aix-en-Provence pour les deux procès répond à ce principe.
Pour mieux comprendre les enjeux de mobilité et d’infrastructure sur l’île, notamment autour de l’aéroport de Bastia-Poretta, un guide complet sur les déplacements en Corse est disponible.
Les frères Guazzelli et Cathy Sénéchal : les profils au cœur du second procès
Christophe Guazzelli reste la figure centrale du dossier. Condamné à 30 ans avec 20 ans de sûreté en première instance, il conteste sa peine en appel. Son frère Richard, condamné à 25 ans, suit la même voie. Leur prise de parole devant les magistrats professionnels pourrait modifier la lecture des faits.
Cathy Sénéchal, ex-surveillante pénitentiaire, représente un angle particulier de l’affaire : son rôle de facilitatrice des communications entre détenus, depuis l’intérieur de la prison de Borgo, illustre les failles du système carcéral dans ce type de dossier. Sa condamnation à 23 ans en première instance est l’une des plus lourdes de l’affaire pour un profil non directement impliqué dans les tirs.
Un calendrier judiciaire chargé jusqu’à l’été
Les audiences sont prévues jusqu’au 3 juillet 2026, soit neuf semaines d’audiences. C’est un format comparable à la première instance (du 6 mai au 28 juin 2024), ce qui laisse présager un examen exhaustif des charges et des personnalités.
Le verdict en appel déterminera si les peines prononcées en 2024 sont confirmées, alourdies ou réduites. Le parquet général, en faisant appel pour 14 accusés - y compris des condamnés - se donne la possibilité de demander des peines plus sévères pour certains profils.
La prochaine étape : le verdict est attendu au plus tard le 3 juillet 2026, à l’issue des neuf semaines d’audience devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence.
Sources
- Corse Matin : Double assassinat de Bastia-Poretta : la parole des accusés attendue lors d'un procès en appel sans jury populaire
- Corse Matin : Double assassinat de Bastia-Poretta : un nouveau procès à l'été 2026 à Aix-en-Provence pour quatorze accusés
- Le Monde : Double assassinat Bastia-Poretta : 30 ans de réclusion criminelle pour le 'maître d'œuvre'
- France 3 Corse : Procès du double assassinat de Bastia-Poretta : les frères Guazzelli font appel du verdict