Doubs : Démaret et Castex sur l’avenir des petites lignes ferroviaires
La préfète de Bourgogne-Franche-Comté et le PDG de la SNCF ont fait le point sur les investissements du CPER 2021-2027, plus de 300 M€ pour le ferroviaire régional.
La préfète Violaine Démaret a échangé avec Jean Castex, PDG du groupe SNCF, lors de son déplacement dans le Doubs, sur l'avenir des lignes de desserte fine. Le CPER 2021-2027 mobilise plus de 300 M€ pour le ferroviaire en Bourgogne-Franche-Comté, dont près de 113 M€ à la charge de l'État.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 300 M€ sont consacrés au ferroviaire dans le CPER 2021-2027 en Bourgogne-Franche-Comté, dont environ 113 M€ financés par l'État.
- Violaine Démaret (préfète de région) et Jean Castex (PDG SNCF) ont échangé lors du déplacement de ce dernier dans le Doubs sur les lignes de desserte fine.
- La Ligne des Horlogers (Besançon-Le Locle) a fait l'objet d'une première phase de travaux de 55,5 M€ lancée en 2021, suivie d'une deuxième phase en 2024.
- SNCF Réseau a engagé 300 M€ pour les infrastructures ferroviaires régionales pour la seule année 2026.
- L'État, la Région BFC et la SNCF ont réaffirmé leur engagement commun pour des solutions durables sur les lignes ferroviaires sensibles du territoire.
Le déplacement de Jean Castex dans le Grand-Est a offert à Violaine Démaret, préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté, l’occasion de mettre sur la table la question des lignes de desserte fine. Ces petites lignes, souvent déficitaires mais indispensables aux territoires ruraux et frontaliers, concentrent depuis plusieurs années les inquiétudes des élus locaux et des usagers du quotidien.
Un échange au sommet sur les lignes sensibles
La rencontre entre la préfète et le PDG du groupe SNCF a porté sur l’avenir du réseau ferroviaire de proximité dans le Doubs et, plus largement, en Bourgogne-Franche-Comté. L’État, la Région et SNCF ont réaffirmé leur engagement commun pour préserver ce réseau et trouver des solutions durables sur les lignes les plus fragilisées. La préfecture de région a publié plusieurs photos du déplacement et communiqué sur cet échange via son compte officiel :
Plus de 300 M€ inscrits dans le CPER 2021-2027
Le Contrat de Plan État-Région (CPER) 2021-2027 prévoit près de 700 M€ consacrés aux mobilités en Bourgogne-Franche-Comté, selon la préfecture de région. La part de l’État représente près de 277,5 M€, engagés sur plusieurs chantiers : modernisation des gares, rénovation de la Ligne des Horlogers et développement de la VFCEA (Voie Ferrée Centre Europe Atlantique).
Ces investissements s’inscrivent dans une politique nationale de régénération du réseau secondaire, longtemps sous-financé. Pour la seule année 2026, SNCF Réseau a annoncé 300 M€ supplémentaires dédiés aux infrastructures ferroviaires régionales, selon Infos Dijon. L’enjeu dépasse la simple maintenance : il s’agit aussi d’améliorer la régularité et l’accessibilité des gares pour des voyageurs qui n’ont, dans certaines vallées du Doubs, aucune alternative crédible à la voiture.
La Ligne des Horlogers, vitrine du chantier régional
Parmi les projets emblématiques, la Ligne des Horlogers occupe une place centrale. Cet axe relie Besançon à la frontière suisse, via Morteau, vers Le Locle, et constitue un corridor essentiel pour les travailleurs frontaliers du département. Une première phase de travaux, représentant 55,5 M€ d’investissement selon SNCF Réseau, a démarré en 2021. Une deuxième phase a suivi à partir de 2024, prolongeant les améliorations de performance et de sécurité documentées par la DREAL Bourgogne-Franche-Comté.
Ces travaux portent sur la régénération des voies et la mise aux normes d’accessibilité des stations. La ligne illustre la double contrainte des territoires frontaliers : une demande de transport soutenue, notamment vers les bassins d’emploi suisses, mais des infrastructures vieillissantes qui exigent des investissements lourds pour rester opérationnelles. La question de l’intermodalité entre le train et les modes doux reste, en parallèle, un levier que les collectivités cherchent à développer pour les derniers kilomètres.
Contexte dans le Doubs
Le Doubs concentre plusieurs enjeux ferroviaires spécifiques. Département de 547 000 habitants environ, il partage une longue frontière avec la Suisse, générant des flux quotidiens de frontaliers parmi les plus importants de France. Le réseau ferré y est structurant : les gares de Besançon, Pontarlier ou Morteau desservent des bassins de vie où la voiture individuelle reste dominante, faute d’offre cadencée suffisante.
Le Doubs est aussi concerné par le débat national sur les « petites lignes » : certains tronçons peu fréquentés posent la question de leur maintien, de leur remplacement par des cars express ou d’une rénovation coûteuse mais socialement nécessaire. L’échange entre Démaret et Castex s’inscrit dans ce contexte tendu. La Région Bourgogne-Franche-Comté, autorité organisatrice des transports ferroviaires régionaux, est un acteur central de ces arbitrages. Son implication dans le CPER aux côtés de l’État et de la SNCF traduit une volonté politique de ne pas laisser les lignes rurales se dégrader sans réponse - une posture que l’on retrouve dans d’autres préfectures de région, comme en Gironde, où les préfets coordonnent également des dispositifs d’urgence territoriale.
Des arbitrages avant la fin du CPER en 2027
Le CPER court jusqu’en 2027. Il reste moins de deux ans pour engager les crédits non encore mobilisés et finaliser les chantiers en cours. Les discussions entre la préfète et le PDG de la SNCF s’inscrivent dans ce calendrier serré. Les modalités précises des prochaines décisions - quelles lignes seront rénovées en priorité, lesquelles feront l’objet d’alternatives de transport - n’ont pas été rendues publiques à ce stade par la préfecture.
Un point de situation sur l’avancement des engagements du CPER est attendu dans les prochains mois, selon la préfecture de Bourgogne-Franche-Comté.