Pour Draymond Green, le basket est devenu «un sport de riches»
Le joueur NBA dénonce une standardisation précoce qui freine l'émergence des talents issus de milieux modestes, un constat partagé par LeBron James.
Dans son podcast diffusé le 10 juin 2025, l'ailier des Golden State Warriors Draymond Green a estimé que le basket professionnel n'était plus accessible aux familles modestes. Un débat qui interroge la formation des jeunes joueurs, en France aussi.
L’essentiel
- Fait 1 : Draymond Green a déclaré le 10 juin 2025 dans son podcast que le basket-ball est devenu « un sport de riches ».
- Fait 2 : LeBron James avait dénoncé quelques jours plus tôt la dépendance précoce des jeunes envers des entraîneurs personnels.
- Fait 3 : Green, issu d’un milieu défavorisé à Saginaw, craint que le coût des formations privées ne bride l’imagination des jeunes talents.
Les stars NBA tirent la sonnette d’alarme
Dans un épisode de son podcast diffusé le 10 juin 2025, l’ailier des Golden State Warriors Draymond Green a lancé un pavé dans la mare : le basket professionnel serait en train de devenir un sport réservé aux familles aisées. « Le recours systématique aux entraîneurs personnels standardise le jeu et tue l’imagination des jeunes », a-t-il affirmé, selon des propos relayés par TalkBasket.net.
Green s’inscrit dans la lignée des critiques formulées par LeBron James sur son podcast Mind the Game. Le quadruple champion NBA reprochait à certains entraîneurs modernes de chercher la célébrité personnelle plutôt que l’intérêt des enfants, ajoutant qu’il n’avait lui-même fait appel à un coach privé qu’après ses premières années en NBA. « Moi, je n’ai appris à faire un entraînement individuel structuré qu’à l’université de Michigan State », a rappelé Green, cité par Athlon Sports.
Un constat qui résonne en France
Si le débat agite les États-Unis, il trouve un écho dans l’Hexagone. En France, l’accès au basket de haut niveau passe de plus en plus par des structures privées coûteuses. Les centres de formation publics et les clubs amateurs peinent à concurrencer des écoles onéreuses qui promettent un tremplin vers la NBA. « La question des inégalités d’accès est réelle, et elle menace la diversité des profils qui a toujours fait la richesse du basket français », confie un entraîneur régional sous couvert d’anonymat. Comme l’illustre la prolongation de jeunes joueuses aux Green Girls de Saint-Amand, le basket français mise encore sur la formation en club, mais le modèle vacille.
Dans le département de la Sarthe, où le Mans Sarthe Basket constitue un pôle régional, le constat est partagé. Les dirigeants locaux constatent que les familles investissent des budgets croissants dans les stages et les coachs privés, parfois dès l’âge de 10 ans. Une dérive que dénonce Paul Pierce, qui a récemment pris la défense de Victor Wembanyama, rappelant que les plus grands talents doivent pouvoir émerger quel que soit leur milieu social.
Contexte dans le département
Le département de la Sarthe (72) compte environ 570 000 habitants et s’appuie sur une tradition sportive ancrée autour du Mans, ville hôte de clubs professionnels en basket, football et sports mécaniques. Le basket y est particulièrement suivi avec le Mans Sarthe Basket, club de Jeep Élite qui a formé plusieurs joueurs de niveau national. Selon les données de la Fédération française de basket-ball, la Sarthe dénombrait en 2024 plus de 12 000 licenciés, dont une majorité de jeunes. Le débat sur l’accès au sport de haut niveau y est donc suivi de près par les clubs amateurs et les collectivités locales, qui investissent dans les équipements sportifs pour maintenir une offre accessible.
Des talents issus de milieux modestes menacés ?
Draymond Green, qui a grandi dans la précarité à Saginaw (Michigan) avant de signer un contrat de 100 millions de dollars avec les Warriors, incarne lui-même cette réussite improbable. « Aujourd’hui, un gamin comme moi n’aurait peut-être jamais accès au niveau requis pour être repéré », a-t-il regretté, selon Yardbarker. Même son de cloche chez LeBron James, né dans une famille modeste d’Akron. Les deux stars redoutent que la professionnalisation précoce ne ferme la porte aux « talents bruts » qui faisaient la richesse du basket.
Prochaine étape : ce débat devrait être au cœur des discussions lors du prochain Basketball Without Borders, camp de détection organisé en Europe, où la NBA tente de diversifier ses viviers.