Dunkerque : un ancien marin porte plainte pour harcèlement à bord du Ridens

Un ex-matelot a déposé plainte le 27 mai au parquet de Dunkerque contre un ex-commandant et la société SeaOwl, opérateur du navire de sauvetage affrété par l'État en Manche.

Dunkerque : un ancien marin porte plainte pour harcèlement à bord du Ridens
Illustration Amandine Delattre / info.fr

Un ancien matelot a déposé plainte mercredi 27 mai 2026 au parquet de Dunkerque pour harcèlement à bord du Ridens, navire de sauvetage affrété par l'État. La plainte vise un ex-commandant et la société SeaOwl. Elle fait suite à plusieurs semaines de révélations publiées par La Voix du Nord.

L’essentiel

  • Plainte déposée le 27 mai 2026 : un ancien matelot a saisi le parquet de Dunkerque pour harcèlement contre un ex-commandant et la société SeaOwl.
  • Navire d’État : le Ridens est affrété par l’État français via SeaOwl depuis le printemps 2023, francisé au 1er février 2024, port d’attache Dunkerque.
  • Enquête préliminaire déjà ouverte : le parquet de Dunkerque a ouvert une enquête mi-mai 2026 sur des faits de racisme et mise en danger, après un signalement de la Premar Manche le 13 avril 2026.
  • SeaOwl : la société affirme avoir lancé des enquêtes internes dès 2024 ; l’ex-commandant ne fait plus partie des effectifs, selon sa réponse à La Voix du Nord.
  • Équipage et capacité : huit marins à bord, navire pouvant accueillir jusqu’à 140 naufragés.

Une plainte déposée dans le sillage des révélations de mai

Selon La Voix du Nord, qui a publié l’information le 28 mai, l’ancien matelot a envoyé sa plainte directement au parquet de Dunkerque. Le document vise nommément un ex-commandant du Ridens ainsi que la société SeaOwl, opérateur du navire pour le compte de l’État.

Le journaliste Quentin Valognes, qui suit le dossier portuaire à Dunkerque pour La Voix du Nord, a confirmé l’information sur X :

Cette plainte s’inscrit dans la continuité d’une série d’articles publiés les 15 et 16 mai 2026 par le même journal. Des anciens marins du Ridens y décrivaient un climat d’omerta, des faits de harcèlement et une détresse psychologique à bord. Ces témoignages avaient été repris par Le Monde, Le Figaro et Libération.

Le Ridens, navire d’État au cœur du dispositif Manche

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Le Ridens est un bâtiment de 40 mètres de long, construit en 1976 au Danemark sous le nom d’Esvagt Charlie. Il déplace environ 319 tonneaux. SeaOwl l’a fait franciser le 1er février 2024, avec Dunkerque comme port d’attache, selon Le Marin.

Affrété par l’État français depuis le printemps 2023, il est engagé dans les opérations d’assistance aux exilés en mer de Manche. Son équipage compte huit personnes. La capacité d’accueil est de 140 naufragés. La Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar Manche) l’engage régulièrement : le 17 avril 2026, il a notamment participé au sauvetage de 16 personnes au large de Dunkerque, selon le communiqué de presse de la Premar.

Une enquête préliminaire déjà ouverte pour racisme et mise en danger

Avant cette plainte pour harcèlement, le parquet de Dunkerque avait déjà ouvert une enquête préliminaire mi-mai 2026. Les chefs retenus : « injures publiques en raison de l’origine » et « mise en danger de la vie d’autrui », selon la procureure Charlotte Huet, citée par Le Monde. Le point de départ : un signalement adressé à la justice par la Premar Manche le 13 avril 2026.

Ces deux procédures - l’enquête pour racisme ouverte d’office, la plainte pour harcèlement déposée par un ancien matelot - concernent le même navire et s’articulent autour des mêmes faits survenus à bord. Dans la région, d’autres dossiers impliquant des acteurs publics du littoral occupent également les services préfectoraux du Nord et du Pas-de-Calais.

SeaOwl : enquêtes internes, ex-commandant écarté

La société SeaOwl, dont le siège est à Levallois-Perret (créée en 2008, spécialisée dans les services maritimes), a répondu par courriel aux questions de La Voix du Nord en mai 2026. Elle affirme avoir lancé des enquêtes internes dès 2024 et indique que l’ex-commandant ne fait plus partie de ses effectifs. Elle n’a pas détaillé publiquement les conclusions de ces enquêtes internes à ce stade.

Contexte dans le Nord

Dunkerque est le troisième port de France par le trafic. Le détroit du Pas-de-Calais est l’une des zones maritimes les plus fréquentées au monde. Depuis 2018, les traversées de la Manche par des exilés en embarcations de fortune ont fortement augmenté, faisant de ce couloir maritime un secteur à hauts risques humains. L’État a progressivement structuré un dispositif de sauvetage en mer avec des navires dédiés, dont le Ridens fait partie depuis 2023.

Le dossier dépasse donc le cadre strict d’un conflit social à bord : il interroge les conditions d’armement et de management d’un navire engagé dans une mission régalienne sensible. Le département du Nord a par ailleurs accueilli en mai 2026 un exercice zonal de sécurité civile, signe de la densité opérationnelle du territoire en matière de gestion de crise. Les enquêtes judiciaires liées à des accidents ou violences en milieu aquatique restent un champ actif de la justice dans toute la région.

Suite de la procédure

La plainte pour harcèlement déposée le 27 mai est désormais entre les mains du parquet de Dunkerque, qui instruit déjà une enquête préliminaire sur les faits de racisme et de mise en danger. Les deux procédures pourraient être jointes ou traitées séparément : la parquet n’a pas précisé sa position à ce stade. Le Nord suit ce dossier de près, qui mêle enjeux sociaux maritimes et responsabilité d’un opérateur privé mandaté par l’État.

La prochaine étape dépend de la décision du parquet : classement, ouverture d’une information judiciaire ou jonction avec la procédure en cours. Le parquet de Dunkerque n’a pas encore communiqué sur les suites données à la plainte du 27 mai.

Sources

Amandine Delattre

Amandine Delattre

Amandine est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Nord (59), avec Lille pour chef-lieu. Spécialité du département : métropole MEL et Eurostar/Thalys. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

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