Édouard Philippe lance sa campagne présidentielle : « remettre de l’ordre » et attaques tous azimuts
Devant 5 000 personnes à l'Adidas Arena, l'ancien Premier ministre promet des peines courtes systématiques et l'expulsion des étrangers délinquants, tout en ciblant RN et LFI.
Édouard Philippe a officiellement lancé sa campagne pour la présidentielle de 2027, le 5 juillet 2026, à Paris. L'ancien Premier ministre a réuni près de 5 000 personnes, dont un millier d'élus, pour un discours axé sur l'ordre, la justice et une offensive contre ses adversaires.
L’essentiel
- Fait 1 : Édouard Philippe a réuni près de 5 000 personnes, dont plus d’un millier d’élus, le 5 juillet 2026 à l’Adidas Arena de Paris pour lancer sa campagne présidentielle.
- Fait 2 : Il promet l’application systématique de courtes peines de prison et l’expulsion des étrangers délinquants, avec suppression de leurs aides sociales.
- Fait 3 : Il a attaqué le RN (« un en même temps qui ne s’assume pas ») et LFI (« choix de la division communautaire et antisémitisme »).
- Fait 4 : Parmi les soutiens présents figurent la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et le député LR Laurent Wauquiez.
- Fait 5 : Il a évoqué ses maladies (vitiligo, alopécie) pour appeler à une parole politique plus sincère.
Un meeting de lancement sous le signe de l’ordre
Le 5 juillet 2026, Édouard Philippe a officiellement lancé sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027 devant près de 5 000 personnes réunies à l’Adidas Arena, à Paris. Selon le parti Horizons, plus d’un millier d’élus étaient présents, parmi lesquels la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefevre, le ministre délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier (LR) et le président du Parti radical Laurent Henart. Un signe de la volonté du maire du Havre de rassembler le bloc central et la droite républicaine.
« Il faut remettre de l’ordre dans les affaires de la France », a-t-il déclaré, selon les comptes rendus de TV5Monde et d’Orange Actu. Le candidat a placé la justice et la sécurité au cœur de son programme. Il propose d’appliquer systématiquement de courtes peines de prison, y compris pour des délits mineurs, et d’expulser les étrangers condamnés, avec suppression de leurs aides sociales.
Une offensive tous azimuts contre les extrêmes
La tonalité du discours était résolument offensive. Édouard Philippe a vivement critiqué le Rassemblement national, qu’il a accusé d’« un en même temps qui ne s’assume pas » et d’opportunisme politique. Il a ensuite fustigé La France insoumise, lui reprochant de faire « le choix de la division communautaire » et de flirter avec l’antisémitisme. « Quand on est obligé de choisir entre l’antisémitisme et la République, on choisit la République », a-t-il lancé.
Ces attaques frontales, rapportées par LCP et Boursorama, visent à capter l’électorat modéré tout en tentant de marginaliser les extrêmes. L’ancien Premier ministre n’a pas épargné non plus le gouvernement sortant, sans le nommer, en dénonçant une « impuissance collective » face aux défis sécuritaires.
Le candidat authentique : santé, féminisme et rupture de ton
Dans une séquence plus personnelle, Édouard Philippe a évoqué ses problèmes de santé passés : le vitiligo et l’alopécie, deux maladies auto-immunes qui affectent la peau et les cheveux. « Je n’ai pas voulu en faire un spectacle médiatique, mais je crois que les Français ont droit à une parole politique sincère », a-t-il expliqué, selon Orange Actu. Une manière de se démarquer du « en même temps » macroniste et de cultiver une image de franchise.
Sur le terrain des droits des femmes, il a prononcé un « plaidoyer féministe », promettant de « donner plus de moyens et d’autorité aux femmes dans les décisions collectives ». Un thème qui pourrait séduire un électorat modéré sensible à l’égalité, mais qui devra être précisé dans les semaines à venir.
Contexte dans la Seine-Maritime
Édouard Philippe reste avant tout le maire du Havre, ville de la Seine-Maritime (76) dont il est le premier édile depuis 2010 et où il a été réélu en 2020. Ce département, historiquement ancré à gauche et marqué par une forte tradition ouvrière, a basculé dans le giron macroniste en 2017. Philippe y bénéficie d’une popularité réelle, notamment pour son action après l’incendie de l’usine Lubrizol en 2019 et pour le développement du port. Son ancrage local lui sert de vitrine pour incarner une « droite de gouvernement » ancrée dans les territoires. Mais la concurrence à droite - avec Laurent Wauquiez ou Valérie Pécresse - pourrait compliquer la donne dans un département où Les Républicains conservent des bastions.
Prochaine étape : la conquête des terres du centre
Ce meeting parisien n’est que le premier acte d’une campagne qui s’annonce longue. Édouard Philippe devra maintenant transformer l’essai en allant convaincre au-delà de son socle. Les prochains déplacements en province, notamment dans les Hauts-de-France et en Occitanie, seront scrutés. D’ici à l’automne, il devra clarifier ses alliances - avec ou sans Les Républicains - et affronter les primaires du bloc central. Une chose est sûre : le ton est donné.