Edwige Diaz (RN) : « Pas d’opposition entre classes populaires et chefs d’entreprise »

La députée girondine défend sur Franceinfo le tournant économique de son parti, entre séduction patronale et ancrage populaire

Edwige Diaz (RN) : « Pas d'opposition entre classes populaires et chefs d'entreprise »
Illustration Hugo Castaing / info.fr

Invitée de Franceinfo le 2 mai 2026, Edwige Diaz, députée RN de la 11e circonscription de Gironde et vice-présidente du parti, a défendu le positionnement pro-entreprises du Rassemblement National. Elle rejette toute opposition entre monde du travail et patronat, et critique les syndicats sur leur attitude du 1er mai.

Edwige Diaz, députée RN de la 11e circonscription de Gironde et vice-présidente du Rassemblement National depuis novembre 2022, était l’invitée politique de Franceinfo ce samedi 2 mai 2026. Au lendemain du 1er mai, elle a défendu la ligne économique de son parti, en affirmant que le RN « n’oppose pas les classes populaires aux chefs d’entreprise ».

L’essentiel

  • Interview : Edwige Diaz sur Franceinfo le 2 mai 2026, émission « Invitée politique », sur le discours pro-patronat du RN.
  • Citation clé : « Nous n’opposons pas les classes populaires aux chefs d’entreprise », déclare la députée.
  • Mandat : Élue en juin 2022 avec 58,7 % des voix, réélue en 2024 avec 53,33 % dans la 11e circonscription de Gironde.
  • Économie locale : +13,3 % de créations d’entreprises en Gironde au T1 2026, selon l’INSEE (667 immatriculations en janvier seul).
  • Municipales : Le RN vise une quarantaine d’élus en Gironde lors des scrutins des 15 et 22 mars 2026.

Ce qu’elle a dit sur Franceinfo

L’interview du 2 mai porte sur trois axes : la relation du RN au monde patronal, la question des syndicats et le bilan du 1er mai. Sur le premier point, Edwige Diaz assume pleinement le tournant pro-entreprises du parti.

Sur les syndicats, la députée girondine se montre plus offensive. Selon Franceinfo, elle estime « qu’il n’est pas normal que les syndicats refusent de discuter avec nous » - une critique directe adressée aux centrales qui maintiennent une ligne de non-dialogue avec le RN lors des mobilisations du 1er mai.

Un positionnement assumé depuis 2022

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Ce discours n’est pas nouveau. Depuis l’élection d’Edwige Diaz en juin 2022 - première victoire RN dans cette circonscription avec 58,7 % des voix face à la sortante LREM - la vice-présidente du parti défend régulièrement les intérêts des entreprises et des entrepreneurs dans ses interventions publiques, comme elle l’a rappelé sur son compte X en avril 2026.

À l’échelle nationale, ce virage pro-patronat du RN est documenté depuis 2022. Selon BFMTV, le parti tente de clarifier son programme économique auprès des chefs d’entreprise, avec une ligne portée par Jordan Bardella jugée plus libérale, face à une approche plus sociale revendiquée par Marine Le Pen. Des rencontres avec le Medef et des propositions de baisse de la fiscalité sur les sociétés ont accompagné cette évolution, selon RTL. Le RN cherche à convaincre patrons et PME sans perdre son électorat populaire : c’est précisément l’équilibre qu’Edwige Diaz tente d’incarner en Gironde. Sur ce positionnement économique, le débat sur le SMIC et sa revalorisation de 2 % annoncée pour juin illustre les tensions entre revendications salariales et contraintes pour les employeurs.

Contexte dans la Gironde

Le terrain girondin n’est pas indifférent à ce positionnement. Selon l’INSEE, les créations d’entreprises dans le département ont progressé de 5 % en 2025 par rapport à 2024, atteignant environ 7 680 sociétés sur l’année. La tendance s’accélère : au premier trimestre 2026, les immatriculations ont bondi de 13,3 % par rapport à la même période en 2025, avec 667 créations enregistrées en janvier seul.

Ce dynamisme entrepreneurial constitue un vivier électoral que le RN entend capter. Edwige Diaz est impliquée dans la préparation des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, avec des listes en Haute-Gironde et à Bordeaux métropole, selon son site officiel. L’objectif affiché : une quarantaine d’élus pour consolider l’implantation locale du parti. À ce titre, la structuration du RN dans les départements voisins, comme en Dordogne avec la nomination d’un nouveau délégué, s’inscrit dans la même dynamique régionale.

La Gironde compte parmi les départements où le RN a enregistré ses progressions les plus nettes aux législatives. Edwige Diaz a été réélue dès le premier tour en 2024 avec 53,33 % des suffrages, selon les résultats relayés par ici.fr - une performance qui lui confère une légitimité locale solide pour porter ce discours.

Syndicats : la fracture reste entière

Sur le volet syndical, les déclarations de la députée font écho à une ligne constante du RN : se présenter comme interlocuteur légitime du monde du travail tout en dénonçant l’isolement que lui imposent les organisations syndicales. Lors du 1er mai 2026, les cortèges nationaux ont vu plusieurs formations de gauche défiler ensemble - à Dax, Boris Vallaud conduisait un cortège de 600 manifestants - sans aucune présence RN tolérée dans les rangs.

Le refus de dialogue dénoncé par Edwige Diaz renvoie à une question structurelle : le RN peut-il crédibiliser un discours de défense des salariés tant que les syndicats majoritaires lui refusent toute légitimité dans l’espace social ?

Prochaine étape

Les municipales des 15 et 22 mars 2026 constitueront le premier test grandeur nature pour cette stratégie girondine du RN. Les listes menées ou soutenues par le parti en Haute-Gironde et à Bordeaux permettront de mesurer la traduction électorale de ce discours pro-entreprises sur un territoire à fort tissu de PME.

Sources

Hugo Castaing

Hugo Castaing

Hugo est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Gironde (33), avec Bordeaux pour chef-lieu. Spécialité du département : viticulture Bordeaux (4 milliards CA) et métropole étudiante. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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