Elon Musk interpelle Ryanair sur X : simple provocation ou rachat à 12,4 milliards ?

Le milliardaire a publié un sondage sur l'achat de la compagnie aérienne, sept mois après son retrait fracassant du gouvernement Trump

Elon Musk interpelle Ryanair sur X : simple provocation ou rachat à 12,4 milliards ?
Elon Musk devant un avion Ryanair dans un aéroport moderne Alexandre Mercier / INFO.FR (img2img)

Sept mois après avoir quitté la commission DOGE dans un climat délétère, Elon Musk relance la machine à buzz. Le patron de Tesla et SpaceX a directement interpellé Ryanair sur son réseau social X, demandant « combien cela coûterait » pour racheter la compagnie low-cost irlandaise. Une provocation qui intervient alors que le milliardaire a récemment confié regretter son implication politique, qui a coûté cher à ses entreprises avec des Tesla incendiées et des ventes en chute libre.

L'essentiel - les faits vérifiés
  • Elon Musk a interpellé Ryanair sur X le 20 janvier 2026, demandant combien coûterait le rachat de la compagnie irlandaise valorisée à 12,4 milliards d'euros
  • Le milliardaire a lancé un sondage proposant de racheter Ryanair et de rétablir Ryan comme dirigeant légitime, sept mois après son retrait du DOGE
  • En décembre 2025, Musk a confié regretter son implication dans la commission DOGE de Trump, qui a provoqué des boycotts et l'incendie de Tesla
  • Le bilan du DOGE reste contesté : 214 milliards de dollars d'économies selon la commission, mais seulement 12 milliards selon le site indépendant DOGE Tracker
  • Cette provocation intervient après le lancement controversé de Grokipedia en octobre 2025 et les polémiques autour des deepfakes générés par Grok fin décembre

Le 20 janvier 2026, Elon Musk a une nouvelle fois démontré son appétit pour les coups d’éclat médiatiques. En réponse à une publication du compte officiel de Ryanair sur X, le milliardaire a posé une question aussi directe qu’inattendue : « Combien cela coûterait-il pour t’acheter ? ». Une interrogation qui a immédiatement enflammé les réseaux sociaux, d’autant que Musk a doublé la mise en lançant un sondage auprès de ses 200 millions d’abonnés : « Acheter Ryanair et rétablir Ryan comme son dirigeant légitime ». Une référence à peine voilée à Michael O’Leary, actuel PDG de la compagnie aérienne irlandaise, valorisée à environ 12,4 milliards d’euros en bourse.

Les cicatrices de l’aventure politique

Cette sortie intervient dans un contexte particulier pour Elon Musk. Selon Le Parisien, le milliardaire a récemment confié lors du podcast conservateur « The Katie Miller Podcast » qu’il regrettait son implication dans la Commission pour l’efficacité gouvernementale (DOGE) de Donald Trump. À la question « le referiez-vous ? », l’homme le plus riche du monde a répondu sans détour : « Non, je ne pense pas ».

Les raisons de ces regrets sont tangibles. Comme le rapporte Le Devoir, les ventes de Tesla ont plongé dans le monde entier pendant son mandat au DOGE. Des boutiques ont été la cible de manifestations et de dégradations, des véhicules en circulation ont été endommagés, et des stations de recharge ont même été incendiées. « Et ils n’auraient pas brûlé les voitures », a-t-il relevé avec amertume lors de son interview en décembre 2025.

« Je pense qu’au lieu de faire DOGE, j’aurais tout simplement travaillé à mes entreprises », a confié Elon Musk lors du podcast The Katie Miller.

Un bilan gouvernemental contesté

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L’aventure DOGE, lancée dès l’investiture de Donald Trump en janvier 2025, visait à réduire drastiquement les dépenses fédérales américaines. Selon L’Opinion, Elon Musk avait initialement évoqué 2 000 milliards de dollars de coupes budgétaires pendant la campagne présidentielle, avant de réviser ses ambitions à 1 000 milliards. Au final, les résultats sont bien en deçà : le compteur officiel de la commission affichait 214 milliards de dollars d’économies au 4 octobre 2025.

Mais cette version est contestée. Le site indépendant « DOGE Tracker » arrivait à un total de seulement 12 milliards de dollars en mai 2025, au moment où Elon Musk a quitté la commission dans un climat de tensions acrimonieuses avec Donald Trump. Comme le précise Autoplus, cette période a coïncidé avec l’arrivée du Model Y restylé, qui a connu des débuts poussifs en raison du boycott de la marque. La commission DOGE a officiellement cessé d’exister comme structure centralisée fin 2025, bien qu’un décret présidentiel prévoyait sa survie jusqu’à l’été 2026.

Retour aux fondamentaux ou nouvelle distraction ?

L’interpellation de Ryanair pourrait marquer le retour d’Elon Musk à ce qu’il fait de mieux : provoquer, créer le buzz et potentiellement transformer une boutade en projet réel. Le milliardaire a déjà prouvé par le passé qu’il n’hésitait pas à aller jusqu’au bout de ses idées les plus folles. En 2018, il avait commercialisé un lance-flammes via The Boring Company. Plus récemment, selon Siècle Digital, il a annoncé en octobre 2025 le lancement de « Grokipedia », une alternative à Wikipédia qu’il accuse d’être biaisée, s’appuyant sur son intelligence artificielle Grok.

Mais cette IA n’est pas exempte de controverses. D’après Le Temps, fin décembre 2025, Elon Musk a lancé une nouvelle fonction sur X permettant de créer des deepfakes via Grok, générant un tsunami de photos trafiquées de célébrités et d’anonymes. Une polémique qui s’ajoute à une année 2025 particulièrement tumultueuse pour le milliardaire.

Ryanair, une cible cohérente ?

Le choix de Ryanair n’est peut-être pas aussi aléatoire qu’il n’y paraît. La compagnie irlandaise, connue pour sa communication décalée et provocatrice sur les réseaux sociaux, partage avec Elon Musk un goût prononcé pour la controverse. Michael O’Leary, son PDG emblématique depuis 1994, a bâti l’empire du low-cost européen sur un modèle ultra-rationalisé qui pourrait séduire un entrepreneur obsédé par l’efficacité opérationnelle. Avec une capitalisation boursière d’environ 12,4 milliards d’euros au 20 janvier 2026, Ryanair représenterait une acquisition significative mais largement à la portée de l’homme le plus riche du monde.

« Nous avons mis un terme à beaucoup de financements qui n’avaient tout simplement aucun sens, qui étaient entièrement du gaspillage », a néanmoins défendu Elon Musk concernant son bilan au DOGE.

Simple provocation ou projet sérieux ?

La question reste entière : Elon Musk est-il sérieux ou s’agit-il d’une nouvelle provocation destinée à maintenir son omniprésence médiatique ? Le précédent de Twitter, racheté 44 milliards de dollars en octobre 2022 après des mois de tergiversations et rebaptisé X, démontre que le milliardaire peut transformer un coup de tête en acquisition réelle. Cependant, son récent aveu de regret concernant son implication politique suggère peut-être une volonté de se recentrer sur ses entreprises historiques : Tesla, SpaceX et X.

Les prochaines heures révéleront si Ryanair répond à cette interpellation publique et comment les marchés financiers réagiront à cette nouvelle saillie du milliardaire. Une chose est certaine : après une année 2025 marquée par l’échec relatif du DOGE et les controverses autour de Grok, Elon Musk semble déterminé à reprendre la main sur son image et ses projets entrepreneuriaux. Reste à savoir si le ciel européen accueillera bientôt des avions aux couleurs de l’empire Musk, ou si cette proposition rejoindra la longue liste de ses provocations sans lendemain.

Sources

  • Le Parisien (11 décembre 2025)
  • Le Devoir (12 octobre 2025)
  • L'Opinion (11 décembre 2025)
  • Autoplus (11 décembre 2025)
  • Siècle Digital (1 octobre 2025)
  • Le Temps (7 janvier 2026)
Alexandre Mercier

Alexandre Mercier

Analyste économique et journaliste à INFO.FR. Formation supérieure en économie et communication. Spécialisé en rédaction web et analyse des marchés financiers. Couvre l'actualité économique française et internationale au quotidien. Passionné par la vulgarisation des sujets économiques complexes.

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