Épernay : un infirmier condamné à 1 an ferme pour 1,3 M€ de fraude à la Sécu

Le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne a rendu son verdict le 27 mai 2026 contre Maximilien Thuillier, 39 ans, pour escroquerie aggravée à la CPAM de la Marne.

Épernay : un infirmier condamné à 1 an ferme pour 1,3 M€ de fraude à la Sécu
Illustration Nathalie Roussel / info.fr

Maximilien Thuillier, infirmier libéral de 39 ans exerçant à Épernay, a été condamné le 27 mai 2026 par le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne à quatre ans de prison dont un an ferme. La fraude aux soins fictifs, commise entre 2019 et 2023, a causé un préjudice de près de 1,3 million d'euros à la CPAM de la Marne. Son bien immobilier, ses comptes et ses contrats d'assurance-vie sont confisqués.

Maximilien Thuillier, infirmier libéral de 39 ans exerçant à Épernay, a été condamné le 27 mai 2026 par le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne à quatre ans de prison dont un an ferme. La fraude aux soins fictifs, commise entre 2019 et 2023, a causé un préjudice de près de 1,3 million d’euros à la CPAM de la Marne. Son bien immobilier, ses comptes et ses contrats d’assurance-vie sont confisqués.

L’essentiel

  • Condamnation : 4 ans de prison dont 1 an ferme pour Maximilien Thuillier, 39 ans, infirmier libéral à Épernay, prononcée le 27 mai 2026.
  • Préjudice : près de 1,3 million d’euros retenu par le tribunal (contre 1,8 M€ chiffrés initialement par le parquet en mars 2026).
  • Confiscations : une résidence estimée à ~1 M€, 66 000 € sur 4 comptes bancaires, deux contrats d’assurance-vie (207 000 €).
  • Complice : une infirmière remplaçante de 44 ans condamnée à 80 000 € d’amende et 5 ans d’interdiction d’exercer.
  • Période de fraude : environ 4 ans, de 2019 à 2023, dans le secteur d’Épernay, via des soins fictifs facturés à la CPAM de la Marne.

Quatre ans après les premiers actes frauduleux, le verdict

L’audience de jugement s’était tenue le 11 mars 2026. Le tribunal a rendu son verdict deux mois et demi plus tard, le 27 mai, selon France 3 Grand Est et L’Union. La peine prononcée - quatre ans dont un an ferme - est assortie d’une interdiction définitive et immédiate d’exercer comme infirmier libéral. Thuillier se voit également imposer cinq ans d’inéligibilité et la réparation intégrale des dommages causés à la CPAM de la Marne, avec effet immédiat.

Le préjudice retenu par le tribunal, près de 1,3 million d’euros, est inférieur aux 1,8 million d’euros chiffrés par le parquet lors des réquisitions de mars. Le Figaro et France 3 confirment ce chiffre de manière concordante.

Le mode opératoire : soins fictifs sur quatre ans

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Entre 2019 et 2023, Maximilien Thuillier a systématiquement facturé à la CPAM de la Marne des actes infirmiers non réalisés, non justifiés, ou effectués par une remplaçante sans contrat valide. Selon France 3 Grand Est, l’ensemble des facturations transitait sous son seul nom, quel que soit l’acte concerné. Les magistrats ont relevé, selon L’Union, qu’il « avait déjà fraudé » par le passé, ajoutant que « cela porte atteinte au métier d’infirmier ».

L’Ordre national des infirmiers s’est joint à la procédure pour préserver l’honneur de la corporation, selon linfo.re, qui avait suivi l’audience de mars.

Les confiscations, pièce centrale du jugement

Au-delà de la peine de prison, le tribunal a ordonné la confiscation d’un ensemble patrimonial significatif. Détail relayé par @PoliceRealites sur X à partir du communiqué du parquet :

Une résidence évaluée à environ 1 million d’euros, 66 000 euros répartis sur quatre comptes bancaires, et deux contrats d’assurance-vie d’un montant total de 207 000 euros sont ainsi saisis. Ces mesures visent à récupérer une partie du préjudice causé à l’assurance maladie.

La complice écope d’une amende réduite

L’infirmière remplaçante de 44 ans, identifiée sous le nom Hollande dans certains médias, a été condamnée à 80 000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction d’exercer, selon L’Union et Le Figaro. Ces peines sont inférieures aux réquisitions du parquet, qui demandait un an de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende. Le tribunal a donc retenu une sanction plus clémente pour la complice, tout en maintenant l’interdiction professionnelle.

Le parquet met en garde sur la fraude sociale

La procureure Annick Browne a tenu à cadrer publiquement la portée de cette affaire. Dans un message relayé par les médias et sur X : « La fraude à l’assurance maladie n’est pas une fraude abstraite : elle porte atteinte à notre système, unique, de sécurité sociale reposant sur la solidarité nationale et financé par l’ensemble des citoyens. »

Pour la profession infirmière, dans le Grand Est également secoué par diverses affaires institutionnelles cette année, la réaction de l’ordre professionnel est sans ambiguïté. Patricia Schneider, présidente du Conseil interdépartemental des infirmiers des Ardennes et de la Marne (CIDOI 08-51), a qualifié les peines de « proportionnées » et « adaptées », selon France 3 Grand Est.

Contexte dans la Marne

La Marne est un département de 570 000 habitants environ, dont Épernay constitue l’un des pôles économiques secondaires, derrière Châlons-en-Champagne, préfecture et siège du tribunal correctionnel. La CPAM de la Marne couvre l’ensemble du département. Les fraudes à l’assurance maladie par des professionnels de santé restent rares dans la Marne sous cette forme et à cette échelle : aucun précédent comparable n’a été documenté publiquement dans le département ces dernières années, selon les sources disponibles. À Châlons-en-Champagne, la ville accueille régulièrement des événements institutionnels d’envergure régionale, dont les audiences du tribunal correctionnel qui couvre la Marne. La portée symbolique de ce jugement dépasse le seul département : il intervient alors que la lutte contre la fraude aux prestations sociales est renforcée au niveau national, avec des outils de contrôle croissants pour les CPAM.

Les deux condamnés ont fait appel du jugement, selon France 3 Grand Est. L’affaire sera donc rejugée devant la cour d’appel de Reims, sans date fixée à ce stade. La Marne reste sous surveillance dans plusieurs domaines institutionnels ce printemps 2026.

Sources

Nathalie Roussel

Nathalie Roussel

Nathalie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Marne (51), avec Châlons-en-Champagne pour chef-lieu. Spécialité du département : AOC champagne (5 milliards CA) et Reims UNESCO. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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