Essonne : un prof particulier incarcéré pour messages sexuels déguisés en soutien scolaire

Un homme de 32 ans résidant à Créteil a été placé en détention provisoire après trois plaintes de familles de Morsang-sur-Orge et Viry-Châtillon.

Essonne : un prof particulier incarcéré pour messages sexuels déguisés en soutien scolaire
Illustration Caroline Petit / info.fr

Un professeur particulier de 32 ans a été incarcéré en Essonne après avoir envoyé des messages à caractère sexuel explicites à trois adolescentes de 16 et 17 ans, contactées via les réseaux sociaux sous prétexte de soutien scolaire. Trois plaintes parentales, étayées par des captures d'écran, ont déclenché l'enquête. Le tribunal judiciaire d'Évry-Courcouronnes a ordonné sa détention provisoire.

Un professeur particulier de 32 ans résidant à Créteil (Val-de-Marne) a été placé en détention provisoire par un juge du tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes. Il est mis en cause pour corruption et tentative de corruption de mineurs de plus de 15 ans, selon Le Parisien qui a révélé l’affaire le 6 mai 2026.

L’essentiel

  • Trois victimes : des adolescentes de 16 et 17 ans, résidant à Morsang-sur-Orge et Viry-Châtillon (Essonne)
  • Tarif affiché : 32 €/h pour des cours de soutien scolaire proposés via réseaux sociaux
  • Enquête : menée par le commissariat de Juvisy-sur-Orge, avec saisie du téléphone et de l’ordinateur du suspect
  • Décision judiciaire : détention provisoire ordonnée par le TJ d’Évry-Courcouronnes ; jugement attendu dans les semaines à venir
  • Position du suspect : nie les faits depuis sa garde à vue

Un contact via les réseaux sociaux, puis des messages explicites

Le mode opératoire est documenté par les plaintes et les captures d’écran remises aux enquêteurs. L’homme contactait des adolescentes sur les réseaux sociaux en se présentant comme professeur particulier, proposant ses services à 32 euros de l’heure. Après un premier échange sur le soutien scolaire, il envoyait des messages à caractère sexuel explicites.

Trois familles de Morsang-sur-Orge et de Viry-Châtillon ont déposé plainte, après que leurs filles leur ont montré les échanges. Les captures d’écran ont constitué la base du dossier transmis au commissariat de Juvisy-sur-Orge, chargé de l’enquête.

Interpellation à domicile, matériel saisi

Publicité

Le suspect a été interpellé à son domicile de Créteil la semaine dernière, selon Le Parisien. Son téléphone et son ordinateur ont été saisis. Placé en garde à vue, il a nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.

À l’issue de la procédure, un juge du tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes a ordonné sa détention provisoire. Le jugement est attendu dans les semaines à venir, sans date précise communiquée à ce stade.

Contexte dans l’Essonne

Ce n’est pas la première affaire de ce type dans le département. En novembre 2025, un animateur périscolaire avait été mis en examen et écroué en Essonne après avoir reconnu des agressions sexuelles sur au moins dix enfants, selon BFMTV. En 2016, un professeur de mathématiques de Villemoisson-sur-Orge avait été mis en examen pour agression sexuelle sur mineur - il avait déjà été condamné pour des faits similaires en Grande-Bretagne, selon France Info et Le Figaro.

L’Essonne compte environ 1,4 million d’habitants et concentre plusieurs zones urbaines denses au nord du département, dont Évry-Courcouronnes, siège du tribunal judiciaire compétent pour ces affaires.

À l’échelle nationale, le ministère de l’Intérieur a recensé 132 300 victimes de violences sexuelles en 2025, dont 76 200 mineures (58 %), en hausse de 8 % par rapport à 2024. Par ailleurs, selon le ministère chargé de l’Égalité femmes-hommes, 15 % des filles et 12 % des garçons au collège déclaraient en 2025 avoir été exposés à au moins une forme de violence sexuelle. Ces chiffres sont à prendre avec précaution : ils reflètent aussi une meilleure prise en charge des signalements.

La protection des mineurs en ligne reste un enjeu récurrent pour les services de police de l’agglomération parisienne. Des associations locales de prévention en milieu scolaire rappellent régulièrement aux familles les précautions à prendre face aux sollicitations via les réseaux sociaux.

Ce que dit la loi

La corruption de mineur de plus de 15 ans est punie par le droit français d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, portée à sept ans et 100 000 euros lorsque les faits sont commis par une personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions. La qualification exactement retenue dans ce dossier n’a pas été précisée par le parquet d’Évry-Courcouronnes à ce stade.

Le suspect n’exerçait pas dans un établissement scolaire public ou privé sous contrat : il proposait des cours à titre indépendant, ce qui limite les obligations de signalement qui s’imposent aux personnels de l’Éducation nationale.

Prochaine étape

Le jugement doit intervenir dans les prochaines semaines devant le tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes. Le suspect reste incarcéré en détention provisoire dans l’attente de cette audience.

Sources

Caroline Petit

Caroline Petit

Caroline est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Essonne (91), avec Évry-Courcouronnes pour chef-lieu. Spécialité du département : Genopole (biotech) et Saclay (recherche). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie