Canicule dans l’Eure : les horaires de moisson allégés dès ce vendredi 26 juin
Le préfet Xavier Delarue a signé un arrêté qui réduit l'interdiction de moissonner de 13h à 18h en vigilance rouge, tout en renforçant la mobilisation des pompiers.
Face à des températures record (41-42 °C) et un risque incendie élevé, le préfet de l'Eure a assoupli les restrictions agricoles. Les moissons sont désormais interdites entre 13h et 18h à partir du 26 juin. 340 sapeurs-pompiers restent mobilisés.
L’essentiel
- Températures : l’Eure est en vigilance rouge canicule depuis mardi 23 juin, avec des pointes à 41 °C.
- Nouvel horaire : les moissons sont interdites de 13h00 à 18h00 à compter du vendredi 26 juin, au lieu de 12h00-20h00 auparavant.
- Mobilisation : 340 sapeurs-pompiers du SDIS 27 sont déployés pour prévenir les incendies de récoltes.
- Visite : le préfet s’est rendu à Saint-André-de-l’Eure pour échanger avec les agriculteurs.
Eure - Alors que le département reste en vigilance rouge canicule depuis le 23 juin, avec des températures flirtant avec les 42 °C, le préfet Xavier Delarue a signé un arrêté qui allège les interdictions de travaux agricoles. Publié au recueil des actes administratifs du 25 juin, ce texte entre en vigueur ce vendredi 26 juin.
La principale mesure concerne la fenêtre horaire des moissons. Désormais, l’interdiction de moissonner est limitée à la plage 13h-18h, contre 12h-20h la veille. « Nous devons concilier la nécessité de sauver les récoltes, déjà mises à rude épreuve par la sécheresse, et la prévention des incendies de végétation », explique la préfecture.
Ce qui change pour les moissonneurs
L’arrêté préfectoral du 25 juin précise que les moissons sont autorisées en dehors de ces cinq heures critiques. Les exploitants doivent néanmoins respecter des consignes strictes : disposer d’une tonne à eau et d’un déchaumeur prêts à intervenir sur chaque chantier, comme le recommande la chambre d’agriculture de Normandie. Une dérogation exceptionnelle permet également aux entreprises de BTP de commencer leurs travaux bruyants dès 6 h du matin pour éviter les heures les plus chaudes.
Le tweet officiel de la préfecture rappelle cette nouvelle règle, en soulignant l’adaptation nécessaire face au risque incendie « toujours présent ».
340 pompiers mobilisés dans les plaines
Pour faire face au risque accru de feux d’espaces naturels et de récoltes, le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 27) maintient un dispositif de 340 sapeurs-pompiers. Ces effectifs, répartis sur l’ensemble du territoire, sont prêts à intervenir rapidement en cas de départ de feu. « Les plaines céréalières de l’Eure sont particulièrement exposées », indique le SDIS. Ce renforcement humain s’ajoute à la surveillance des massifs forestiers et des zones sensibles.
Un précédent récent dans la région - comme l’incendie de 20 hectares à Saint-Aubin-le-Cloud - illustre la rapidité avec laquelle les feux peuvent se propager par fortes chaleurs. La préfecture invite les habitants à signaler tout départ de fumée au 18 ou au 112.
Visite du préfet à Saint-André-de-l’Eure
Xavier Delarue s’est rendu ce vendredi matin à Saint-André-de-l’Eure, commune du centre du département, pour rencontrer les agriculteurs et les élus locaux. « Il s’agit d’expliquer les nouvelles règles et de rappeler les bons gestes », a-t-il déclaré. Sur place, le préfet a insisté sur l’importance de la « culture du risque » en période de canicule, alors que les températures ne devraient pas baisser avant le début de la semaine prochaine, selon Météo-France.
Lors de cette visite, plusieurs exploitants ont fait part de leur soulagement. « On gagne cinq heures de travail par jour, c’est énorme pour les récoltes qui arrivent à maturité », témoigne un céréalier du secteur, sous couvert d’anonymat. D’autres s’inquiètent toutefois de la persistance des restrictions : « On espère que la vigilance rouge ne durera pas trop longtemps, car les épis commencent à sécher sur pied. »
Par ailleurs, la préfecture a également assoupli les horaires pour les chantiers du BTP, autorisant un début à 6 h. Cette dérogation, valable pendant toute la durée de la vigilance rouge, vise à limiter l’exposition des ouvriers aux heures les plus chaudes de la journée.
Contexte dans l’Eure
Avec près de 600 000 habitants, l’Eure est un département principalement rural et agricole. Les cultures céréalières (blé, orge, colza) y occupent une part importante des terres. La canicule actuelle, qualifiée d’« exceptionnelle » par Météo-France, touche durement le territoire. Les températures maximales dépassent 40 °C depuis trois jours, un record pour un mois de juin. Cette situation rappelle des épisodes similaires dans d’autres départements, comme en Ardèche où la préfecture a publié une carte du risque incendie le 26 juin. L’enjeu est double : préserver la santé publique et éviter les départs de feux.
Les services de l’État recommandent aux habitants de limiter leurs déplacements et de s’hydrater régulièrement. Les établissements recevant du public (Ehpad, écoles, centres de loisirs) sont invités à adapter leurs activités. Dans l’Essonne voisine, l’hôpital Jacques-Cartier de Massy a dû faire face à une panne de climatisation en réanimation, comme le rapporte notre confrère sur info.fr.
Enfin, la préfecture de l’Eure rappelle que toute infraction aux horaires d’interdiction des moissons expose à une contravention de 5e classe (1 500 €). Les contrôles seront renforcés dans les prochains jours.