Expulsion validée : 300 véhicules de gens du voyage doivent quitter Grimaud
Le tribunal administratif de Toulon a rejeté le recours des occupants. Le préfet du Var avait pris un arrêté de mise en demeure dès dimanche 21 juin.
Installés illégalement depuis dimanche sur des terrains privés à Grimaud, environ 300 véhicules et caravanes doivent évacuer. Le tribunal administratif de Toulon a validé ce jeudi 25 juin l'arrêté préfectoral ordonnant le départ.
L’essentiel
- 160 véhicules, 121 caravanes et 8 remorques : installés depuis le dimanche 21 juin 2026 sur des terrains privés à Grimaud (Var), après une entrée par effraction.
- Arrêté préfectoral : le préfet du Var a mis en demeure les occupants le 21 juin, évoquant des risques de branchements électriques illicites et d’incendie.
- Justice : le tribunal administratif de Toulon a rejeté le recours des occupants ce jeudi 25 juin, validant l’expulsion.
- Décision exécutoire : l’arrêté préfectoral est confirmé, les forces de l’ordre peuvent intervenir pour faire évacuer les lieux.
Depuis le dimanche 21 juin 2026, environ 160 véhicules, 121 caravanes et 8 remorques de gens du voyage occupent illégalement des terrains privés à Grimaud, dans le Golfe de Saint-Tropez. Selon le préfet du Var, l’installation s’est faite par effraction. Le tribunal administratif de Toulon, saisi en référé, a rejeté ce jeudi 25 juin le recours des occupants et validé l’arrêté de mise en demeure pris par le préfet.
Une installation massive dès le week-end
Selon le média local Var Actu, les premiers véhicules sont arrivés dans la nuit du samedi 20 au dimanche 21 juin. Les occupants ont pénétré sur plusieurs parcelles privées sans autorisation. Le préfet du Var, alerté dès le dimanche matin, a dressé un premier bilan : 160 véhicules, 121 caravanes et 8 remorques. Ce chiffre est monté à 300 au fil des jours, selon les constatations de la gendarmerie.
La même source indique que les propriétaires des terrains ont porté plainte. La mairie de Grimaud, contactée, n’a pas encore communiqué officiellement.
L’arrêté préfectoral du 21 juin
Le préfet du Var a pris un arrêté de mise en demeure le 21 juin, ordonnant aux occupants de quitter les lieux sous 48 heures. Le document mentionne des risques liés aux branchements électriques illicites, à l’utilisation non contrôlée de l’eau et à l’usage de barbecues. Il s’appuie sur l’article L.2212-2 du code général des collectivités territoriales, qui permet au maire et au préfet de prévenir les troubles à l’ordre public.
La décision du tribunal administratif
Saisi en référé par les occupants, le tribunal administratif de Toulon a examiné le recours ce jeudi 25 juin. Dans une décision rendue en audience publique, les juges ont estimé que l’urgence était caractérisée et que l’arrêté préfectoral était proportionné. Le recours a été rejeté, confirmant l’obligation de quitter les lieux. L’expulsion peut désormais être exécutée avec le concours de la force publique.
Une telle décision n’est pas exceptionnelle dans le Var. En 2024, le même tribunal avait déjà rejeté des recours similaires à Fréjus et à Roquebrune-sur-Argens.
Contexte dans le Var
Le département du Var, et en particulier la presqu’île de Saint-Tropez, connaît chaque été des installations illégales de gens du voyage. Grimaud, commune de 4 500 habitants, voit sa population multipliée par cinq en saison touristique. Les terrains privés, souvent non bâtis, constituent des cibles faciles. Les maires réclament régulièrement des aires d’accueil permanentes. Le schéma départemental d’accueil des gens du voyage, adopté en 2022, prévoit 1 200 places mais leur réalisation prend du retard.
Ce type d’occupation génère des tensions récurrentes, les propriétaires déplorant des dégradations et des nuisances. La préfecture du Var rappelle que la loi du 5 juillet 2000 oblige les communes de plus de 5 000 habitants à disposer d’une aire d’accueil, mais Grimaud n’atteint pas ce seuil.
Prochaine étape
L’arrêté étant désormais validé par le tribunal, la préfecture du Var doit organiser l’évacuation des lieux. Aucun calendrier précis n’a été communiqué à ce stade. Les occupants, qui n’ont pas fait savoir s’ils comptaient se pourvoir en cassation, sont sous la menace d’une expulsion forcée si le départ volontaire n’intervient pas dans les prochains jours.
Un précédent similaire à Châlons-en-Champagne avait montré que la justice administrative peut être rapide en cas d’urgence caractérisée.