Fabrice Santoro et Stan Wawrinka relancent le débat sur la durée des matchs de tennis
Entre records à Roland-Garros et propositions de réforme, les deux anciens joueurs remettent en question le format des sets.
À l'occasion des récents échanges sur les réseaux sociaux, Fabrice Santoro et Stan Wawrinka ont relancé la question de la durée excessive des matchs de tennis. Le Français propose de raccourcir les sets, tandis que le Suisse pointe un problème plus vaste que la redistribution des gains.
L’essentiel
- Proposition de Santoro : « Raccourcir les sets ne serait pas une mauvaise idée », a déclaré l’ancien joueur sur X.
- Alerte de Wawrinka : « Le tennis a un problème plus important que la redistribution des gains », a tweeté le triple vainqueur en Grand Chelem.
- Record récent : À Roland-Garros 2025, le match Cerundolo-Landaluce a duré 5h58, le plus long depuis l’instauration du super tie-break en 2022.
Le débat sur la longueur des matchs de tennis n’est pas neuf, mais il vient d’être ravivé par deux voix autorisées. Fabrice Santoro, auteur du match le plus long de l’histoire de Roland-Garros (6h33 en 2004 face à Arnaud Clément), a estimé sur X que « raccourcir les sets ne serait pas une mauvaise idée ». Dans la foulée, Stan Wawrinka, vainqueur de trois tournois du Grand Chelem, a renchéri en affirmant que « le tennis a un problème plus important que la redistribution des gains ».
Un record qui interroge
Ces interventions font écho à un fait marquant du dernier Roland-Garros : le match du troisième tour entre l’Argentin Francisco Cerúndolo et l’Espagnol Martín Landaluce a duré 5 heures et 58 minutes. Selon Ouest-France, il s’agit du plus long match disputé porte d’Auteuil depuis l’instauration du super tie-break en 2022. Un record qui relance la question de la soutenabilité physique et médiatique des marathons tennistiques.
Le record absolu reste celui du match Isner-Mahut à Wimbledon en 2010, avec 11h05 de jeu étalées sur trois jours. Depuis, les instances ont tenté d’encadrer la durée : tie-break à 6-6 dans toutes les manches (sauf le dernier set à l’Open d’Australie et à Roland-Garros) et super tie-break à 10 points dans les dernières manches. Mais pour Santoro, ces mesures ne suffisent peut-être pas.
Santoro : une voix qui porte
Fabrice Santoro, aujourd’hui consultant, n’en est pas à son premier coup d’éclat. L’ancien numéro 17 mondial s’était déjà exprimé sur la réforme de la Coupe Davis, qu’il juge « massacrée » depuis 2019. Il avait également tranché le débat du GOAT en faveur de Novak Djokovic : « Si on met l’affect de côté, il n’y a pas de sujet, c’est lui qui est au-dessus », confiait-il à We Love Tennis.
Dans une interview récente, Santoro a aussi évoqué la possibilité de réduire le format des sets - par exemple en passant à quatre jeux gagnants ou en supprimant l’avantage sur le service après égalité. « Le public veut du spectacle, pas des matches interminables », résume-t-il.
Son point de vue rejoint celui de nombreux observateurs, même si les puristes y voient une atteinte à l’intégrité du jeu.
Wawrinka : un problème de fond
De son côté, Stan Wawrinka ne s’attaque pas seulement à la durée. Sa déclaration sur X - « le tennis a un problème plus important que la redistribution des gains » - suggère que le fond du problème réside dans l’équilibre économique du circuit. Le Suisse, qui a remporté l’Open d’Australie 2014, Roland-Garros 2015 et l’US Open 2016, fait partie de ceux qui dénoncent l’écart croissant entre les stars et les joueurs classés au-delà de la 100e place.
Pour Wawrinka, la question du temps de jeu ne peut être dissociée de celle des revenus : des matchs trop longs défavorisent les petits tournois et épuisent les joueurs, ce qui aggrave les inégalités. Un point de vue qui résonne particulièrement alors que l’ATP réfléchit à une réforme du calendrier pour 2027.
Contexte en France
La France, pays hôte de Roland-Garros, est particulièrement concernée par ce débat. Le tournoi parisien a déjà connu plusieurs matches historiques - au-delà de Santoro-Clément, on se souvient de Noah-Wilander en 1984 (4h11) ou plus récemment de Tsitsipas-Thiem en 2021 (plus de 4h). Selon une étude de la FFT, la durée moyenne d’un match de simple masculin à Roland-Garros est passée de 2h15 en 2000 à 2h50 en 2025. L’allongement est moins marqué chez les femmes (1h45 en moyenne).
Le super tie-break, instauré en 2022, a certes réduit le nombre de matches dépassant les 5 heures, mais il n’a pas empêché le record de Cerundolo-Landaluce. La question d’une réforme plus profonde - comme le passage à des sets courts - est désormais sur la table.
Dans une interview accordée à info.fr, Fabrice Santoro détaille sa vision : « Il faut protéger la santé des joueurs et l’attractivité du produit. » Un point de vue qui pourrait alimenter les discussions lors de la prochaine réunion du conseil des tournois du Grand Chelem.
Prochaine étape : les débats pourraient se poursuivre lors de l’ATP Cup cet été et surtout à l’US Open, où sera expérimenté un format inédit pour les qualifications.