Faillites d’entreprises : la région parisienne sous pression au printemps 2026
Au premier trimestre 2026, les défaillances progressent de 5,8 % en Île-de-France, avec des secteurs comme les services et le commerce particulièrement exposés.
La France enregistre un record historique de défaillances d'entreprises au premier trimestre 2026, avec 18 986 procédures ouvertes. L'Île-de-France n'est pas épargnée. À La Défense, la vacance des bureaux aggrave une situation déjà fragile.
18 986 défaillances d’entreprises sur les trois premiers mois de 2026. C’est le chiffre publié le 14 avril par le cabinet Altares, soit +6,4 % par rapport au premier trimestre 2025. Sur douze mois glissants, le total atteint 71 100 cas, un niveau jamais vu en France. Plus de 75 000 emplois sont menacés, dépassant le précédent record établi lors de la crise de 2009 (73 000 emplois), selon Le Monde.
En Île-de-France, la progression est de 5,8 % au premier trimestre, selon Altares. Paris concentre une part significative du phénomène : en 2025, 4 500 entreprises y avaient déjà fait faillite, soit une hausse de 22 % par rapport à l’année précédente - un niveau inédit depuis quinze ans, d’après Le Parisien. Les Hauts-de-Seine affichent également de fortes disparités.
Services et transports en première ligne
Tous les secteurs ne sont pas touchés à égalité. Selon Le Monde, les services aux particuliers enregistrent la hausse la plus forte (+17 %), devant les transports (+12,9 %) et les services aux entreprises (+11,7 %). Le commerce de détail progresse plus modestement (+3,7 %), mais reste sous tension dans un contexte de consommation atone.
Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance de fond. En 2025, la France avait déjà enregistré 68 574 défaillances, en hausse de 4 % sur douze mois glissants par rapport à 2024, selon EY. La Banque de France confirmait à fin février 2026 un total de 69 392 cas sur un an, soit +4,6 % par rapport à février 2025.
La Défense, symbole d’une crise tertiaire persistante
À La Défense, la situation illustre les fragilités structurelles du marché tertiaire francilien. Plus de 500 000 m² de bureaux restent inoccupés, représentant 14,5 % du parc disponible en mars 2026, un niveau que le télétravail généralisé contribue à entretenir.
Cette vacance pèse sur les recettes des sociétés de services et des commerces de proximité qui dépendent de la densité de salariés présents sur le quartier d’affaires.
Une loi de simplification pour tenter d’enrayer la vague
Face à ce constat, le gouvernement a adopté le 15 avril 2026 une loi de simplification de la vie économique. Le texte prévoit des mesures pour alléger les contraintes administratives, améliorer la trésorerie des entreprises et accélérer les projets industriels, selon le site info.gouv.fr. L’objectif affiché est de ramener le nombre annuel de défaillances autour de 65 000 - soit un retour au niveau d’avant la séquence post-Covid.
Si la trajectoire peut être infléchie reste une question ouverte. Les données du deuxième trimestre 2026 permettront de mesurer un éventuel effet de cette législation sur le terrain.
Sources
- Altares : Défaillances d'entreprises en France : un début d'année 2026 sous tension
- Le Monde : Le nombre d'entreprises en difficulté en France n'a jamais été aussi élevé
- Banque de France : Défaillances d'entreprises — février 2026
- info.gouv.fr : Loi de simplification de la vie économique : ce qui change pour les entreprises