Faute d’escorte, une détenue libérée d’office à Bayonne pour la deuxième fois en 15 jours
Le tribunal de Bayonne a ordonné le 22 juin la remise en liberté d’une prévenue de 39 ans, faute d’escorte pour la transférer depuis la maison d’arrêt de Pau. C’est la deuxième fois en moins de deux mois.
Le 22 juin 2026, le tribunal correctionnel de Bayonne a remis en liberté une prévenue de 39 ans qui ne pouvait pas être extraite de la maison d’arrêt de Pau, faute d’agents d’escorte. Il s’agit du deuxième épisode en deux mois pour cette même femme, déjà libérée en mai dans des conditions identiques.
L’essentiel
- Fait 1 : Une détenue de 39 ans a été remise en liberté d’office le 22 juin 2026 par le tribunal judiciaire de Bayonne, faute d’escorte pour la transférer depuis la maison d’arrêt de Pau.
- Fait 2 : C’est la deuxième fois en moins de deux semaines que cette prévenue est libérée pour le même motif logistique.
- Fait 3 : La substitute du procureur Fanny Fournier et la présidente du tribunal Florence Bouvier ont publiquement dénoncé le manque chronique d’effectifs d’escorte.
- Fait 4 : La prévenue, poursuivie pour trafic de cocaïne et agression, avait refusé de comparaître par visioconférence, contraignant les magistrats à ordonner sa libération.
Ce qui s’est passé
Le 22 juin 2026, le tribunal correctionnel de Bayonne examinait le cas d’une femme de 39 ans poursuivie pour trafic de cocaïne et agression commis sur une personne. Détenue à la maison d’arrêt de Pau, elle devait être extraite pour comparaître à l’audience. Mais aucun agent d’escorte n’était disponible, selon une source proche du dossier.
Confrontée à cette absence de transfert, la présidente du tribunal Florence Bouvier a proposé une comparution par visioconférence. La prévenue a exercé son droit de refuser ce dispositif, comme le prévoit le Code de procédure pénale. Les magistrats n’avaient alors plus d’autre choix légal que d’ordonner sa remise en liberté immédiate. La substitute du procureur Fanny Fournier a pris acte de cette situation tout en dénonçant l’incapacité de l’institution à mener sa mission.
Une répétition qui interroge
Ce n’est pas un incident isolé. La même prévenue avait déjà bénéficié d’une libération d’office en mai 2026 pour le même motif, alors qu’elle devait être jugée pour un trafic de cocaïne. Ce type de défaut d’escorte n’est pas inédit dans les Pyrénées-Atlantiques, mais sa répétition pour une même personne en l’espace de quelques semaines interpelle les acteurs judiciaires.
Selon Police & Réalités, la prévenue est connue des services de police pour des délits répétés. Sa libération en mai et celle de juin illustrent les conséquences concrètes du manque d’effectifs d’escorte dans le département. Les syndicats de police et de l’administration pénitentiaire alertent régulièrement sur la situation.
« Une institution paralysée » : les magistrats réagissent
Lors de l’audience du 22 juin, la substitute Fanny Fournier a publiquement fustigé l’incapacité de la justice à remplir ses missions à cause du manque de logistique. « Nous ne pouvons pas juger si nous ne pouvons pas faire venir les prévenus », a-t-elle déclaré, selon des propos rapportés par Actu17. La présidente Florence Bouvier a pour sa part évoqué une « séquence de crise durable » liée au manque chronique d’effectifs d’escorte.
Cette affaire suscite également la colère des syndicats policiers. Sur X, le compte @PoliceSCSI a écrit : « INCOMPRÉHENSIBLE ! Pau, une détenue remise en liberté faute d’escorte… Deuxième fois en deux semaines. »
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Ce fait divers s’inscrit dans un contexte départemental tendu. Les Pyrénées-Atlantiques comptent plusieurs établissements pénitentiaires, dont la maison d’arrêt de Pau et celle de Bayonne. Selon l’UFAP UNSa Justice, le taux de surpopulation carcérale y dépasse les 140 %. Les effectifs d’escorte, partagés entre les missions judiciaires, les transfèrements et les extractions médicales, sont jugés insuffisants par les syndicats.
Les magistrats bayonnais, comme leurs collègues palois, pointent régulièrement le nombre croissant d’audiences reportées faute d’extraction possible. D’autres affaires récentes dans l’Hexagone montrent que le problème dépasse le seul territoire basque. Mais dans les Pyrénées-Atlantiques, la vétusté des locaux et le manque de véhicules aggravent la situation.
Prochaine étape
La prévenue, désormais libre, devra être reconvoquée à une nouvelle audience. La date n’a pas encore été fixée. Les magistrats espèrent que la question des effectifs d’escorte sera traitée par la Chancellerie, alors que les syndicats réclament des moyens supplémentaires pour la direction interrégionale des services pénitentiaires de Bordeaux, dont dépend le département.