Félix Auger-Aliassime sous la houlette de son père à l’Omnium Banque Nationale
Après dix ans avec Frédéric Fontang, le Québécois arrive à Montréal avec son père au bord du court
Félix Auger-Aliassime a rompu après dix ans avec son entraîneur Frédéric Fontang. À l'Omnium Banque Nationale, c'est son père qui l'accompagne sur le court, en intérim.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Une rupture après dix ans
La séparation avec Frédéric Fontang met fin à dix ans de collaboration entamée quand Auger-Aliassime avait 16 ans, marquée par un 4e rang mondial et neuf titres.
Le père au bord du court
Sam Aliassime, qui gère l'Académie de tennis Aliassime, accompagne son fils à Montréal en intérim, sans se substituer au rôle d'entraîneur principal qu'occupait Fontang.
Une tête de série gonflée par les absences
Le statut de 2e tête de série d'Auger-Aliassime tient aux absences de Carlos Alcaraz, blessé, et de Jannik Sinner, forfait, plus qu'à sa progression au classement.
Un successeur qui attendra
Aucun nouveau coach ne sera engagé avant la fin des Internationaux des États-Unis, en septembre 2026. Auger-Aliassime réclame des standards très élevés et une vraie passion pour le très haut niveau.
Un retour à la maison
Entre le souvenir de la victoire de Victoria Mboko en 2025 et son anniversaire le 8 août, le tournoi montréalais prend une tonalité particulière pour le natif du coin.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Félix Auger-Aliassime a rompu après dix ans avec Frédéric Fontang, au lendemain d'une défaite en cinq sets contre Novak Djokovic à Wimbledon.
- Son père, Sam Aliassime, l'accompagne en intérim à l'Omnium Banque Nationale, du 1er au 13 août 2026.
- Il sera 2e tête de série, en raison des absences de Carlos Alcaraz et Jannik Sinner.
- Aucun nouveau coach ne sera engagé avant la fin des Internationaux des États-Unis, en septembre 2026.
- Il fêtera ses 26 ans le 8 août, en plein tournoi.
Le stade IGA se dresse à dix minutes de la maison où Félix Auger-Aliassime a grandi. Il est arrivé à Montréal dix jours avant sa conférence de presse du jeudi 30 juillet. Sur le court d’entraînement, un seul visage familier l’accompagne: celui de son père, qui l’accompagne en l’absence de tout entraîneur principal.
Quelque temps plus tôt, à Wimbledon, Auger-Aliassime s’inclinait en cinq sets en quart de finale. Ce match a scellé la fin d’une collaboration de dix ans avec Frédéric Fontang, qui l’entraînait depuis ses 16 ans. Pendant cette décennie, le Québécois a grimpé jusqu’au 4e rang mondial et remporté neuf titres. Wimbledon restera leur dernier tournoi ensemble.
« Frédéric avait besoin de prendre un peu de repos après la séquence intense des JO, et nous avions convenu que je ferais ce tournoi sans lui. Ce n’est pas la première fois que je voyage sans entraîneur principal », a expliqué Auger-Aliassime. La nuance est importante: un entraîneur principal dicte la stratégie technique et le plan de jeu sur la durée, tandis qu’un accompagnateur familial comme Sam Aliassime assure une présence de soutien pour un tournoi ponctuel.
À Montréal, le père en soutien
Sur le court, c’est Sam Aliassime, le père du joueur, qui gère l’Académie de tennis Aliassime - qui l’accompagne. « Avoir mon père avec moi sur le terrain, c’est un retour aux sources. C’est lui qui m’a tout appris au début. Il me connaît par cœur, mes forces comme mes faiblesses. On est dans la communication constante. Pour un tournoi à la maison, c’est une dynamique très saine et chaleureuse », confie Auger-Aliassime.
Avant Fontang, c’est Guillaume Marx qui l’avait formé à ses débuts. Fontang a pris le relais en 2017 - pour près de dix ans de collaboration.
Une tête de série gonflée par les absences
Auger-Aliassime, 4e mondial - sera la 2e tête de série du tournoi. Ce rang tient moins à une progression personnelle qu’aux forfaits en cascade au sommet de la hiérarchie: Carlos Alcaraz, blessé, ne défendra pas son rang - tandis que Jannik Sinner a lui aussi déclaré forfait. Avec les deux meilleurs joueurs du monde absents du tableau, le calcul des têtes de série remonte mécaniquement chaque joueur présent d’un rang, plaçant Auger-Aliassime en position de tête de série n°2.
Une saison solide, une quête de coach en suspens
Sur le papier, 2026 a été une bonne année: quarts de finale à Roland-Garros et à Wimbledon - une victoire sur dur à Rotterdam en février - seulement deux éliminations depuis le début de 2026. Aux Jeux olympiques de Paris, en 2024, il avait aussi décroché le bronze en double mixte et atteint la finale pour le bronze en simple.
Mais le nouveau coach attendra. Auger-Aliassime ne prévoit pas d’embaucher avant la fin des Internationaux des États-Unis, en septembre 2026: plutôt que de se précipiter, il préfère traverser l’US Open avec son père et évaluer ses besoins une fois la saison sur dur achevée. Il pose déjà ses conditions pour le futur arrivant: des « standards très élevés » et une « passion pour le sport à un très haut niveau » - deux critères qu’il place au même niveau que le palmarès du candidat.
Jouer sans filet, un exercice déjà tenté
Le vide laissé par un coach n’est pas un cas isolé dans l’histoire du tennis. Roger Federer avait joué sans entraîneur pendant une bonne partie de 2004, après sa rupture avec Peter Lundgren. Nick Kyrgios, lui, a fait de l’absence de coach une marque de fabrique; selon plusieurs sources, il a même atteint la finale de Wimbledon dans cette configuration. Marat Safin et Pete Sampras sont souvent cités en exemple; selon plusieurs sources, ils ont eux aussi traversé des périodes sans encadrement technique.
Retour à la maison
Auger-Aliassime a suivi de près la victoire de Victoria Mboko à Montréal en 2025, première Canadienne à remporter le tournoi. Il fêtera ses 26 ans le 8 août - en plein tournoi.
« Le tennis ne change pas. Je sais ce que j’ai à faire sur le court. La transition terre battue-dur est le vrai défi cette semaine, mais l’énergie de la foule ici me donne toujours un élan supplémentaire. Je me sens prêt », dit-il.
Sur le court d’entraînement, son père range les balles dans le sac. Personne d’autre ne parle. C’est comme ça, pour l’instant.
