Féminicide de Lamothe-Capdeville : 25 ans de prison, le parquet fait appel

Condamné le 13 avril 2026, Sébastien Bettencourt échappe à la perpétuité. Le ministère public conteste le verdict.

Féminicide de Lamothe-Capdeville : 25 ans de prison, le parquet fait appel
Illustration Jérôme Barthas / info.fr

La cour d'assises du Tarn-et-Garonne a condamné Sébastien Bettencourt à 25 ans de réclusion pour le meurtre sordide de son épouse Isabelle, tué devant leurs cinq filles en 2023. Un verdict jugé insuffisant par la famille et l'UNFF. Le parquet a fait appel dès le 15 avril.

Le 13 avril 2026, à Montauban, la cour d’assises du Tarn-et-Garonne a condamné Sébastien Bettencourt, électricien-chauffagiste de 41 ans, à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’Isabelle, son épouse âgée de 36 ans. Les faits remontent au 13 mars 2023, au domicile du couple à Lamothe-Capdeville. Selon TV5 Monde, Bettencourt a violé, poignardé et étranglé sa femme en présence de leurs cinq filles, âgées de 7 à 17 ans. La cour a retenu les circonstances aggravantes de torture et barbarie.

Un verdict qui scandalise

L’avocat général Bruno Sauvage avait requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Le procès s’est tenu du 8 au 13 avril 2026. La peine prononcée a immédiatement suscité l’incompréhension. La mère d’Isabelle, Michèle Gabens, désormais tutrice des cinq orphelines, a résumé leur état en quelques mots lors du procès : « On est des machines, on survit », selon La Dépêche du Midi. Sa fille aînée avait, elle, témoigné que sa mère « aurait préféré que Sébastien nous tue », révélant l’horreur vécue par les enfants ce soir-là, rapporte Radio Totem.

L’Union nationale des familles de féminicide (UNFF) a exprimé sa sidération, estimant que ce verdict « banalise les féminicides en France », selon Radio Totem. La Dépêche du Midi a relayé la question posée par la famille : « Aurait-il fallu qu’il tue les 5 filles pour avoir 30 ans ? »

Le parquet contre-attaque

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Le parquet de Montauban a interjeté appel le 15 avril 2026, deux jours après le verdict. Un nouveau procès devant la cour d’assises d’appel est désormais à prévoir, selon Le Parisien.

Des failles pointées dans la prévention

Ce dossier relance le débat sur la prévention des violences conjugales en Tarn-et-Garonne. Aucune plainte préalable n’avait été déposée par Isabelle. Le département dispose pourtant d’une coordination départementale des violences intrafamiliales, joignable via l’UDAP au 06 81 82 00 00, selon les services de l’État. À l’échelle nationale, 98 féminicides par conjoint ou ex-conjoint ont été recensés en 2025, faisant 148 orphelins dont 26 témoins directs, d’après le site feminicides.fr. En 2023, année du drame, le chiffre s’établissait à 94.

La date du procès en appel n’a pas encore été communiquée.

Sources

Jérôme Barthas

Jérôme Barthas

Correspondant à Montauban, suit l'agriculture fruitière, les tensions sur l'eau, les débats sur la viticulture et les projets routiers. Formé à l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans le Tarn-et-Garonne. Posture éditoriale : interroger les arboriculteurs, les syndicats agricoles, les élus, vérifier les données de consommation d'eau avant de conclure.

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